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Résultat scientifique | Modèles climatiques

Accord de Paris : le réchauffement de 1,5°C pourrait être franchi plus tôt que prévu


​Pour la première fois, une étude internationale à laquelle participe le LSCE prend en compte de manière détaillée les quantités de carbone relâchées par la fonte du permafrost, pour les « trajectoires » d'émission envisagées par l'accord de Paris. Elle montre que le réchauffement de 1,5°C pourrait être franchi plus tôt que prévu. 
Publié le 24 septembre 2018

Les décideurs politiques se sont approprié le concept de bilan d'émissions qui indique la quantité maximale de dioxyde de carbone (CO2) qu'il est possible de relâcher dans l'atmosphère sans dépasser une certaine température globale. Ce bilan est principalement fondé sur une relation linéaire entre émissions anthropiques et réchauffement global. Or dans cette étude, les chercheurs montrent qu'en raison du dégel du permafrost, cette relation pourrait devenir dangereusement non linéaire.

Le permafrost contient de grandes quantités de carbone et nutriments issus de matières organiques, rarement prises en compte dans la modélisation du climat. Or la couche supérieure qui fond en été s'est étendue ces dernières années, relâchant toujours davantage de carbone dans l'atmosphère. Mécaniquement, le bilan des émissions anthropiques compatibles avec l'accord de Paris va diminuer, rendant l'objectif de plus en plus inaccessible. La fonte du permafrost, irréversible à l'échelle de quelques siècles, remet en question l'approximation linéaire entre émissions de CO2 et réchauffement et pour la première fois, est prise en compte de manière exhaustive dans le bilan d'émissions.

Selon les chercheurs, les émissions compatibles avec les objectifs à long terme de l'accord de Paris seront dépassées dans un avenir plus proche qu'on ne le pensait, en particulier dans le cas des trajectoires de températures dites avec « overshoot » (dépassement temporaire de la cible). L'accord de Paris envisageait en effet un scénario dans lequel le réchauffement dépasse temporairement +1,5°C en restant cependant inférieur à +2°C, puis redescend à +1,5°C. Le retour à +1,5°C risque fort d'être compromis par la fonte accélérée du permafrost.

La stratégie de l'« overshoot », actuellement la trajectoire « officielle », apparaît donc hautement risquée. Il n'y a plus de proportionnalité entre émissions anthropiques de CO2 et réchauffement global et le retour à un niveau raisonnable de réchauffement (+1,5°C) semble d'ores et déjà compromis. Les chercheurs espèrent que leurs travaux contribueront à l'information des décideurs chargés d'élaborer les stratégies de modération du changement climatique.

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