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Climats et décisions (7/9)
Lors de la dernière conférence sur le réchauffement climatique à La Haye, la communauté internationale n'a pas trouvé d'accord sur la stratégie à adopter dans la lutte contre l'émission de gaz à effet de serre. Les climatologues sont pourtant catégoriques : si rien n'est fait, l'augmentation de la température de 1,4°C à 5,8°C prévue d'ici 2100 pourrait avoir de graves conséquences pour la planète.
Mis à jour en septembre 2011
Effet De Serre
- L'homme et l'effet de serre
- Les gaz incriminés dans le réchauffement de la planète
- Creuser pour connaître le passé
- Modeliser pour sonder le futur
- Zones d'ombre sur le cycle du carbone
- Prendre l'air pour comprendre le présent
- Climats et décisions
- Energie nucléaire et effet de serre
- Des pistes utopiques
Réduction des émissions des gaz à effet de serre Mais revenons en 1992, lorsque les États alors réunis à Rio décident de ramener leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) aux niveaux de 1990. Ce premier traité, ne représentant que de simples recommandations, restera sans effet… D'où la décision des membres de l'ONU de fixer « des objectifs quantifiés et légalement contraignants ». C'est ainsi qu'en 1997, les 159 pays présents à Kyoto signent un protocole obligeant 38 pays industrialisés à réduire leur émission de CO2 d'en moyenne 5,2% par rapport à leurs niveaux de 1990, d'ici 2008-2012. Les pays du Sud ne sont pas impliqués dans cet engagement, pour ne pas compromettre leur chance de développement. L'objectif de réduction est proportionnel au taux d'émission initial de chaque pays : 0% pour la France (En raison de son parc électronucléaire.), 21% pour l'Allemagne, 12% pour le Royaume-Uni (au total 8% pour l'Union européenne), 6% pour le Japon et le Canada, 7% pour les États-Unis… Ces derniers, qui produisent à eux seuls un quart des GES mondiaux, ont néanmoins exigé la mise en place d'un « permis d'émission », un dispositif permettant aux pays qui ne remplissent pas leurs objectifs d'acheter aux moins pollueurs le droit d'émettre davantage de GES. Une lutte commune
Car les scientifiques sont pratiquement unanimes : il faut lutter contre l'augmentation de l'effet de serre. Les différents entre pays ont porté sur les moyens à mettre en œuvre : faut-il lutter prioritairement contre les émissions de CO2, ou également contre celles d'autres gaz à effet de serre, comme le méthane ? Les puits de carbone doivent-ils être pris en compte de façon prépondérante ? Certains pays peuvent-ils investir dans les pays en développement pour limiter les émissions de gaz, au détriment d'actions chez eux ? Faut-il favoriser les économies d'énergie ou mettre en place des technologies propres ? Chaque question a fait l'objet d'âpres discussions, pas toujours basées sur des considérations scientifiques. Deux conceptions s'affrontent pour lutter contre l'effet de serre. L'Europe plaide pour une diminution notable des rejets de CO2, avec des mesures contraignantes, en particulier des sanctions financières, pour les pays dépassant leurs quotas. Les États-Unis, rejoints par le Canada et l'Australie, souhaitent la mise en place de régulations plus souples : prise en compte des puits de carbone, par exemple les forêts qui captent le CO2, instauration des permis d'émission. La reforestation est loin d'être une solution
« Les puits de carbone permettent de gagner du temps, de capturer le CO2pendant dix, cinquante voire cent ans. Mais ils ne doivent pas servir à éviter la diminution des rejets de CO2, précise Philippe Ciais, spécialiste du cycle du carbone au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Le problème de l'effet de serre me fait penser à une fuite dans un bateau. Favoriser les puits de carbone revient à pomper l'eau : c'est utile, mais il faut en même temps colmater la brèche, c'est-à-dire dans notre cas réduire nos émissions ». De plus, si les puits de carbone sont trop importants pour être totalement ignorés comme le souhaitent certains Européens, ils sont, par ailleurs, trop transitoires et incertains pour être facilement pris en compte. |



