Vous êtes ici : Accueil > Actualités > La RMN pour détecter les maladies neurodégénératives et évaluer l’efficacité des traitements

Résultat scientifique | Santé & sciences du vivant | Maladies neurodégénératives

La RMN pour détecter les maladies neurodégénératives et évaluer l’efficacité des traitements


Certaines anomalies du cerveau déjà présentes dans les stades précoces des maladies neurodégénératives ne sont pas détectables par des techniques in vivo. Peut-être plus pour longtemps. En effet, des chercheurs du CEA-I2BM, à Fontenay-aux-Roses, ont développé une approche originale avec la spectroscopie RMN [1] qui s’avère prometteuse pour observer le cœur même des cellules.​

Publié le 21 novembre 2012

La RMN de diffusion, un outil pour observer le cœur des cellules

L’astuce consiste à mesurer le déplacement des petites molécules intracellulaires à des échelles de temps très courtes, jamais atteintes jusqu’à maintenant (moins de 1 milliseconde, contre plusieurs dizaines à centaines auparavant). Mise en œuvre sur le dispositif 7 teslas [2] de MIRCen, cette technique de RMN par diffusion [3] donne accès à la vitesse de déplacement de ces molécules et donc à la viscosité et aux obstacles du milieu intracellulaire. Ainsi, il est possible, et c’est une première, d’évaluer l’encombrement de l’intérieur de la cellule. Cette mesure serait, par exemple, riche d’enseignements pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer. En effet, cette pathologie se caractérise, entre autres, par l’agrégation de la protéine tau dans les cellules. L’analyse RMN de l’encombrement du cœur cellulaire pourrait informer les médecins sur la quantité d’amas formés par cette protéine et permettrait donc de détecter la maladie et éventuellement d’estimer son degré d’avancement.

Accord de collaboration avec Eli Lilly

Le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly s’intéresse de près à cette approche de RMN et a signé un accord de collaboration avec MIRCen pour la mettre en œuvre. L’objectif est d’évaluer de nouvelles pistes thérapeutiques pour la maladie d’Alzheimer. Tout d’abord, la technique sera testée sur des modèles murins chez lesquels l’expression de la protéine tau est modulable à la demande. Une fois validée, elle permettra d’évaluer l’efficacité de plusieurs médicaments, via la mesure de l’accumulation de la protéine tau au sein des cellules.


[1] Résonance Magnétique Nucléaire

[2] Intensité du champ magnétique.

[3] Spectroscopie par Résonance Magnétique Nucléaire de diffusion : plus la molécule diffuse rapidement, plus son signal RMN est faible



Haut de page