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Une nouvelle mesure cérébrale de l’état de conscience


Publié le 3 octobre 2013

Chaque année, des milliers de personnes tombent dans un état de coma pouvant évoluer vers un état végétatif ou vers un état qualifié de conscience minimale. La distinction entre ces états cliniques est essentielle à établir d’un point de vue médical et éthique car elle guide la prise en charge thérapeutique. Pourtant, cette évaluation du niveau de conscience demeure souvent extrêmement difficile à déterminer avec certitude. Plusieurs équipes de recherche cherchent depuis quelques années à améliorer cette évaluation en complétant l’observation clinique des malades par l’analyse de leur activité cérébrale. Grâce à de récentes expériences menées au sein du centre de neuro-imagerie Neurospin (Stanislas Dehaene) en collaboration avec des cliniciens-chercheurs de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (Lionel Naccache), Jean-Rémi King et Jacobo Sitt ont mis au point un dispositif de mesure du partage d’information dans le cerveau appelé wSMI (weighted Symbolic Mutual Information).

Leurs résultats obtenus à partir de 181 enregistrements d’électroencéphalogrammes de haute densité enregistrés au lit du malade montrent que cette mesure de partage d’information dans le cerveau augmente systématiquement en fonction de l’état de conscience du patient. La mesure de la wSMI distingue nettement les patients conscients ou minimalement conscients des patients végétatifs. En plus de leur intérêt médical important, ces résultats renforcent la vraisemblance des théories qui attribuent un rôle causal majeur à la communication entre régions distantes du cerveau dans la conscience, telle que la théorie de l’espace de travail global conscient (« conscious global workspace ») développé depuis une quinzaine d’années par Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux et Lionel Naccache.

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