LA RADIOGRAPHIE ET LA RADIOTHÉRAPIE EN MÉDECINE
La radiographie médicale utilise la capacité qu’ont les rayons X de traverser le corps humain. Les différents tissus (os, muscles) ne laissent toutefois pas passer les rayons X de la même façon : les os sont plus opaques et les muscles sont plus transparents. Une radiographie permet donc de voir par contraste le squelette et, par exemple, d’observer une fracture pour mieux la soigner. Elle permet également de regarder si des tissus sont endommagés par une maladie : les radiographies des poumons, couramment pratiquées, donnent au médecin d’importantes informations sur l’état de santé du patient. Le tomographe (ou scanner) à rayons X est une machine qui, à partir d’un grand nombre de projections (quelques centaines à quelques milliers) sur un détecteur linéaire, d’un calculateur et d’un logiciel de reconstruction permet d’obtenir des “coupes”, soit du corps entier, soit de parties du corps (crâne…), et est utilisé pour la localisation précise de lésions, tumeurs… Un autre outil utilisant les rayons X, conçu par des chercheurs du CEA avec la collaboration de General Electric MSE (Medical System Europe), est le morphomètre. Cet appareil permet, pour la première fois, d’acquérir et de visualiser en trois dimensions un organe complet avec une qualité d’image inégalée. En particulier, il est enfin possible de visualiser et de manipuler par voie informatique soit un réseau vasculaire complet, soit une structure osseuse. Dans le souci de toujours diminuer la dose reçue par les patients, Georges Charpak, un Français prix Nobel de physique 1992, a imaginé un détecteur de rayonnements très sensible permettant de diminuer par 2 ou 3 cette dose en donnant les mêmes informations qu’un détecteur traditionnel.
Une autre grande application des rayonnements en médecine est la radiothérapie ou traitement par les rayonnements ionisants. Quelques mois après la découverte des rayons X, il y a un peu plus d’un siècle, on s’aperçut que l’action biologique des rayonnements pouvait être utilisée, à forte dose, pour traiter les cancers. Les cellules tumorales, parce qu’elles se divisent rapidement, sont plus sensibles que les autres aux rayonnements ionisants. En envoyant sur ces cellules une certaine dose de rayonnements, il est possible de les tuer et d’éliminer la tumeur. Aujourd’hui, près de la moitié des personnes qui ont pu être guéries d’un cancer l’ont été grâce à la radiothérapie.
"L'irradiation permet de détruire à froid les micro-organismes comme les champignons, les bactéries ou les virus."
LA STÉRILISATION D'OBJETS PAR RAYONNEMENTS GAMMA Irradiation du matériel chirurgical et des aliments L’irradiation est un moyen privilégié pour détruire à froid les micro-organismes (champignons, bactéries, virus…). De ce fait de nombreuses applications des rayonnements existent pour la stérilisation d’objets. Par exemple, la majorité du matériel médico-chirurgical (seringues jetables, etc.) est aujourd’hui radio-stérilisée par des industriels spécialisés. De la même façon, le traitement par irradiations d’ingrédients alimentaires permet d’améliorer l’hygiène des aliments : stérilisation des épices, élimination des salmonelles des crevettes et des cuisses de grenouilles… Cette technique porte aussi le nom d’ionisation des aliments. Irradiation d’objets d’art Le traitement par des rayons gamma permet d’éliminer les larves, insectes ou bactéries logés à l’intérieur des objets, afin de les protéger de la dégradation. Cette technique est utilisée dans le traitement de conservation et de restauration d’objets d’art, d’ethnologie et d’archéologie. Elle est applicable à différents types de matériaux : bois, pierre, cuir… Une autre technique permet de conserver des vestiges très dégradés : statues rongées par des vers, épaves anciennes en bois gorgé d’eau, etc. Dans ce cas, un traitement d’imprégnation par une résine photosensible, suivi d’un durcissement (polymérisation) sous irradiation, permet de consolider puis de restaurer les œuvres (procédé dit “Nucléart”).
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