Dossier | Énergie | Effet De Serre

L'homme et l'effet de serre (1/9)

Grâce aux gaz à effets de serre, la température moyenne autour de la terre est de 15°C. Depuis le début de l'ére industrielle, leur taux a augmenté dans l'atmosphère, risquant d'entraîner de profonds bouleversements climatiques...

Mars 2002

Grâce aux gaz à effet de serre, la température moyenne autour de la terre est de 15°C. Mais depuis le début de l'ère industrielle, leur taux a augmenté dans l'atmosphère, risquant d'entraîner des profonds bouleversements climatiques...
Ne dénigrons pas l’effet de serre. Sans lui, la température moyenne à la surface de la Terre serait de -18°C. La vie serait tout simplement impossible. Heureusement, le dioxyde de carbone, le méthane et quelques autres gaz dits «à effet de serre» contenus dans l’atmosphère agissent comme la serre d’un jardinier. En empêchant une partie de l’énergie solaire reçue par la Terre de repartir dans l’espace, ils maintiennent une température moyenne de 15°C autour de notre planète, particulièrement clémente.


l'activité humaine responsable du réchauffement de la planète

Depuis des millions d’années, le climat enchaîne des périodes glaciaires et interglaciaires. Or, depuis le milieu du XIXe siècle, la température s’est élevée de 0,4°C à 0,8°C. L’homme pourrait-il être responsable de cette nouvelle augmentation ? Les experts du Groupement international sur l’évolution du climat en sont aujourd’hui convaincus. Depuis l’ère industrielle, les activités humaines ont entraîné une hausse significative des GES dans l’atmosphère. Ainsi, en cent cinquante ans, la combustion des énergies fossiles et la défore station ont entraîné une élévation du taux de dioxyde de carbone de 30%. Durant cette période, en raison de la poussée démographique et de l’intensification de l’agriculture et de l’élevage, la concentration en méthane a augmenté de 145%. « L’Homme a rajouté en deux cents ans autant de gaz à effet de serre que la nature en plusieurs milliers d’années, constate Sylvie Joussaume, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement à Saclay. Depuis quatre cent mille ans, jamais les taux de dioxyde de carbone n’avaient été aussi élevés ».


Les perspectives invitent à la prudence

Sources de dioxyde de carbone (CO2) liées à l'activité humaine :
  • Énergie
  • Transports
  • Industries
  • Villes
  • 43%
    24%
    19%
    14%

    Sources de méthane (CH4) liées à l'activité humaine:
  • Bétails
  • Rizières
  • Pétrole
  • Feux
  • Déchets
  • Charbon
  • 30%
    22%
    17%
    11%
    11%
      9%
    Si rien n’est entrepris pour limiter l’envolée des GES, de profonds bouleversements climatiques sont d’ores et déjà prévisibles. Selon le dernier rapport des experts du GIEC de janvier dernier, la température devrait s’élever encore de 1,4°C à 5,8°C d’ici la fin du siècle. Une telle augmentation peut sembler infime au regard des variations météorologiques, mais les modèles informatiques montrent qu’une élévation de température, aussi infime soit-elle, est susceptible de provoquer de graves perturbations. Le réchauffement entraînerait une fonte des glaces et une dilatation des eaux, conduisant à une élévation du niveau des océans de près de 50 cm, menaçant d’inondation certaines régions côtières : Bangladesh, Camargue en France, Égypte, Floride et Texas aux États-Unis, Pays-Bas, Japon. Les climatologues s’attendent également à une intensification des fluctuations climatiques, avec une multiplication d’épisodes de grands froids et de canicules, de périodes de sécheresses et de pluies, et une fréquence accrue des catastrophes naturelles. Les précipitations devraient ainsi s'accroître dans le Nord tandis qu’elles devraient chuter de façon tragique au Sud, dans des régions déjà touchées par la désertification. « Ces perspectives invitent à la prudence, conclut Sylvie Joussaume, d’autant que l’idée que toute variation climatique prend forcément beaucoup de temps est aujourd’hui dépassée : le climat pourrait s’emballer plus rapidement que prévu. »

    Retour en haut de page