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L’essentiel sur…

L’alerte aux tsunamis

Publié le 29 mars 2016

75 % de la planète est recouverte par les mers et océans. 40 % de la population mondiale vit aujourd’hui à moins de 60 kilomètres des côtes. Inondations, tsunamis : nombreuses sont les catastrophes naturelles qui peuvent aujourd’hui paralyser des villes, voire des régions entières du globe. La création dans le monde entier de centres d’alerte aux tsunamis s’inscrit dans le cadre de mesures prises par la communauté internationale lors de la conférence mondiale sur la prévention des catastrophes en janvier 2005 à Kobe, au Japon. Pour protéger au mieux les territoires et les populations, il est devenu nécessaire de mettre en place un système d’alerte aux tsunamis dans chacun des bassins océaniques du monde.

Qu’est-ce qu’un tsunami ?

Un tsunami résulte le plus souvent de l’apparition d’un séisme sous-marin ou côtier. Pour générer un tsunami notable le séisme doit se produire à faible profondeur (moins de 50 km de profondeur) et doit avoir une magnitude d’au moins 6.5 sur l’échelle de Richter.
L’amplitude du tsunami généré étant proportionnelle à la magnitude du séisme, on considère qu’à partir d’une magnitude 8, un séisme peut générer un tsunami potentiellement dévastateur au niveau d’un bassin océanique.


Formation d'un tsunami

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La cause des tsunamis est principalement liée aux séismes sous-marins. La propagation des ondes sismiques déclenche un train de vagues. Ce train de vagues s'intensifie. Au-delà de l'épicentre du séisme, en eau profonde, le tsunami atteint quelques dizaines de centimètres, mais cette hauteur augmente rapidement en eau peu profonde. A l'approche des côtes, les vagues ralentissent en s'amplifiant. Le niveau de la mer augmente de 1 à 20 mètres, envahissant l'intérieur des terres.

Notions clés

Qu’est-ce qu’un séisme ?
L'écorce terrestre n'est pas homogène. Elle est constituée d’une douzaine de plaques épaisses d’une centaine de kilomètres qui « flottent » à la surface des roches en fusion, le magma. Ces plaques se déplacent de quelques centimètres par an en se frottant les unes contre les autres. C'est ce mouvement, appelé tectonique des plaques, qui donne lieu à la dérive des continents. Ces déplacements provoquent la déformation de la croûte terrestre et l’accumulation de tensions dans la roche. Le séisme est la libération brutale de ces contraintes en un déplacement brusque du terrain (de quelques millimètres à plusieurs dizaines de mètres) le long d’une faille.

Les cinq séismes les plus puissants de l’Histoire :
  • Le séisme de Valvidia, au Chili, enregistré le 22 mai 1960 avec une magnitude de 9.5 ;
  • Le séisme de Sumatra, en Indonésie, enregistré le 26 décembre 2004 avec une magnitude comprise entre 9.1 et 9.3 ;
  • Le séisme d’Anchorage, en Alaska, enregistré le 27 mars 1964 avec une magnitude de 9.2 ;
  • Le séisme de la côte Pacifique de Tohoku, au Japon, enregistré le 11 mars 2011 avec une magnitude de 9 ;
  • Le séisme de Kamtchatka, en Russie, enregistré le 4 novembre 1952 avec une magnitude de 9.



VidéoL'alerte aux tsunamis



Zoom sur...

Le SHOM

Le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) est un établissement public à caractère administratif (EPA) depuis 2007. Il est placé sous la tutelle du ministère de la défense. Le SHOM remplit actuellement trois missions :

  • Constituer un service hydrographique national. A ce titre il exploite un réseau de marégraphes couvrant la totalité des côtes métropolitaines ;
  • Apporter un soutien à la Défense ;
  • Apporter un soutien aux politiques publiques maritimes et du littoral.


Décryptage

Le mouvement brusque du fond de la mer, engendré par un séisme sous-marin, provoque une déformation de la surface de l’eau. Le retour à l’équilibre, sous l’effet de la force de gravité, propage une série de vagues à la surface de l’océan. Ces vagues traversent les océans en perdant peu d’énergie et subissent des accélérations et décélérations accompagnées respectivement d’atténuations ou d’amplifications en fonction de la profondeur du fond marin.
La périodicité des vagues est de l'ordre de 15 à 60 minutes et leur vitesse en pleine mer de l’ordre de 600 km/h. Ainsi, un tsunami initié par un mouvement du fond marin à la suite d'un séisme qui se sera produit à 1 000 km des côtes viendra frapper ces dernières environ 2 heures plus tard. A Sumatra, les plus grandes vagues ont atteint 15 à 20 mètres de haut au niveau des côtes.


AnimationLe tsunamiAfficher en plein écran



Surveillance de l’environnement
et protection des populations

Dès la fin des années 60, l’antenne polynésienne du CEA (Pamataï) acquiert une compétence spécifique dans le domaine de l’alerte aux tsunamis, dans une région du monde – l’Océan Pacifique – particulièrement soumise à ce risque. Elle constitue aujourd’hui le Centre de Prévention Polynésien des Tsunamis (CPPT). En 2009, en coordination avec l’ONU, l’Etat français décide de créer au CEA un centre d’alerte aux tsunamis pour protéger ses côtes métropolitaines et corses ainsi que l’Atlantique nord-est : le CENALT. Il entre en service en juillet 2012.

En France, c’est la Direction Générale de la sécurité Civile et de la Gestion de Crise qui est chargée de faire l’interface entre les organismes à l’origine des bulletins d’alerte et les populations. Dans ce cadre et afin de préserver au mieux biens et personnes lors de l’annonce d’un séisme ou d’un tsunami, plusieurs mesures préventives ont été mises en place à différentes échelles. Le CEA, via le CENALT, travaille en étroite collaboration avec la Sécurité Civile notamment dans le cadre de l’alerte aux tsunamis.


Le CENALT, le Centre d’alerte aux tsunamis en Nord Atlantique et mer Méditerranée Occidentale

Sur une zone s'étendant de l'Atlantique nord-est à la Méditerranée occidentale, en partenariat avec le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le CEA s’est vu confier, par les ministères chargés de la sécurité civile et de la prévention des risques, la création et l’exploitation d’un centre d'alerte aux tsunamis : le CENALT. Basé sur le site du centre CEA de Bruyères-Le-Châtel (Essonne), ce centre a pour mission d’alerter les autorités nationales en charge de la protection de la population et d’informer les autorités des pays riverains de la Méditerranée occidentale.

Le centre national d’alerte aux tsunamis pour l’Atlantique Nord-Est et la Méditerranée (CENALT) est opérationnel depuis le 1er juillet 2012. Exploité par des spécialistes en analyse de données géophysiques, le CENALT fonctionne 24h/24, 7j/7, et reçoit en temps réel les informations émanant des stations sismiques et des stations de mesure du niveau de la mer situées sur le pourtour méditerranéen.

Le centre d’alerte a pour objectifs opérationnels de :

  • transmettre, dans les 15 minutes suivant les événements sismiques pouvant générer un tsunami, un message d’alerte aux autorités françaises et un message d’information aux autres centres d’alerte nationaux et étrangers de la Méditerranée ;
  • diffuser des messages de confirmation (ou d’infirmation) de l’occurrence d’un tsunami, qui préciseront le cas échéant, les heures d’arrivée, et les amplitudes estimées au large des côtes. Le délai de diffusion dépendra de la disponibilité des données marégraphiques.


Savoir-faire du CENALT

  • Les analystes surveillent la sismicité du bassin euro-méditerranéen, participent à la gestion des alertes aux forts séismes et aux tsunamis, élaborent des bulletins quotidiens et veillent au bon fonctionnement du système.
  • Une équipe d’ingénieurs et de chercheurs se consacre spécialement au développement des divers logiciels qui traitent les données sismiques et marégraphiques. Ils améliorent en permanence les logiciels de traitement automatique et interactif des données. Ils élaborent des logiciels de simulation toujours plus précis et performants. Ces derniers simulent la propagation des ondes et prévoient les effets des séismes et des tsunamis.
  • Un pôle d’expertise en aléa sismique et tsunami intervient dans les études et dossiers de sécurité au profit des autorités ou d’exploitants d’installations.







« Tsunami » est un terme japonais désignant littéralement
une vague de port d’origine sismique qui peut causer des dégâts considérables sur certaines régions côtières.