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Crise nucléaire au Japon : situation au 18 avril

Crise nucléaire au Japon
Suite à la grave crise nucléaire que traverse le Japon, le CEA propose une page d’information afin d’apporter des éléments de réponse aux questions les plus importantes et les plus fréquemment posées. Cette page sera régulièrement mise à jour et complétée par de nouvelles questions.

19 Avril 2011

Situation au lundi 18 avril 2011 (18h15, heure de Paris)

Scénario de sortie de crise

Le ministère japonais en charge de l’industrie (METI) a publié le 17 avril une stratégie visant à passer progressivement de la phase d’urgence à la phase de « gestion post-accidentelle d’une situation stabilisée ».

Le scénario envisagé (« roadmap ») est basé sur 2 grands objectifs :

  • Faire diminuer significativement le niveau de radioactivité à la centrale au cours des 3 prochains mois.
  • Maintenir sous contrôle puis réduire au maximum les rejets de matières radioactives puis, dans les 6 à 9 mois, parvenir au refroidissement des réacteurs.

Point de situation sur la centrale de Fukushima Daiichi

Les émissions de vapeurs en provenance des réacteurs n°1, 2, 3 et 4 sont toujours observées. L’injonction d’eau douce se poursuit dans les réacteurs et les piscines.

  • Réacteur 1 : TEPCO poursuit l’injection d’azote dans l’enceinte de confinement. La pression dans le réacteur qui avait temporairement baissé pendant le week-end est remonté à 1,131 MPa le lundi 18 avril.
  • Réacteur 2 : du 12 au 15 avril, 7 plaques métalliques ont été installées au niveau de la prise d’eau du réacteur afin de limiter la diffusion de la contamination en mer.

Débits de dose / actions menées sur le site

L’intérieur des bâtiments des réacteurs 1 et 3 a été inspecté pendant 1h30 à l’aide d’un robot télécommandé. Les débits de dose mesurés étaient compris entre 10 et 49 mSv/h sur le réacteur 1 et entre 28 et 57 mSv/h sur le réacteur 3.

L’épandage de résine, afin de fixer au sol les poussières radioactives, s’est poursuivi à proximité de la piscine d’entreposage commune et du bâtiment d’entreposage des effluents faiblement radioactifs.

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Situation au mardi 12 avril 2011 (14h30, heure de Paris)

L’accident nucléaire de Fukushima est reclassé au niveau 7 de l’échelle INES

La NISA (Agence japonaise de sûreté industrielle et nucléaire) a réévalué aujourd’hui le niveau de l’accident de Fukushima au niveau 7 en justifiant cette réévaluation principalement par le dépassement du seuil de 10 000 térabecquerels (TBq) en iode-131 rejeté dans l’environnement.

Depuis le début de la crise, la radioactivité des matières relâchées dans l’atmosphère est aujourd’hui estimée à environ 370 000 TBq en équivalent iode-131 par la NISA et à environ 630 000 TBq par la NSC (Commission de sûreté nucléaire japonaise).

Pour comparaison, ce niveau correspond à environ 10 % de l’activité totale de radioéléments rejetés lors de l’accident de Tchernobyl (5 200 000 TBq). Toujours selon la NSC, les émissions au pire de la crise seraient montées à plus de 10 000 TBq / heure, pour une situation actuelle d’environ 1 TBq/h.

Le Japon a connu trois répliques importantes au cours des dernières 48 heures

  • Deux séismes de magnitude 6.4 et 6.2, respectivement à 8h08 et 14h07 (heure locale), le 12 avril dans la région de Tokyo – Fukushima. La première de ces deux répliques avait son épicentre à 80 km à l’est de Tokyo d’une faible profondeur (5 km). La seconde avait son épicentre à 70 km au sud de Fukushima d’une faible profondeur également (21 km).
  • Un séisme de magnitude 6.7, à 17h16 (heure locale), le 11 avril au nord-est du Japon. Ce séisme a entraîné une coupure temporaire de l’alimentation électrique externe (pendant environ 50 minutes) et donc notamment le refroidissement des tranches n°1, 2 et 3, jusqu’au rétablissement du courant alimentant les pompes.

Fortement ressentis, ces séismes n’auraient cependant pas eu d’impact significatif sur les sites nucléaires japonais ni sur les opérations en cours à Fukushima. Aucune évolution significative des mesures radiologiques n’a été observée sur les sites nucléaires de Fukushima Daiichi, de Fukushima Daini, d’Onagawa ou de Tokai Daini proches du séisme.

Point de situation sur la centrale de Fukushima I (Daiichi)

Les émissions de vapeurs en provenance des réacteurs n°1, 2, 3 et 4 sont toujours observées. L’injection d’eau douce continue à être opérée dans les réacteurs et les piscines.

  • Réacteur 1 : une légère augmentation de la pression à l’intérieur de la cuve du réacteur est toujours observée.

    TEPCO poursuit l’injection d’azote pour inertage de l’enceinte de confinement malgré le constat d’une pression stationnaire à 2 bar, tandis que les estimations initiales prévoyaient une montée graduelle jusqu’à 2,5 fois la pression atmosphérique sur la durée des opérations, laissant ainsi supposer l’existence d’une fuite.

  • Réacteur 2 à 6 et piscine d'entreposage commune : la NISA a donné son autorisation pour le transfert d’eau fortement contaminé du bâtiment turbine du réacteur n°2 vers le bâtiment de stockage des effluents faiblement radioactifs.

    Un incendie au niveau du bâtiment d’échantillonnage des rejets en mer a été repéré à 6h38 et maîtrisé avant 7h (heure locale). La radioactivité ambiante est restée inchangée.

Débits de dose / contamination et actions menées sur le site

Pas d’évolution significative du débit de dose depuis le précédent point de situation. Le 10 avril, des engins de chantier commandés à distance ont commencé à être utilisés sur le site pour évacuer les gravats. TEPCO a également utilisé un hélicoptère télécommandé pour évaluer le débit de dose à proximité des réacteurs 1 à 4. Ce débit était de plusieurs centaines de millisieverts par heure (mSv/h) / entre les réacteurs 2 et 3, et à l’ouest du bâtiment 3.

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Situation au jeudi 7 avril 2011 (16h30, heure de Paris)

Principales évolutions depuis le 4 avril.

5/04 :

  • Tepco a réussi à colmater la brèche constatée dans une fosse située à proximité du réacteur n° 2 par laquelle s'échappait une forte quantité d'eau contaminée vers la mer.

6/04 :

  • L'opérateur a commencé à rejeter en mer les 11 500 tonnes d'eau faiblement contaminée afin de libérer de l'espace pour l'eau fortement radioactive encore présente dans les sous-sols des bâtiments turbines des réacteurs 1, 2 et 3. Cette opération devait se terminer en fin de journée.
  • Le volume d'eaux fortement contaminées du site étant estimé à environ 60 000 tonnes l'opérateur projette d'utiliser des plateformes flottantes pour stocker le surplus.

7/04 :

  • Suite à une légère augmentation de la pression à l'intérieur de la cuve du réacteur n°1, les Japonais ont commencé à injecter de l'azote dans l'enceinte de confinement (200 m3 sur 6.000 m3 prévus). Cette opération vise à éviter un risque éventuel d'explosion dû à l'hydrogène généré par la radiolyse de l'eau.
  • Afin d'empêcher la remise en suspension des poussières radioactives, 600 m2 ont été traités à proximité de la piscine d'entreposage commune grâce à l'épandage d'une résine au sol.

    TEPCO aurait confirmé la présence de faibles quantités de plutonium sur le site dont l'origine est toujours inconnue.

Point de situation sur l'environnement :

La contamination de l'eau de mer a sensiblement baissé après l'arrêt de la fuite, le niveau d'iode 131 d'un échantillon prélevé mercredi étant, selon l'ambassade de France, 140 000 fois supérieur à la limite légale (soit 5,6 MBq/litre).

Pas d'évolution notable des mesures de radioactivité dans l'environnement au-delà des 30 km.

La Ville d'Iitate a demandé aux femmes enceintes et enfants de moins de 3 ans (50 personnes) de se réfugier sur la ville de Fukushima où les niveaux de radioactivité sont moins élevés.


Situation en France :

Pas d'évolution notable des mesures de radioactivité de l'air en France.

Pour en savoir plus : www.irsn.fr

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Situation au lundi 4 avril 2011 (15h00, heure de Paris)

Des fumées blanches en provenance des réacteurs 1, 2, 3 et 4 sont toujours observées. Le refroidissement des réacteurs 1, 2 et 3 se poursuit par injection d’eau douce. Deux barges d’eau douce sont arrivées le 31 mars puis le 2 avril, respectivement d’une contenance de 1300 m³ et de 880 m³.

TEPCO envisage de rejeter à la mer 11500 t d’eau « faiblement » contaminée (environ 100 fois la limite légale) provenant d’un réservoir de 10000 t présent sur site ainsi que 1500t d’eau faiblement contaminée des galeries techniques à proximité des réacteurs 5 et 6. Ce réservoir une fois libéré pourrait recevoir les eaux plus fortement contaminées, notamment l’eau du bâtiment turbine du réacteur 2.

  • Réacteur 1 : on observe une montée continue en pression du réacteur n°1.
  • Réacteur 2 : les techniciens ont découvert le samedi 2 avril que de l'eau fortement radioactive s'écoulait dans l'océan d'un puits fissuré. La fissure d’une largeur de 20 cm à proximité des systèmes de câble souterrains pourrait être à l’origine de la fuite d’eau contaminée vers la mer. Du béton y a été coulé. En complément, TEPCO a injecté divers matériaux absorbants, sans efficacité avérée. 13 Kg d’un marqueur blanc ont par ailleurs été introduits pour suivre cette fuite. Les opérations de pompage du l’eau du condenseur vers le réservoir du condenseur ont été entamés le samedi 2 avril à 17h10 heure locale.
  • Réacteur 3 : aucun élément nouveau.
  • Réacteur 4, 5 et 6 : aucun élément nouveau.

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