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La spectrométrie de masse au service du contrôle qualité des vaccins


​Une nouvelle technique de contrôle qualité de vaccins vétérinaires, reposant sur la spectrométrie de masse à très haute résolution, a été développée par le CEA, en collaboration avec le CIRAD et l’Union Africaine. Cette stratégie, publiée dans Proteomics le 17 juin 2018, s’appuie sur l’utilisation d’une base de données ad hoc pour mesurer la proportion d’antigènes et de contaminants dans la préparation vaccinale, permettant d’améliorer le contrôle de la qualité des vaccins contre la pleuropneumonie contagieuse caprine.

Publié le 11 juillet 2018
La pleuropneumonie contagieuse caprine (PPCC) est une maladie infectieuse et contagieuse qui sévit en Afrique et en Asie, du Niger jusqu'à la Chine. Elle est due à une bactérie : le mycoplasme Mycoplasma capricolum subsp. Capripneumoniae. Elle affecte les chèvres mais aussi de nombreuses espèces de ruminants sauvages. Il existe théoriquement des vaccins efficaces mais, en pratique, ceux qui sont disponibles sur le terrain ne semblent pas induire la protection attendue.  Ainsi, la PPCC a récemment affecté un troupeau de gazelles à goitre1 aux Emirats Arabes Unis, entrainant une mortalité de près de 70 %. Les vaccins disponibles localement n'ont pas induit la réponse sérologique attendue. 
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Gazelle à goitre. © Domaine public

Les chercheurs2 ont utilisé la métaprotéomique, c’est-à-dire l’analyse globale de l’ensemble des protéines d'une cellule ou d'un organisme vivant, par spectrométrie de masse en tandem à très haute résolution pour analyser le contenu de ce type de vaccins (protéines antigènes et autres protéines). Une base de données dédiée a été construite prenant en compte les protéines des mycoplasmes potentiellement présentes dans le vaccin ainsi que d'autres protéines, liées au processus de production (contaminants). Grâce à cette base de données, il a été possible d'effectuer le typage de la sous-espèce de mycoplasme utilisée et de mesurer les quantités relatives d'antigène et de protéines contaminantes. Les résultats obtenus permettent d'évaluer facilement si la composition des vaccins testés respecte les normes fixées par l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE).
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1 La gazelle à goitre est une espèce endémique du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Victime de la chasse et de la disparition de son habitat, sa population a fortement décliné au cours des dernières années.
Une équipe du SPI (au LI2D, CEA Marcoule), en collaboration avec le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) et l’AU-PANVAC (Pan African Veterinary Vaccine Center, African Union Commission, Éthiopie).
Tête d’ionisation (au dessus) des spectromètres de masse en tandem à très haute résolution (en bas) de la plateforme ProGénomix au CEA Marcoule où ont été menées ces analyses de métaprotéomique. © L./Godart/CEA (g.) & J.Armengaud/CEA (d.)
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L'intérêt de cette technique sans à priori est qu'elle peut s'appliquer à tout type de vaccin, y compris les vaccins inactivés dont la qualité ne peut être évaluée en remettant en culture les souches présentes. Ses applications sont donc potentiellement très vastes.


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