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LE CLIMAT À VENIR Les mesures effectuées directement dans l’atmosphère le montrent, la concentration des gaz à effet de serre a augmenté dans l’atmosphère à une vitesse inconnue dans l’histoire géologique de la Terre et à des niveaux sans précédent au cours du dernier million d’années. Des modifications du climat et de l’environnement ont été clairement observées au cours du XXe siècle :
la température moyenne a augmenté de 0,6 °C, cette augmentation étant plus forte la nuit que le jour ; cette diminution de l’écart jour/nuit va dans le sens de ce que produirait une augmentation de l’effet de serre ;
le niveau de la mer s’est élevé de 12 cm ;
la surface de la banquise de l’océan Arctique a diminué de 30 % ; son épaisseur a diminué de 40 % au cours des trente dernières années.
Compte tenu des quantités de gaz déjà injectées dans l’atmosphère et de l’inertie du système, on devrait s’attendre à un réchauffement du climat dans le siècle à venir, même si les concentrations de gaz à effet de serre n’augmentaient plus. Mais même les plus optimistes des estimations sur l’évolution de la société mondiale et de son comportement prévoient encore une forte augmentation de cette concentration. Pour estimer comment évoluera le climat au cours du xxie siècle et au-delà, il n’est pas possible de simplement extrapoler à partir des climats passés : on ne connaît pas d’analogue dont les caractéristiques astronomiques et environnementales soient suffisamment proches de l’actuel. Il est donc nécessaire de faire appel à la modélisation. Comme on l’a vu, la modélisation du climat est imparfaite : la machine climatique est complexe, les phénomènes en jeu sont souvent encore mal connus et difficiles à modéliser de façon réaliste. L’inévitable limitation des ressources de calcul oblige à des approches simplificatrices, qui ne prennent pas en compte la finesse de certains phénomènes. Chaque modèle cherche à apporter ses propres solutions à ces divers écueils. Il en résulte des disparités de résultats que les climatologues investiguent dans de grands programmes internationaux d’intercomparaison. Un certain nombre de résultats sont robustes et se retrouvent avec tous les modèles : ainsi, il est certain que le réchauffement sera maximal aux hautes latitudes, avec pour conséquence vraisemblable le dégel massif du pergélisol et le dégazage du méthane qu’il séquestre ; au niveau pluviométrie, le Bassin méditerranéen est globalement menacé d’une aridification accrue. Mais l’ampleur des phénomènes et leur répartition géographique dépendront beaucoup de la façon dont l’humanité gérera l’accumulation des gaz à effet de serre. Les simulations des climats du futur font donc nécessairement appel à des scénarios de développement de la société et de ses émissions de gaz à effet de serre. Les impacts environnementaux des changements climatiques à venir donnent lieu à des prédictions souvent pessimistes. Toutefois, faute d’une connaissance suffisante des rétroactions du système, il est difficile aujourd’hui de prédire l’importance et la fréquence des événements effectivement susceptibles de se produire. La prise de conscience des conséquences possibles des perturbations que l’homme apporte à l’environnement global a suscité un énorme effort de recherche au cours des dernières décennies et fait considérablement progresser notre connaissance et nos capacités à modéliser le climat, en particulier grâce à l’étude des climats du passé. Mais notre compréhension des mécanismes d’évolution ou de stabilisation du climat qui ont modelé son histoire est encore très partielle et doit être approfondie pour permettre une prévision fiable des évolutions du climat et particulièrement de ses extrêmes, dont l’impact sociétal peut être majeur.
| L’ACTION POLITIQUE INTERNATIONALE |
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L’évolution du climat et de l’environnement global a suscité l’organisation d’importantes conférences au cours de la décennie écoulée. Au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (juin 1992) a été signée la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui adopta l’objectif d’une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre (entrée en vigueur le 21 mars 1994). À la Conférence de Kyoto (décembre 1997) a été signé le protocole de réduction globale des émissions de ces gaz, de 5,2 % en moyenne en 2008-2012 par rapport à 1990, pour les pays de l’OCDE et les pays de l’Europe de l’Est (dont la Russie). Les objectifs de réduction pour l’Union européenne et la France sont respectivement de 8 % et 0 %. Les moyens de les atteindre ont été débattus sans succès en novembre 2000 à La Haye. Les conférences suivantes, tenues à Marrakech (2001), le Sommet de la Terre à Johannesburg (août-septembre 2002), les conférences à New Delhi (octobre 2002) et à Moscou (septembre-octobre 2003), n’avaient pas permis la ratification du protocole de Kyoto. La Russie s’y est finalement ralliée, permettant la ratification du protocole le 16 février 2005. Sous l’impulsion du programme des Nations unies pour l’environnement, les problèmes posés par les substances appauvrissant la couche d’ozone atmosphérique ont été traités à Vienne (1985) et surtout à Montréal (septembre 1987) où a été signé le protocole imposant une réduction de la production et de l’utilisation des chlorofluorocarbures (CFC). Ce protocole a fait l’objet des amendements de Londres (1990), qui a imposé l’abandon des CFC au 1er janvier 2000 et étendu la réglementation à d’autres produits, de Copenhague (1992), Montréal (1997) et Pékin (1999). À la demande du G7 et sous l’égide des Nations unies, un groupe de scientifiques internationaux, le GIEC, a été mis en place en 1988. Ce Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (en anglais, IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change) édite tous les 5 ou 6 ans un rapport sur l’état des connaissances en matière d’évolution du climat (http://www.ipcc.ch). Le plus récent date de 2001. Le prochain doit paraître en 2007. |
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Exemple de résultat de simulation de l’évolution du climat d’été en France, de 1860 à 2100, avec un scénario de développement « égoïste » des nations Cliquez sur la flèche |
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| “La prise de conscience « écologique » fait avancer nos capacités à modéliser le climat.” |
| Pergélisol |
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| Un réchauffement maximum pourrait provoquer un dégel massif. © CEA/IPEV |
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