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Vers un biomarqueur préeclampsie


​​Une équipe du CEA-BIG montre l'intérêt du dosage de la protéine EG-VEGF pour prévoir chez les femmes enceintes le développement d'un préeclampsie, une maladie fréquente pouvant entraîner de nombreuses complications chez la mère et l'enfant.

Publié le 26 août 2016

L'hypertension artérielle (HTA) est l'une des complications les plus redoutées et fréquentes de la grossesse. Elle peut induire une préeclampsie (PE), responsable d'un tiers des naissances des grands prématurés en France. Cette pathologie est également la deuxième cause de décès de la femme enceinte, après les hémorragies de la délivrance. Ses causes seraient dues à une mauvaise placentation au cours du premier trimestre de la grossesse. Parce que les symptômes de la préeclampsie n'apparaissent qu'au troisième trimestre de la grossesse, il est à ce jour impossible de diagnostiquer les patientes dès le début de leur grossesse ou de présager de la survenue de cette pathologie via un dosage de biomarqueurs spécifiques.

Depuis une dizaine d'années, des chercheurs du CEA-BIG travaillent sur le facteur placentaire lié à la protéine EG-VEGF[1]. Ils ont démontré que ce facteur est directement impliqué dans l'établissement de la circulation sanguine fœto-maternelle et très vraisemblablement dans le développement de la PE et du retard de croissance intra-utérin. En effet, ils ont mesuré, au cours du troisième trimestre de grossesse, un taux élevé d'EG-VEGF dans le sang de femmes atteintes de ces deux pathologies.

Le maintien du taux élevé d'EG-VEGF au-delà du premier trimestre, alors qu'il devrait chuter, serait ainsi associé au développement de ces pathologies. Pour tester cette hypothèse, les biologistes ont utilisé un modèle de souris gravides dans lesquelles des minipompes implantées délivraient ce facteur placentaire à partir de 11,5 jours après conception (équivalant à la fin du premier trimestre de la grossesse chez la femme). Les résultats obtenus montrent que le maintien d'EG-VEGF cause des anomalies significatives dans l'organisation et la fonction placentaire, dont une augmentation de l'hypoxie placentaire et une diminution de l'établissement de la circulation fœto-maternelle. De plus, les animaux implantés présentent une élévation significative des taux circulants de deux facteurs connus pour être anormalement élevés chez les femmes atteintes de PE (s-flt1 et s-endogline). Les animaux qui continuent de recevoir de l'EG-VEGF au-delà du premier trimestre ont également développé une hypertension gestationnelle associée à une fonction rénale altérée non observée chez les mâles traités.

Ces données fournissent une preuve solide pour confirmer que le maintien de taux élevés d'EG-VEGF au-delà du premier trimestre de la grossesse contribue au développement d'une forme de l'hypertension artérielle gravidique. Ce facteur pourrait donc servir de biomarqueur prédictif de la survenue de la préeclampsie.​​


​​[1]Endocrine Gland derived endothelial growth factor

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