Actualité | Le CEA
Quatre chercheuses CEA lauréates des Bourses L’Oréal « Pour les femmes et la science »
P.Stroppa/CEA
Lire aussi :
Les recherches de Julie Bensimon
Spécialisée en radiobiologie et cancérologie, Julie Bensimon, 26 ans, étudie les effets de l’irradiation sur le cancer du sein qui représente la principale cause de mortalité par cancer chez la femme entre 35 et 65 ans en France. Elle a ainsi pu mettre en évidence l’existence d’un très petit nombre de cellules résistant au traitement et qui seraient à l’origine de la récidive. Appelées « Cellules Souches Cancéreuses » (CSCs), elles transmettraient à leur descendance une instabilité génétique acquise au cours de l’irradiation.
Les recherches de Julie Bensimon soulignent l’importance de mieux cibler les traitements initiaux et d’éliminer définitivement les CSCs. L’objectif de la recherche en cancérologie serait à terme de trouver un traitement individualisé et ciblé pour chaque type de cancer. Naturellement nourrie par le magazine Science & Vie Junior qui a été pour elle un véritable déclic, sa passion pour les sciences l’a conduite à intégrer
- Son parcours :
Après avoir intégré l’école d’ingénieur Agro Paris Tech, où elle a étudié le développement agricole et la biologie, Julie Bensimon décide de se spécialiser en cancérologie. Depuis 2009, elle réalise son doctorat au Laboratoire de Cancérologie Expérimentale du CEA.
Les recherches de Céline Bland
Déterminer une séquence d’ADN est une opération assez simple de nos jours mais déterminer la position des gènes qui le constitue est bien plus délicat et tout aussi important. A 28 ans, Céline Bland cherche à améliorer l’annotation des génomes permettant de prédire la position et la fonction des gènes, car lorsqu’elle se fait de façon automatisée, les taux d’erreur peuvent être considérables.
Pour cela, elle développe des outils de protéogénomique, qui consiste à intégrer au niveau de l’annotation du génome des données collectées sur les protéines. Avec cette méthode, il est donc possible de détecter des gènes hypothétiques non répertoriés. A l’avenir, ses recherches permettront de certifier les bases de données des génomes afin de découvrir de nouveaux produits biotechnologiques et d’importants mécanismes biologiques.
- Son parcours :
Céline Bland a toujours aimé les sciences. Après une première année de classe préparatoire vétérinaire, elle s’est orientée vers la chimie en intégrant l’Ecole Supérieure de Chimie, Physique et Electronique de Lyon. Elle a déjà de nombreuses expériences à l’étranger : elle a passé un an en entreprise au sein d’un laboratoire de chimie en Californie, près de huit mois dans l’Indiana dans une université américaine en partenariat avec son école d’ingénieur et a réalisé son projet de fin d’études en Allemagne. Elle effectue actuellement sa thèse au centre d’études de Marcoule du CEA.
Les recherches d’Aurélie Le François
Si l’énergie solaire est illimitée, le faible rendement et le coût élevé des cellules photovoltaïques constituent des freins au développement optimal de cette source d’énergie. Très chères à produire, les cellules les plus efficaces, faites en silicium, convertissent seulement 30% de l’énergie solaire absorbée. A 25 ans, Aurélie Le François développe un nouveau matériau à base de nano-cristaux semi-conducteurs (NCs), pour créer la nouvelle génération de cellules photovoltaïques.
Ces nano-cristaux sont naturellement entourés de molécules isolantes qui limitent leur capacité énergétique. Ses travaux consistent à trouver des molécules plus conductrices et de remplacer le silicium cristallin, à la fabrication coûteuse, par un nouveau matériau très absorbant et correspondant bien au spectre solaire. L’utilisation de nanocristaux semi-conducteurs (NCs) au sein des cellules photovoltaïques permettrait ainsi de créer des modules flexibles et légers qui récupèrent un maximum d’énergie et constituent une alternative aux cellules solaires existantes.
- Son parcours
Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur en chimie à l’Ecole européenne de Chimie Polymère et Matériaux de Strasbourg (ECPM), Aurélie Le François commence un doctorat au centre CEA de Grenoble.
Les recherches de Françoise Remus
Depuis 1995 et la découverte de la première exoplanète, planète orbitant autour d’une autre étoile que le Soleil, plus de 770 autres ont été observées. Seules cinq potentiellement habitables, c’est-à-dire répondant à un ensemble de critères caractérisant la capacité d’une planète à accueillir la vie, en font partie. L’étude de ces critères requiert une fine compréhension des processus physiques sous-jacents, notamment des phénomènes de marée qui jouent un rôle important dans l’histoire passée et le devenir d’une planète. C’est en convertissant en chaleur l’énergie cinétique liée aux mouvements des composantes d’un système planétaire que la dissipation de marée en modifie les paramètres orbitaux et rotationnels.
A 30 ans, spécialisée en physique stellaire et planétologie, Françoise Remus a fait de ce phénomène de marée dans les systèmes de planètes géantes et les exoplanètes son thème de recherche. Elle s’intéresse en particulier au rôle des noyaux solides des planètes géantes dans la dissipation de marée. Plus généralement, elle a entrepris la construction de modèles tenant compte de la structure et la dynamique internes des corps célestes. Ses recherches représentent un élément indispensable pour savoir à terme si les planètes ont été habitables ou vont l’être.
- Son parcours
Si au début de ses études, Françoise Remus s’est orientée vers les mathématiques pures par goût pour la théorie, ce n’est qu’après avoir assisté à un cours d’ouverture en astrophysique qu’elle a décidé de s’y spécialiser. Après une licence à l’Université Pierre et Marie Curie Paris VI en mathématiques, elle intègre ensuite l’Observatoire de Paris où elle fait un master d’astronomie, astrophysique et ingénierie spatiale.
Les Bourses L’Oréal
Depuis 1998, les Bourses L’Oréal récompensent des femmes scientifiques de talent dans plus de 40 pays pour l’excellence de leurs recherches mais également pour leur engagement auprès des Hommes et de la planète. A travers ce programme, L’Oréal s’engage d’une part à promouvoir et célébrer la cause des Femmes dans leur domaine d’étude mais également à encourager les jeunes filles qui hésitent à s’orienter dans les matières scientifiques, à surmonter les préjugés et clichés parfois encore tenaces.
- Une chercheuse du CEA a reçu le prix Irène Joliot-Curie de la jeune femme scientifique 2007 [06 Décembre 2007]
- Des anneaux planétaires seraient à l'origine des satellites du système solaire [30 Novembre 2012]
- Bernard Bigot est renouvelé au poste de Haut-commissaire à l'énergie atomique [27 Juillet 2006]
- Globules rouges ou cellules immunitaires : un équilibre sous le contrôle de la protéine TIF1gamma [08 Avril 2011]
- Prix de l'Académie des sciences 2009 : 3 chercheurs du CEA récompensés [24 Novembre 2009]