Dossier | Dossiers Défense | Les Lasers au CEA
L’interaction laser-matière (3/4)
Les caractéristiques particulières de la lumière laser en font un outil privilégié pour observer le comportement intime de la matière.
Mis à jour en août 2010
Les Lasers au CEA
- Un laser, qu’est-ce que c’est ?
- Les lasers à haute énergie
- L’interaction laser-matière
- Le laser au quotidien
Quelques unités
Une picoseconde :
10-12 seconde
Une femtoseconde :
10-15 seconde
Une attoseconde :
10-18 seconde
La "lumière laser" constitue un moyen privilégié pour étudier la matière et les nombreux aspects de son comportement sous éclairement.
L’étude de l'interaction laser-matière connaît ainsi depuis de nombreuses années un développement important, lié à l'avènement de lasers très puissants et à impulsions ultra brèves.
SLIC, le laser pour la recherche
DVD, soudure, chirurgie… On connaît les lasers pour leurs applications grand public, mais ce sont aussi des instruments de pointe pour la recherche fondamentale. A Saclay, le CEA dispose de sa propre plate-forme laser. Dénommée SLIC, elle permet aux chercheurs, physiciens ou chimistes, d’étudier la matière à l’échelle atomique et en temps réel.
Durée:2'34 | Date: 22 Avril 2010
Ces instruments capables d’engendrer de fortes puissances sur une durée très courte, permettent d’étudier en temps réel la dynamique des vibrations des atomes constituants les molécules, à l'échelle de la picoseconde ou de la femtoseconde et donc d'explorer tous les phénomènes de la physico-chimie (par exemple l'observation du mouvement des noyaux au cours d'une réaction chimique). En étudiant les caractéristiques de la lumière émise ou absorbée par les atomes ou leurs assemblages (molécules, agrégats, polymères), les physiciens peuvent mieux comprendre leur stabilité ou leur réactivité, et les mécanismes intervenant dans leur élaboration.
Au-delà des lasers dédiés à la physico-chimie, de nouvelles chaines laser permettent aujourd'hui d'atteindre des puissances extrêmes et/ou des durées d'impulsions ultracourtes. A la différence du Laser Mégajoule ou du laser de la NIF (National Ignition Facility), qui misent sur la densité d’énergie fournie par le faisceau laser (au-delà du million de joules), les lasers à impulsion ultra-brèves délivrent une puissance moyenne très modeste de quelques joules, mais une puissance instantanée gigantesque (100 Terawatt, à comparer à la puissance de production électrique installée sur Terre de l'ordre de 4 Terawatt). Cette puissance est obtenue en concentrant l'énergie de l'impulsion initiale en un temps très court, de l’ordre de la femtoseconde (de l’ordre du millionième de milliardième de seconde) ou même de la centaine d'attoseconde.
A Saclay, au sein de l'Institut rayonnement et matière, le CEA dispose de sa propre plate-forme laser. Dénommée SLIC, Saclay Laser Matter Interaction Center, elle permet aux chercheurs, physiciens ou chimistes, d’étudier la matière à l’échelle atomique et en temps réel.
Cette plate-forme comprend principalement 3 lasers et une dizaine d’aires expérimentales. Le tout couvre à peu près 600 m2.
Depuis 2003, SLIC est une grande infrastructure européenne et membre du consortium européen Laserlab – Europe qui rassemble les principales installations laser européennes.
La spécificité des lasers de la plate-forme SLIC est leur capacité à délivrer des impulsions qui sont à la fois extrêmement brèves et extrêmement puissantes.
LES LASERS POUR "PHOTOGRAPHIER" LES ATOMES
On sait aujourd'hui observer en temps réel le mouvement des atomes au sein d'une molécule. Cette observation peut être réalisée grâce à un faisceau laser dont les impulsions sont plus courtes que la période de vibration de la molécule à étudier. Les expériences de ce type sont appelées des expériences "pompe-sonde". Elles se déroulent en deux temps. Une première impulsion laser, l'impulsion pompe, amène la molécule à un état excité. Cette opération définit le "temps zéro" de l'expérience ; une seconde impulsion laser, l'impulsion sonde, vient ensuite photographier la molécule à différents instants et sonde ses différents états transitoires.
Des expériences de ce type sont menées au CEA Saclay avec la source laser Laser Ultracourt Accordable, LUCA. Cette source qui délivre des impulsions ultra-brèves, de l'ordre de 100 femtosecondes accordables dans le visible ou l'ultraviolet, permet en quelque sorte de saisir au vol, au sein des molécules, les mouvements des atomes qui se séparent ou se rapprochent et de détecter les transferts d'électrons entre atomes. Ces expériences aident ainsi à comprendre les mécanismes des réactions chimiques élémentaires et pourraient avoir des applications immenses en chimie et dans les sciences du vivant.
Un nouvel objectif : LES LASERS COMME ACCELERATEURS D’ELECTRONS ET DE PROTONS
A côté des accélérateurs conventionnels de particules, les chercheurs étudient les mécanismes d'accélération de particules en utilisant l'interaction d'un laser avec la matière, en l’occurrence avec une cible spécifique. Lors de cette interaction du faisceau laser avec la matière, des champs électriques extrêmes sont produits, et les particules initialement au repos vont quitter la cible en subissant une accélération fulgurante. L'excitation rapide des électrons génère une onde plasma, qui elle-même va rendre possible l’accélération efficace de particules : ces recherches appartiennent à la physique des plasmas.
Les lasers femtosecondes les plus puissants ouvrent ainsi la voie à de nombreuses applications : médicales, nucléaires, en chimie et en biologie. Elles pourraient de plus permettre d'étudier des phénomènes nouveaux sur des échelles de temps ultra-courtes (100 fs).
Ces émissions secondaires de particules et de lumière servent ainsi deux objectifs :
- comprendre la "physique de l’interaction lumière-matière" ;
- utiliser les sources pour développer des applications originales, dans des domaines aussi variés que la physique (diagnostics plasmas), la science des matériaux (radiographie, diffraction électronique et de photons), la chimie (radiolyse, étude de surface), la médecine (protonthérapie, radiothérapie, imagerie).
Utilisée pour le traitement du cancer, la protonthérapie consiste à détruire la tumeur avec un faisceau de protons et présente l’avantage d’être très précise : seule une zone très localisée est traitée, et les tissus alentours sains ne sont pas endommagés ; mais les installations existantes sont "lourdes" et coûteuses. Dans le futur, l’utilisation des lasers pourrait permettre de mettre au point des machines compactes et de coût "raisonnable". C’est l’objectif du projet Saphir, financé par l’agence Oseo dans le cadre du programme Innovation stratégique industrielle (2010). Saphir a pour finalité l’étude de la faisabilité de l’accélération par laser d’un faisceau de protons de 200 à 240 MeV. Cinq laboratoires français, dont deux du CEA, et quatre partenaires industriels interviennent dans ce projet interdisciplinaire, qui relie physique, biologie, oncologie et technologie laser.
Pour en savoir plus
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L'Institut rayonnement et matière de Saclay, Iramis Site internet scientifique Le site de l'Institut rayonnement et matière de Saclay, Iramis, |
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Les lasers à l'Institut rayonnement et matière de Saclay DOSSIER Scientifique Ce dossier écrit par les spécialistes Lasers de l'Iramis, propose un tour d'horizons des travaux et moyens de l'Institut dans le domaine des lasers. |


