Contact


fleche gauche
fleche bas
fleche droite Page 2 sur 2
Accident de Tchernobyl : Repères :

Reperes

, Chapitre 1





Accident de Tchernobyl :
   quelques repères sur le sujet

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explose : l'accident le plus important du nucléaire civil vient d'avoir lieu. Plusieurs milliers d'Ukrainiens, Biélorusses et Russes sont évacués. La mobilisation internationale est immédiate que ce soit sur le plan humanitaire, financier, technique ou scientifique.

Vingt ans après l'accident, quelques rappels sur cette catastrophe et une sélection de liens utiles concernant les actions et les publications les plus récentes relatives à Tchernobyl .

Centrale de Tchernobyl. © AIEA
Repères 
Une sélection de dates clés de 1977, année de la mise en service de la centrale, à 2006, année
de la 20ème commémoration
de l’accident de Tchernobyl.
> Voir la chronologie
- DOCUMENT -
Point sur les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl.
Avis de Bernard BIGOT,
Haut-Commissaire
à l'Énergie Atomique.
Télécharger - pdf
- Pour en savoir plus -
L’Agence internationale de l’énergie atomique - AIEA
L’une des missions principales
de l’AIEA est de participer
à l’amélioration de la sûreté nucléaire dans le monde et dans les pays de l’Europe de l’Est.
L’AIEA propose sur son site internet le rapport réalisé,
en 2005, par le Forum
de Tchernobyl : « Tchernobyl, l’ampleur de la catastrophe ».
> Voir le site
La banque mondiale
La banque mondiale fournit des prêts, des conseils et des ressources adaptées aux pays émergeant et notamment
aux principales régions touchées par l’accident de Tchernobyl.
> Voir le site
La banque européenne pour la reconstruction et le développement - BERD
La Berd est l’administrateur du Fonds pour le sarcophage de Tchernobyl (FST). Par ailleurs, la Berd a administré des prêts à l’Ukraine pour lui permettre de fermer définitivement la centrale. Cette banque administre également le compte pour la sûreté nucléaire (CSN) et prépare des projets dans ce cadre. Ce compte permet de financer des projets d’amélioration de la sûreté des centrales nucléaires dans les pays de l’Est.
> Voir le site
Le G8
Le G8 a participé aux principales négociations ayant conduit à la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl et, dans ce cadre, a apporté une importante aide financière à l’Ukraine.
> Voir le site
L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire - IRSN
L’IRSN participe à plusieurs études, dont certaines consacrées à l’impact sanitaire de l’accident de Tchernobyl dans les pays les plus touchés par l’accident, mais aussi en France. L’IRSN a publié plusieurs bilans sur ces différents sujets, bilans disponibles en ligne.
> Voir le site
L’Organisation des Nations Unies ONU
L’Onu a, par l’intermédiaire de la plupart de ses organisations ou programmes, apporté son soutien aux pays touchés par l’accident tant du point de vue sanitaire, environnemental, humanitaire qu’économique. L’Onu s’engage depuis l’accident à renforcer la coopération internationale et coordonner les efforts déployés pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
Pour en savoir plus consultez
le site portail de l’Onu consacré à «Tchernobyl ».
> Voir le site
L’Union européenne - UE
L’UE, au travers de l’Office humanitaire de la communauté européenne (ECHO), apporte son soutien aux pays les plus touchés par l’accident de Tchernobyl.
> Voir le site

L’Union Européenne a également contribué à hauteur de 100 millions d’euros au Fonds pour le sarcophage de Tchernobyl. Plus largement, l’Union européenne est très impliquée dans la sûreté des centrales nucléaires des pays d’Europe centrale et orientale, principalement au travers des programmes PHARE et TACIS .
> Voir le site

Par ailleurs,
une plate-forme internationale d’information et de communication « chernobyl.info » a été créée avec l’aide de l’Union européenne.
> Voir le site
• Que s'est-il passé le 26 avril 1986 dans le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl ?



Le 26 avril 1986, les opérateurs de la centrale de Tchernobyl préparent un exercice de sûreté sur le réacteur n°4. Cet essai doit tester le fonctionnement d'un nouveau système de refroidissement de secours.


Intervention des secours © AIEA
L'accident a eu lieu pendant cet exercice pour deux raisons principales :
    • le réacteur, de type RBMK, présentait plusieurs défauts de conception, dont une instabilité dans certaines plages de fonctionnement, qui a eu pour effet d'entraîner une perte de contrôle,

    • les agents en place ont violé certaines procédures de sécurité (ils ont, par exemple, bloqué trois systèmes automatiques de sécurité), empêchant l'arrêt du réacteur.
Ces déficiences et erreurs ont entraîné une augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur et une détérioration importante du combustible, conduisant à un réchauffement brutal de l'eau qui s'est vaporisée dans le cœur du réacteur. Une explosion de vapeur s'est produite alors, à l'intérieur du bâtiment, détruisant partiellement le réacteur et provoquant un incendie.



• Les réacteurs RBMK


Dérivés de la technologie militaire russe, les RBMK (Reaktor Bolchoï Mochnotsti Kanalny) sont des réacteurs utilisant du graphite et de l'eau légère bouillante. Ils ont été développés en raison de leur capacité à produire de fortes quantités de plutonium (élément fissile utilisé pour la fabrication des armes nucléaires). Les RBMK présentent des faiblesses sur le plan technique qui peuvent affecter leur sûreté : dispositifs de contrôle contre les risques d'incendie insuffisants, temps d'insertion des barres de contrôle trop lent, absence de troisième barrière de confinement…

Depuis l'accident de Tchernobyl, des programmes d'amélioration de la sûreté des réacteurs RBMK ont été entrepris pour remédier aux principales faiblesses techniques repérées. Plusieurs points ont fait l'objet d'inspections et de modifications, des systèmes d'arrêt d'urgence aux systèmes de confinement en passant par les tuyauteries.

Actuellement, 12 réacteurs RBMK sont encore en service : 11 en Russie et 1 en Lituanie (le second réacteur lituanien a été fermé en décembre 2004). Un réacteur RBMK est actuellement en construction en Russie.



• Le « sarcophage »



Le sarcophage de Tchernobyl © AIEA
Le « sarcophage » désigne la structure de béton et d'acier construite dans les sept mois qui ont suivi l'accident afin de reconstituer les parties détruites de la centrale de Tchernobyl et confiner ainsi les matières radioactives.

Lors de sa construction, le sarcophage a été équipé de différents systèmes, permettant de surveiller son comportement. Ainsi, des capteurs mesurent la température de la structure, sa stabilité ou encore la concentration interne d'hydrogène ; Par ailleurs, d'autres systèmes ont été mis au point pour diminuer les conséquences de toute nouvelle condition défavorable, comme un circuit de pompage permettant de retirer l'excédent d'eau dû à la non étanchéité du sarcophage.

Bâti pour une durée de 20 à 30 ans, le sarcophage présentait dès 1996 plusieurs faiblesses (ex. fragilité au niveau du toit). Face à ce constat, un programme d'actions d'une dizaine d'années a été mis en place en 1997 visant à réduire les risques présentés par le sarcophage, notamment le risque présenté par l'effondrement. Le financement de ce programme est assuré par le gouvernement ukrainien et par un fonds international. La Berd en assure la gestion.

Parmi les travaux déjà réalisés : la stabilisation de la cheminée de ventilation commune aux réacteurs 3 et 4 et le renforcement des poutres portant le toit du sarcophage. Un nouvel appel d'offre de la Berd pour construire un nouveau sarcophage sur le réacteur accidenté devrait être finalisé au premier semestre 2006.



• Le « nuage » de Tchernobyl


Suite à l'explosion du réacteur n°4, un incendie s'est déclaré provoquant un panache de fumée de produits de fission et de débris radioactifs provenant du cœur du réacteur et du bâtiment. Les débris les plus lourds se sont rapidement déposés à proximité du site mais les composants les plus légers (ces composants sont principalement des produits de fission et des gaz rares) ont été entraînés au gré des vents sur toute l'Europe, constituant le « nuage » de Tchernobyl. Ainsi, le panache s'est d'abord dirigé vers le nord-ouest de l'Europe, survolant une partie de la France entre le 30 avril et le 5 mai 1986 (une journée sur le nord-est et quatre jours sur le sud-est). Puis, il s'est réorienté vers le Sud touchant alors une bonne partie de l'Europe centrale ainsi que le nord de la Méditerranée et les Balkans.

Depuis avril 1986, de nombreuses études ont été menées dans les pays touchés par les retombées de l'accident. Elles visent principalement à évaluer les conséquences radiologiques, dosimétriques et sanitaires des retombées de Tchernobyl.



• La « zone des trente kilomètres »


Après l'explosion de Tchernobyl, une zone d'exclusion de 4000 km² a été définie autour de la centrale. Ce périmètre, encore interdit à toute habitation et pratiques agricoles, comprend un cercle d'un rayon de trente kilomètres autour du site de Tchernobyl, dit « zone des trente kilomètres », où l'activité des sols atteint plusieurs millions de becquerels par mètres carré.



• Les liquidateurs


Le terme de « liquidateurs » désigne l'ensemble des personnes (opérateurs de la centrale, pompiers, militaires, civils…) qui ont participé, entre 1986 et 1990, à la réalisation des mesures d'urgence entreprises par les autorités soviétiques de l'époque suite à l'explosion du réacteur n°4. Ces opérations consistaient, par exemple, à dégager les décombres de la centrale, à construire le « sarcophage » ou encore à enfouir des déchets. Venus de nombreux pays de l'ex-Union soviétique, on estime environ à 600 000 le nombre total de « liquidateurs ».




• Les pays les plus touchés par l'accident

Les pays les plus touchés par l'accident de Tchernobyl sont ceux qui ont subi les plus fortes retombées radioactives. Il s'agit de la Biélorussie (23% de son territoire touché), de l'Ukraine (7% de son territoire touché) et de la Russie (0,3% du territoire touché). 4000 km² de terres sont d'ailleurs encore interdits à toute habitation et pratiques agricoles, l'activité des sols étant trop élevée.



• L'aide financière internationale pour la fermeture de Tchernobyl



Centrale Tchernobyl après la catastrophe du 26 avril 1986 © AIEA
En 1995, l'Ukraine s'est engagée à fermer définitivement la centrale de Tchernobyl contre l'octroi d'une aide financière internationale. Cet engagement, qui prend la forme d'un accord avec le G7 et l'Union européenne, stipule l'apport d'une aide de 2,3 milliards de dollars au gouvernement ukrainien. Cette somme attribuée sous forme de dons et de prêts, doit principalement permettre au gouvernement ukrainien de compenser la fermeture définitive de la centrale, par la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires dans les centrales de Rovno et Khmelnitsky. Le budget alloué à ces travaux constitue près de la moitié de l'aide, soit 1,48 milliards de dollars. Le reste est destiné au financement des travaux de mise en sûreté de la centrale mais aussi du plan social mis en place dans le cadre de la fermeture.

Par ailleurs, les pays donateurs du Fonds international pour le sarcophage de Tchernobyl, administré par la Berd, se sont engagés en mai 2005 à débloquer 200 millions de dollars supplémentaires pour la construction de la nouvelle arche de protection d'acier. Cette somme s'ajoute aux 600 millions d'euros (760 millions de dollars) promis par les 28 gouvernements donateurs. La plus grosse nouvelle contribution est venue du G8, avec 185 millions de dollars, et la Russie a pour la première fois promis de participer à l'effort financier de la communauté internationale. L'Ukraine quant à elle doit participer à hauteur de 22 millions de dollars.
fleche gauche
fleche bas
fleche droite Page 2 sur 2