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Perception du temps: un nouvel éclairage


​Utilisant la magnétoencéphalographie, une équipe du CEA-I2BM a montré que le cerveau utilise les oscillations neuronales spontanées pour encoder le moment d’apparition des évènements qu’il perçoit. Ces résultats ont été publiés en mai 2014 dans NeuroImage.

Publié le 11 septembre 2014

​Comment le cerveau encode-t-il précisément le moment où survient un évènement perçu ? Deux hypothèses s’affrontent, l’une basée sur le temps de latence de la réponse neuronale, l’autre sur les oscillations propres des circuits neuronaux. Une équipe du CEA-I2BM a observé par magnétoencéphalographie l’activité cérébrale de volontaires soumis à des stimuli audiovisuels présentés une fois par seconde. La fréquence des oscillations neurales pouvant être entraînée par le rythme d’évènements extérieurs, une oscillation neurale à une fréquence d’un hertz est apparue dans les cortex auditif et visuel des sujets.

Chaque essai consistait en une période d’adaptation, durant laquelle le sujet visionnait des signaux audiovisuels synchrones ou asynchrones (le son et l’image étaient alors décalés de 200 millisecondes), suivie d’une phase de test durant laquelle ce décalage variait de manière aléatoire, le sujet devant indiquer si le son précédait l’image ou vice-versa.

Durant la période d’adaptation, les cortex auditif et visuel répondaient au décalage son/image (ou à son absence) en ajustant la phase de leurs oscillations respectives. Ce phénomène pourrait, par exemple, être à l’origine de notre capacité à nous adapter à un film dont l’image et le son ont été mal synchronisés. L’effet de ces ajustements sur la perception était ensuite mis à l’épreuve durant la phase de test. Observation la plus marquante : le sens et l’amplitude des erreurs de jugement étaient parfaitement corrélés au changement de phase du cortex auditif. Ces résultats suggèrent, d’une part, que le cerveau utilise bien les oscillations neurales pour encoder le moment où survient un évènement et, d’autre part, expliquent au moins en partie les variations interindividuelles de perception.

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