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Innover pour demain

Défense et Sécurité

Publié le 21 septembre 2015

​Défense

Dissuasion nucléaire

La dissuasion nucléaire française s’inscrit dans une doctrine strictement défensive : protéger la France de toute agression d'origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et qu’elle qu’en soit la forme. Cette dissuasion, qui s’exerce en permanence, repose sur une composante aéroportée et une composante océanique. La fiabilité et la sûreté des têtes nucléaires qui équipent ces composantes sont garanties. Cette garantie s’appuyait sur des essais nucléaires jusqu’à ce que la France signe le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (T.I.C.E.) en 1996 (et le ratifie en 1998) et démantèle son centre d’expérimentation du Pacifique. Désormais, lorsque les armes en service arrivent en fin de vie, les têtes nucléaires appelées à les remplacer sont garanties sans procéder à des essais nucléaires explosifs. Cet objectif est atteint grâce au programme Simulation, lancé en 1996.


Programme Simulation

La Direction des applications militaires (DAM) du CEA est chargée de concevoir, fabriquer, maintenir en condition opérationnelle, puis démanteler les têtes nucléaires qui équipent les forces nucléaires aéroportée et océanique françaises. La DAM a conçu le programme Simulation et assure sa réalisation.
Le programme Simulation consiste à reproduire par le calcul les différentes phases du fonctionnement d’une arme nucléaire. Il repose, d’une part, sur des équipes scientifiques de haut niveau et, d’autre part, sur de grands instruments indispensables pour mettre en œuvre et valider les modèles numériques de fonctionnement des armes nucléaires :

  • Le supercalculateur Tera 100 est opérationnel depuis 2010 sur le centre CEA/DAM Ile-de-France, à Bruyères-le-Châtel (Essonne). Il est capable de réaliser un million de milliards d’opérations par seconde (1 Pétaflops), puissance nécessaire pour les programmes de conception et de garantie des armes. Les résultats des codes de calcul seront validés sur les installations expérimentales Epure et Laser Mégajoule.

  • L’installation Epure, sur le centre CEA de Valduc, en Bourgogne, permet d’obtenir, par radiographie extrêmement rapide, l’état des matériaux dans les conditions rencontrées lors de la phase pré-nucléaire de fonctionnement des armes. Cette installation a été mise en service en septembre 2014. Elle est exploitée en collaboration avec le Royaume-Uni, dans le cadre du traité franco-britannique Teutatès de novembre 2010.

  • Le Laser Mégajoule (LMJ) permet d’étudier, à toute petite échelle, le comportement des matériaux dans des conditions extrêmes, similaires à celles atteintes lors du fonctionnement nucléaire des armes. Les premières campagnes d’expériences de physique des armes ont été réalisées avec succès dans cette installation dès sa mise en service opérationnel en octobre 2014 sur le centre CEA du Cesta, près de Bordeaux.



Le programme Simulation, tel que lancé en 1996, a été parfaitement réalisé en termes de délais, performances et coût au profit des programmes de têtes nucléaires aéroportée et océanique, comme l’a souligné le Président de la République François Hollande lors de son discours sur la dissuasion nucléaire, prononcé à Istres le 25 février 2015 : « Je voudrais donc saluer l'extraordinaire défi scientifique et technique que représente ce programme de simulation. La Direction des applications militaires du CEA respecte toutes les échéances de ce projet, tout en maîtrisant la dépense. »

L’investissement public associé au programme Simulation représente de l’ordre de 7 milliards d’euros sur 20 ans. Ce programme, réalisé presque exclusivement par l’industrie française, est désormais entré dans une phase d’exploitation et d’approfondissement au profit des programmes futurs.


Lutte contre la prolifération nucléaire

Compte-tenu de sa connaissance des cycles d’accès à la matière nucléaire de qualité militaire, aux formules nucléaires, aux armes et à la vectorisation de ces dernières, la Direction des applications militaires du CEA est l’expert nucléaire national et apporte, à ce titre, un soutien aux autorités nationales et internationales pour l’évaluation, la surveillance, le contrôle et la réduction de la menace mondiale de prolifération nucléaire.

La Direction des applications militaires du CEA développe des moyens d’analyse d’ultra-traces de radionucléides dans des échantillons environnementaux pour l’identification d’indices de prolifération et fait partie des quelques laboratoires mondiaux certifiés par l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) à laquelle elle apporte un soutien constant. Elle dispose également d’une compétence dans le domaine de l’imagerie satellitaire dans toutes ses composantes : optique, radar, infra-rouge et hyper-spectrale. Enfin, elle développe des capteurs spécifiques de terrain, permettant de détecter, à distance, des rejets infimes ou des signaux de faible amplitude provenant d’installations ou d’éventuels essais nucléaires.

La Direction des applications militaires du CEA est organisée pour apporter des réponses, parfois dans un délai très court, suite aux demandes des instances nationales : ministère de la défense, état-major particulier de la présidence de la république, secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN). Elle bâtit aussi des dossiers de fond pour le suivi des pays proliférants et assure la pérennité de son réseau d’experts. Elle est un acteur majeur des synthèses nationales du renseignement, sous l’égide du SGDSN. Enfin, son expertise technique lui permet de faire partie, avec les négociateurs du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), de certaines grandes négociations internationales comme par exemple sur le programme nucléaire iranien, ayant conduit à l’accord de long terme de Vienne, le 14 juillet 2015.


Sécurité

R&D pour lutter contre le terrorisme

A la demande des pouvoirs publics, le CEA conduit des recherches pour lutter contre les menaces Nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosifs (NRBC-E), et plus récemment contre le cyber terrorisme. Ce programme s’inscrit dans les missions régaliennes du CEA, qui apporte son expertise scientifique auprès des autorités en matière d’analyse de risques et d’expression de besoins.

VidéoDes scientifiques engagés dans la lutte anti-terroriste


Les études dans le domaine NRBC-E se sont structurées autour d’un programme interministériel de Recherche et Développement, dont le pilotage a été confié au CEA en 2005, et visant à développer des technologies innovantes en réponse aux grands besoins de la Défense et du civil. Les développements technologiques vont jusqu’à des démonstrateurs afin de préparer leur transfert vers des industriels qui en assureront ensuite la commercialisation. Ainsi, des capteurs de détection de vapeurs d’explosifs dans des bagages ou des colis sont aujourd’hui en cours d’industrialisation. En aval, le CEA, les pouvoirs publics et les opérateurs définissent ensemble l’usage de ces nouvelles technologies dans leur futur cadre d’emploi (ports, aéroports,…).
Le CEA travaille également sur la cybersécurité en lien avec les pouvoirs publics. Le CEA développe notamment des technologies destinées à assurer la cybersécurité des systèmes de pilotage d’installations industrielles (réacteur, système de télésurveillance…).

Les recherches menées dans le cadre du programme NRBC-E permettent des avancées dans des domaines connexes tels que l’environnement ou la santé. Ainsi en 2014, des tests rapides de diagnostic du virus Ebola ont pu être mis au point très rapidement par le CEA grâce à ses travaux conduits au préalable sur les menaces biologiques.

Atoll de Fangataufa
Atoll de Fangataufa. © CEA



Qu’est-ce que le TICE ?

Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (T.I.C.E.), ou
Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty (C.T.B.T.), est un traité
multilatéral élaboré dans le cadre de la Conférence du désarmement de
l’Organisation des Nations unies (O.N.U.). Il a été ouvert à la
signature des États en septembre 1996. A la mi-2015, 183 États l’ont
signé et 164 l’ont ratifié. Ce traité vise à interdire tous les essais
nucléaires explosifs, sans exception, et à œuvrer ainsi en faveur de la
non-prolifération et du désarmement. La France, 1er État doté de l’arme nucléaire à avoir signé le TICE en 1996, l’a ratifié en 1998.


Ces microballons en polymère sont utilisés dans les microcibles du Laser Mégajoule (LMJ)
Ces microballons en polymère sont utilisés dans les microcibles du Laser Mégajoule (LMJ).
© D.Sarraute/CEA


​La chambre d'expériences du LMJ
​La chambre d'expériences du LMJ.
© P.Labeguerie/CEA


Surveillance de l'environnement: préparation d'échantillons en vue d'une analyse radiologique
Surveillance de l'environnement : préparation d'échantillons en vue d'une analyse radiologique. © C.Dupont/CEA


Lutte contre la prolifération et le terrorisme
Lutte contre la prolifération et le terrorisme.
© C.Dupont/CEA


Mise au point de capteurs dans le cadre du programme NRBC-E
Mise au point de capteurs dans le cadre du programme NRBC-E.
© C.Jandaureck/Cadam/CEA

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