Dossier | Technologies | Nanotechnologies et nanosciences

Nanotechnologies : prévenir les risques (4/4)

Santé, environnement, protection des travailleurs, les équipes du CEA participent à l'identification des risques et à la mise en œuvre de solutions, ainsi qu'à la réflexion sur les implications éthiques des nanotechnologies.

Mis à jour en octobre 2009

Boîte-à-gants dédiée aux études de nanosécurité. © P.Avavian/CEA
Boîte-à-gants dédiée aux études de nanosécurité. © P.Avavian/CEA
A l'horizon 2014, 15% des produits manufacturés dans le monde pourraient intégrer des nanotechnologies (Etude Lux research). La perspective d'une diffusion à grande échelle nécessite de s'interroger sur les risques potentiels de ces nouveaux produits. Santé, environnement, éthique, le CEA participe à l'identification des risques et à la mise en œuvre de solutions.
La question du risque sanitaire et environnemental

Parmi les risques potentiels identifiés dans le domaine des nanotechnologies, celui des nanoparticules concentre les interrogations. Par nanoparticules, on désigne toutes les particules ultrafines dont une des 3 dimensions est inférieure à 100 nm. Les nanoparticules peuvent être naturelles, comme les poussières des volcans par exemple ; ou artificielles, comme le noir de carbone utilisé depuis plusieurs décennies pour "durcir" les pneumatiques.

Le risque spécifique lié aux nanoparticules tient à leurs propriétés en rapport avec leur très petite taille (capacité potentielle à franchir certaines barrières biologiques), leur très petite masse (risque de dispersion dans l'environnement), mais aussi leur surface proportionnellement plus importante  (réactivité et éventuellement toxicité accrues).
Les nanoparticules manufacturées pourraient donc avoir des propriétés et des effets différents de ceux des mêmes matériaux à des tailles plus grandes
, ce qui peut comporter de nouveaux risques pour la santé de l’homme et l'environnement. En l’absence de connaissances solides et de réglementation, le principe de précaution s’impose. Il passe notamment par la protection, dès à présent, des travailleurs contre les risques d'exposition, ainsi que par la mise en place rapide de programmes de recherches.

Les nanotechnologies, au-delà du risque sanitaire

Au-delà de l'impact sanitaire et environnemental possible, la montée en puissance des nanotechnologies pose des questions éthiques liées à tout nouveau développement technologique. Le CEA, aux côtés des autres acteurs des nanosciences et des nanotechnologies français, européens et membres de l'OCDE, participe à la réflexion sur l'usage de ces futurs produits. Cette réflexion s'appuie notamment sur le Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière, le Larsim. Créé en 2007 par le CEA et dirigé par le physicien Etienne Klein, ce laboratoire a pour objectif de reconnecter l’actualité de la recherche (les nanotechnologies par exemple) avec la société, d’aider les scientifiques à réfléchir à l’impact social de leurs travaux et d’expliquer au public les enjeux des recherches scientifiques.

Protéger l’homme et l’environnement

Les toxicologues s'interrogent en particulier sur l'impact des nanoparticules produites en masse qui pourraient se répandre dans l'environnement. Il y a déjà un exemple connu : les nanoparticules (particules ultrafines) produites par la combustion (chauffage, moteurs diesels) qui sont une composante de la pollution urbaine. Selon certaines études, ces particules sont en partie responsables de l'aggravation des maladies cardiaques et respiratoires constatée chez les malades exposés à des pics de pollution particulaire. Si les quantités de nanoparticules manufacturées mises sur le marché à l'heure actuelle restent très limitées, des applications massives comme celles actuellement à l’étude changeraient cet état de fait. Il convient donc de s'assurer que ces nanoparticules n'augmentent en aucun cas les niveaux de pollutions atmosphériques ou environnementales actuels.

Reportage
« Les recherches pour la sécurité »

Durée 3’07’’, avec avec Daniel Bloch, médecin conseil sur les nanomatériaux au CEA, François Tardif et Luana Golanski du programme Nanosafe.

Point sur les connaissances actuelles concernant la dangerosité des nanoparticules, exemples d’études liées à la protection des travailleurs, et perspectives concernant la réglementation.

 

Afin d'anticiper les risques éventuels des nanoparticules et des nanomatériaux pour la santé et l'environnement, le CEA a lancé dès 2001 des études toxicologiques et éco-toxicologiques sur les nanoparticules. A ce titre, dans le domaine de la sécurité industrielle, le CEA coordonne le programme européen Nanosafe2 qui a pour vocation de développer des moyens sûrs de production et d'utilisation des nanoparticules jusqu'à la fin du cycle de vie des produits.

Etude sur l'ecotoxicité des particules © C.Dupont/CEA
Etude sur l'ecotoxicité des particules © C.Dupont/CEA

Les recherches menées vont de la caractérisation des nanoparticules à leur détection et à leurs effets sur l'environnement et la santé. Le programme Nanosafe2 couvre la chaîne entière des nanoparticules incluant la production, le conditionnement, le stockage, le transport, la transformation en produit final, pendant la vie du produit et à la fin de vie de produit (traitement et élimination des déchets).

Lancé en 2005 à l’initiative du CEA et financé par la Commission européenne, ce programme implique 24 organismes de recherche et industriels. Le CEA est chargé de la coordination de ce projet qui vise à évaluer et gérer les risques concernant les nanoparticules. Parmi les travaux engagés par les équipes de Nanosafe, les travaux des chercheurs de l'institut Liten du CEA visent à qualifier des équipements de protection et de mesure d’exposition des travailleurs pour garantir leur non-exposition aux nanoparticules. Ou encore, dans le domaine de la fabrication, la mise au point de technologies et processus visant à sécuriser les procédés industriels de façon à obtenir le produit final sans mise en suspension dans l’environnement de nanoparticules au cours du processus de fabrication.

Protection des travailleurs exposés aux nanoparticules

Le CEA applique le principe de précaution en matière de risques professionnels liés aux nanoparticules. En l’absence de réglementation et étant donné les connaissances lacunaires sur les risques des nanoparticules, le CEA fait en sorte de limiter au maximum le nombre de salariés susceptibles d’être exposés, et pour chacun d’entre eux de limiter au maximum leur exposition aux nanoparticules. Dans le cadre d’un plan d’action spécifique, associant les équipes de sécurité et les équipes médicales du CEA, toutes les installations pouvant mettre en œuvre des nano-objets ont été répertoriées. Pour ces installations, un ensemble de règles de bonnes pratiques de prévention ont été identifiées et mises en place. Elles ont pour objectif la protection des salariés et la protection de l’environnement.

POUR EN SAVOIR PLUS
« Sécurité des nanomatériaux et applications aux nouvelles technologies de l’énergie », dossier de presse, novembre 2008 « Sécurité des nanomatériaux et applications aux nouvelles technologies de l’énergie »,
Dossier de presse ( Fichier pdf : 476 ko | Novembre 2008 )
Le CEA, à des fins de recherche, mène des activités de fabrication, de manipulation, et de caractérisation de "nanoparticules". Point sur les recherches du CEA et ses actions pour la sécurité.
Le site internet de Nanosmile Nanosmile,
Site Internet - http://www.nanosmile.org
Le site internet « Nanosmile ». Développer dans le cadre du programme Nanosafe, ce site internet est aborde de manière pédagogique les questions liées aux nanoparticules et aux nanomatériaux. Il propose par ailleurs un ensemble de définitions illustrer par des animations permettant de mieux appréhender le propos.
« Les effets des nanoparticules sur la santé et l'environnement », dossier de presse, février 2008 « Les effets des nanoparticules sur la santé et l'environnement »,
Dossier de presse ( Fichier pdf : 733 ko | février 2008 )
L'Observatoire des micro et nanotechnologies (OMNT), unité mixte de service CNRS-CEA créée en 2005, présente les résultats de ses travaux de veille au cours de son séminaire annuel le 7 février.
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