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Propulsion nucléaire :

Barracuda, sous-marin du futur

, Chapitre 6

A partir de 2012, six nouveaux vaisseaux prendront le relais des SNA de la classe Améthyste... La génération Barracuda est en marche !




A partir de 2012, six nouveaux vaisseaux prendront le relais des SNA de la classe Améthyste... La génération Barracuda est en marche !
Allier les compétences des SNA et les progrès technologiques des SNLE nouvelle génération (SNLENG), c'est l'objectif du futur sous-marin nucléaire d'attaque, le Barracuda. Initié en 2001, ce programme, piloté conjointement par la DGA et le CEA, vise à remplacer les six navires de la classe Améthyste actuellement en mer. Livraison des six nouveaux sous-marins prévue de 2012 à 2022.

Jusqu'à cette mise en service, le premier Barracuda connaîtra sans doute des ajustements, mais d'ores et déjà ses grandes caractéristiques sont définies. Comme leurs prédécesseurs, ces SNA seront chargés de la protection de la flotte. Avec toutefois deux nouvelles missions : embarquer et débarquer des commandos très près des côtes et mettre en ceuvre de nouveaux missiles, dont la DGA et la Marine nationale viennent d'entreprendre le développement.
Du côté technique, la société DCN, maître d'œuvre et architecte d'ensemble du navire, et Technicatome, maître d'ceuvre pour la chaufferie nucléaire, connaissent déjà leur affaire. En effet, le Barracuda bénéficiera d'une bonne part des technologies mises au point pour les SNLE-NG.

Encore plus de discrétion

Ainsi, sa signature acoustique (c'est-à-dire son bruit lorsqu'il se déplace) se rapprochera de celle du Triomphant, même à des vitesses de patrouille élevées; un subtil système de mise en suspension de tous les équipements embarqués permettant aux bruits de se confondre avec ceux du "monde du silence". «C'est sans doute un de leurs atouts majeurs, tient à souligner Jean-Louis Francard, chef de projet CEA et adjoint au directeur du programme DGA. Certes, avec le nucléaire, les sous-marins disposent d'une autonomie et d'une mobilité incomparables et n'ont plus besoin de se tapir au fond de l'eau, comme dans les anciens films de guerre, pour se cacher des grenades sous-marines et des torpilles. Mais les nouvelles générations poussent la discrétion encore plus loin. » Autre partie à bénéficier des avancées technologiques des SNLE-NG (et du porte-avions Charlesde-Gaulle) : la chaufferie compacte. À un facteur d'échelle près, puisqu'elle devra être installée dans un compartiment de plus faibles dimensions.

Avec le Barracuda est née une collaboration inédite entre la DGA et le CEA. ...
Les normes édictées pour les travailleurs du nucléaire civil sont également en vigueur dans la Marine...

Des caratéristiques novatrices

Pour autant, le Barracuda ne sera pas un SNA façon SNLE-NG. Il présentera aussi des caractéristiques totalement inédites.
À commencer par le moteur, qui sera hybride, électrique et turbopropulseur. « Il s'agira du meilleur compromis entre les qualités acoustiques de l'électrique et les performances du turbopropulseur », explique Jean-Louis Francard. Le coeur de la chaufferie devrait aussi gagner nettement en longévité, afin d'augmenter la durée de service entre deux grands carénages. Autre nouveauté : pour la protection de l'équipage contre la radioactivité (voir "Assurer la protection " ci-contre ) et d'éventuelles agressions par la vapeur, la conduite du sous-marin et de la chaufferie est réalisée de l'avant du navire. « De plus, l'interface "homme-machine" est optimisée suite au retour d'expérience de l'exploitation de la flotte et aux développements technologiques disponibles aujourd'hui », éclaire Jean-Louis Francard.

Des normes de sûreté toujours plus sévères

En matière de sûreté, les objectifs du Barracuda ont été nettement revus à la hausse. « Nous devons démontrer aux autorités compétentes que les normes de sûreté, encore plus sévères que par le passé, seront respectées, précise Jean-Louis Francard, chargé de ce dossier. L'objectif étant de mettre au point des moyens spécifiques pour réduire le risque nucléaire à des niveaux tout à fait négligeables. » Des impératifs guidés par la présence des sous-marins dans les ports, au coeur des villes.
Pour l'heure, l'étude de faisabilité du programme Barracuda vient de s'achever. En d'autres termes, il est techniquement réalisable pour environ 5 milliards d'euros. La phase dite de définition peut donc débuter. Et Jean-Louis Francard de détailler : « Dans les mois à venir, nous allons nous attacher à finaliser l'architecture du sous-marin, répondre aux exigences de sûreté et préparer le lancement de la construction du premier sous-marin prévue entre 2006 et 2012 à Cherbourg. »

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