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Envoyer à un ami 7 Décembre 2007

Des satellites de Saturne nous renseignent sur la formation des planètes et des anneaux

 
Les anneaux de Saturne constituent l’une des régions les plus étonnantes du Système Solaire. Au cours des étés 2006 et 2007, les caméras de la sonde américaine CASSINI ont révélé que deux satellites de Saturne, Pan et Atlas, étaient ceinturés à l’équateur d’importants « bourrelets » donnant à ces lunes la forme d’une soucoupe volante.

Une équipe d’astrophysiciens du laboratoire AIM* (CEA, Université Paris Diderot, CNRS), de l’Université de Cornell (Etats-Unis) et du Space Science Institute (Etats-Unis) a réussi à modéliser l’assemblage de ces bourrelets à l’aide de simulations numériques. Ces résultats permettent d’en savoir plus sur l’histoire des anneaux de Saturne et sur les processus fondamentaux à l’œuvre au moment de la formation du système solaire. Ils ont été publiés dans la revue Science du 7 décembre 2007.


 



Animation Pan-Atlas. Droits réservés : F. Durillon



Les « bourrelets » de Pan et d’Atlas sont proprement gigantesques. Ils ont en effet plusieurs kilomètres d’épaisseur, alors que Pan et Atlas ne font que 30 kilomètres de diamètre environ. Si l’on transpose ces excroissances à l’échelle de la Terre, c’est comme si notre plus haute montagne s’élevait à 1000 kilomètres d’altitude et entourait l’intégralité de notre équateur.

 

Une équipe d’astrophysiciens du laboratoire AIM (CEA, Université Paris Diderot, CNRS), de l’Université de Cornell (Etats-Unis) et du Space Science Institute (Etats-Unis) a réussi à modéliser la formation de ces bourrelets à l’aide de simulations numériques réalisées sur des calculateurs du CEA. « Nos simulations ont révélé qu’en un temps très court (quelques années) les particules de glaces des anneaux de Saturne s’empilent à l’équateur des satellites et reproduisent fidèlement l’organisation des excroissances observées, explique Sébastien Charnoz (AIM- Université Paris Diderot). Ainsi, il semblerait que les excroissances sont constituées de particules issues des anneaux, qui s’empilent à la surface des satellites existants dès la formation des anneaux. La preuve en est que le renflement équatorial d’Atlas est constitué d’un matériau très lisse, donc jeune, alors que le pôle est rugueux, cratérisé et donc beaucoup plus vieux ».

Ainsi Pan et Atlas se sont-ils formés en deux phases : ils n’étaient à l’origine que de simples satellites plus ou moins sphériques, orbitant au sein des anneaux primitifs de Saturne. Leur gravité a ensuite attiré le matériau environnant, tombé en pluie sur les zones équatoriales, pour former finalement les grands disques aujourd’hui fossilisés à leur équateur.

 

La modélisation révèle également que des corps de grande taille (d’un diamètre de l’ordre du kilomètre) étaient déjà présents au sein des anneaux au moment même de leur formation. Ils renforcent donc la suspicion, encore non prouvée, que les anneaux de Saturne sont le résultat de la fragmentation d’un corps de grande taille dont Pan et Atlas pourraient être les deux plus gros fragments. « Si l’on compare la taille de Pan et Atlas aux tailles connues des particules des anneaux de Saturne, on obtient une courbe particulière, qui rappelle fortement le résultat d’un processus de fragmentation, poursuit Sébastien Charnoz. Cette conclusion ne constitue pas une preuve définitive mais elle renforce la théorie de la formation des anneaux suite à une fragmentation, déjà proposée dans les années 1970. » Cette théorie est toujours considérée comme l’une des plus prometteuses, bien que l’origine des anneaux de Saturne soit toujours un mystère.

 

Les anneaux de Saturne apparaissent donc comme un véritable système solaire en miniature, dont l’évolution a été stoppée par les effets de marées de l’immense planète. Cette fossilisation nous aide donc à comprendre les processus fondamentaux à l’œuvre au moment de la formation du système solaire.

 

*Laboratoire d’astrophysique des interactions multi-échelle.


Pan et Atlas parlent de Saturne

Anne Decourchell, astrophysicien au CEA. Crédit CEA

Par Sébastien Charnoz, planétologue au CEA – Université Paris 7, dévoile les secrets des anneaux de Saturne et de ses deux satellites Pan et Atlas observés grâce à la sonde CASSINI qui orbite autour de la planète. Les secrets du seigneur des anneaux… [décembre 2007]

 Télécharger le podcast au format MP3 [durée : 22'14]

Saturne, les secrets du seigneur des anneaux

1.   Télécharger le podcast au format MP3 [durée : 24'03]
2.   Télécharger le podcast au format MP3 [durée : 18'11]

Par Sébastien Charnoz, [décembre 2007]

 Ces podcasts sont réalisés en partenariat avec le site "Ciel est Espace radio.fr".

 


 



Gauche : Vue d’artiste : Atlas orbitant devant Saturne © ANIMEA,
Droite : Photo CASSINI d’Atlas. Remarquer le fort renflement équatorial donnant à Atlas sont apparence de « soucoupe volante » © JPL/NASA/SSI

 

 


Le satellite Pan photographié par Cassini (été 2006)
au milieu de la division d’Encke. Le satellite « dépasse »
littéralement au dessus et en dessous des anneaux
car il fait environ 35 kilomètres de diamètre
alors que les anneaux de Saturne ne font que 10 mètres
d’épaisseur environ. © JPL/NASA/SSI

 

 

A voir :
Film d’animation 3D de la formation de Pan et Atlas : http://www-dapnia.cea.fr

 

A consulter :
- Service d’Astrophysique du CEA-Dapnia : http://www-dapnia.cea.fr
- Institut national des sciences de l’Univers (INSU) du CNRS : http://www.insu.cnrs.fr
- Site web de l’équipe d’Imagerie CASSINI : www.ciclops.org
- Page personnelle de Sébastien charnoz : http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr

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