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Le festival de science fiction qui crée un pont entre la science et l’imaginaire

Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA-Irfu et Président du festival de science-fiction « Les Utopiales »
Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA-Irfu, vient d’être élu Président du festival de science-fiction "Les Utopiales". Vulgarisateur scientifique et passionné de science-fiction, il s’interroge constamment sur les œuvres qu’il découvre : est-ce possible ? Comment expliquer ce qui est raconté ? Avec sa nouvelle casquette de président, il veut profiter de cet événement de renommée mondiale pour mettre la science en lumière.

30 Octobre 2012

En quelques mots : qu’est-ce que "Les Utopiales" et comment expliquez-vous son succès mondial?

Les Utopiales est le festival international de science-fiction de Nantes. Créé en 2000 et porté par l’association du même nom, il a pour objectif de faire découvrir au plus grand nombre et de manière qualitative, le monde de la prospective, des technologies nouvelles et de l’imaginaire. Voilà 13 ans qu’il existe et 13 ans qu’il grandit ! Grâce notamment au soutien de la ville de Nantes et de la Cité des congrès, ainsi qu’à des partenaires, dont le CEA et l’Inserm. Avec 46 000 visiteurs l’année dernière, il s’agit aujourd’hui du plus grand festival de science-fiction au monde. La présence d’un tel événement en France peut surprendre. Mais la science-fiction est née en Europe, avec de grands auteurs comme H. G. Wells et Jules Verne, donc ça semble logique ! Pour cette 13e édition, le thème des « Origines » est mis à l’honneur à travers une programmation littéraire et scientifique riche, et des supports très variés (BD, Mangas, films, expositions, tables rondes, etc.).

Au cours de votre mandat de Président, que souhaitez-vous apporter à cet événement ?

Je désire optimiser la place de la science pour que les visiteurs réalisent qu’elle fait partie intégrante de notre société. Pour ce faire, des invités de renom dans le domaine scientifique sont présents cette année, aux côtés d’illustres auteurs de science-fiction. Concrètement, Neil Gaiman, auteur à succès, est là, ainsi que le physicien Étienne Klein et le mathématicien Cédric Villani, médaille Fields 2010. Ils œuvrent ensemble à parler de sciences « sans en avoir l’air » grâce à la science-fiction. Moi-même, je suis un grand lecteur de ce genre littéraire depuis que j’ai 14 ans et j’ai appris énormément au contact des érudits. Aujourd’hui, j’adore mener des « enquêtes scientifiques » sur les livres et films de science-fiction : ce phénomène est-il possible ? Comment expliquer ce qui est raconté ? Est-il possible d’obtenir une information qui n’est pas donnée dans l’œuvre ? Cet univers me semble un vecteur très fort pour promouvoir et expliquer, de façon ludique, les faits scientifiques, mais aussi comment les chercheurs procèdent pour les établir !

Quels seraient vos arguments pour convaincre des néophytes de venir découvrir l’univers de la science-fiction ?

Maurice Renard parlait de « Merveilleux scientifique ». Cette notion en dit long ! Toutefois, pour aimer la science-fiction, il faut être ouvert à la dimension nouvelle qu’elle apporte. Elle est le reflet de son époque et prend ce qui existe en le transformant, pour le rendre plus performant, plus spectaculaire. Un monde passionnant s’offre alors à vous ! Vous découvrez un laboratoire d’idées qui met en scène la science et la technique, et qui interroge les conséquences sociales des découvertes qui en découlent. Prenons le cas du clonage humain : quelle digue éthique sauterait si cela devenait objet de commerce ? Chaque œuvre devient une invitation à mener une expérience de pensée sociale, comme il existe des expériences de pensées scientifiques…

Propos recueillis par Amélie Lorec

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