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PORTRAIT

Erik Huneker, DG de Diabeloop : au service des personnes qui vivent avec un diabète


Après avoir évolué pendant plusieurs années au sein de grands groupes industriels, Erik Huneker a franchi le pas de l’entrepreneuriat en 2015. Non pas par goût du risque. Non pas pour innover juste pour le plaisir d’innover. Mais pour se sentir utile. Une quête qui le mène à Diabeloop, start-up grenobloise à l’origine de la première solution de délivrance automatisée d’insuline en France. Une innovation issue des technologies du CEA qui révolutionne la vie des personnes atteintes de diabète.

Publié le 24 février 2022

Sac à dos sur une épaule et grand sourire aux lèvres, Erik Huneker, directeur général de Diabeloop, fait le tour de l’openspace en arrivant à ses bureaux parisiens. Les salutations sont chaleureuses entre le chef d’entreprise et la petite équipe présente ce jour-là. Une ambiance décontractée et conviviale qui lui ressemble. « En créant Diabeloop en 2015, je voulais travailler dans une ambiance bienveillante où tout le monde peut prendre des initiatives et être autonome. Je crois qu’on a réussi à créer cette énergie positive. Diabeloop est une très belle expérience humaine », s’exclame-t-il.

Transformer la vie des patients diabétiques

Mais pour l’entrepreneur de 45 ans, son plus beau succès est surtout d’avoir réussi à simplifier la vie de milliers de personnes avec un diabète grâce au système d’automatisation et de personnalisation du traitement du diabète de type 1, commercialisé depuis 2021 par l’entreprise. Surnommé « le pancréas artificiel », ce dispositif évite aux patients de calculer plusieurs fois par jour la dose d’insuline nécessaire.

Une révolution thérapeutique qui repose sur un algorithme très complexe développé depuis 2012 par le CEA et l’association CERITD (Centre d’Études et de Recherches pour l’Intensification du Traitement du Diabète). « Depuis le début, la collaboration étroite avec les patients et leurs proches est inscrite dans l’ADN de Diabeloop. Ils font partie intégrante des processus de développement et de la conception de nos technologies », souligne Erik Huneker. Une connaissance de la réalité du diabète présente au sein même de l’équipe de Diabeloop : aujourd’hui un tiers des salariés a un lien personnel avec le diabète, directement ou via un très proche. « Cette connaissance de la maladie et de ses difficultés est primordiale car nous devons créer des dispositifs qui s’adaptent aux personnes vivant avec un diabète et pas l’inverse », insiste le chef d’entreprise.

L’algorithme DBLG1 développé par Diabeloop est hébergé dans un terminal dédié associé à un capteur de glucose en continu et une

L’algorithme DBLG1, développé par Diabeloop, est hébergé dans un terminal dédié associé à un capteur de glucose en continu et une pompe à insuline. © Diabeloop

L’homme de la situation

Pour ce dernier, le diabète est pourtant une grande inconnue quand son amie Maeva Doron, ingénieure - chercheuse au CEA et cheffe du projet Diabeloop lui présente le dispositif en 2014. « A l’époque, notre prototype venait d’être évalué dans 3 hôpitaux français et les premiers résultats étaient très encourageants. Les membres du CERITD, dont son président le Pr. Guillaume Charpentier, voulaient aller plus loin et lancer le produit. Il fallait donc créer une start-up, et pour monter ce projet j’ai pensé à Erik », raconte-t-elle. Tous deux se sont connus sur les bancs de l’Ecole Polytechnique. Un passé qu’Erik Huneker, homme discret, met très peu en avant. « Je ne veux pas que cela me définisse. A mon sens, réussir des concours de mathématiques à 19 ans ne devrait pas être un motif de glorification des décennies plus tard », glisse avec humilité l’enfant d’Epinal qui confie avoir longuement hésité entre des études de médecine et l’école d’ingénieur en sortant du bac.

Un entrepreneur humble et à l’écoute

Ce n’est pas la passion des mathématiques qui lie ces deux ingénieurs depuis plus de 20 ans, mais surtout cette envie d’innover pour le bien des malades. « De mon point de vue, Erik avait toutes les qualités pour y arriver. Il avait déjà monté des projets en partant de zéro. Il est capable de comprendre des problèmes techniquement très compliqués dans le détail tout en ne perdant pas de vue l’objectif principal. Il possède aussi de belles qualités humaines. Il sait être à l’écoute des autres, il est efficace et audacieux », assure Maeva Doron.

VidéoErik Huneker, DG de Diabeloop


Des innovations utiles

Intrigué par le projet, Erik Huneker accepte l’invitation de son amie, et rencontre le Pr. Charpentier. « J’ai très vite accroché au projet et il m’est rapidement apparu que la conception d’un tel produit répondait vraiment à un besoin, et à l’époque il n’y avait pas de produits similaires sur le marché », relate-t-il. C’est aussi pour Erik Huneker, l’opportunité de redonner du sens à sa carrière professionnelle. Après avoir passé plusieurs années dans de grands groupes industriels, comme Pechiney ou encore General Electric Healthcare où il a la charge de la production d’équipement médical à l’international, il cherche un projet qui pourra vraiment changer la vie de centaines de milliers de personnes. « En contribuant à Diabeloop, je sais pourquoi je me lève chaque matin et à quoi je sers », confie-t-il.

Dispositif Diabeloop

Le dispositif de Diabeloop consiste à calculer les besoins en insuline en temps réel et à administrer la bonne dose et au bon moment de façon automatisée. Le patient porte sur lui un capteur de glucose qui mesure en continu son taux de glucose et une pompe à insuline qui délivre l’hormone. © Diabeloop

En 2015, il se lance et créé la start-up avec le Dr. Charpentier, avant d’être rejoint par Marc Julien, en 2016. Et les années qui ont suivi lui ont donné raison d’avoir cru au projet. En 2018, l’entreprise grenobloise franchit l’étape réglementaire du marquage CE, une certification indispensable pour commercialiser leur innovation en Europe. L’année suivante, elle dépose un dossier auprès des autorités sanitaires françaises pour obtenir le remboursement de son dispositif qu’elle obtient en 2021.

Mais Diabeloop ne veut pas s’arrêter là, et souhaite améliorer encore l’algorithme auto-apprenant au cœur de son dispositif. Un travail qu’elle effectue avec le CEA au sein de leur laboratoire commun. De nouveaux essais cliniques seront bientôt lancés, notamment en vue d’adapter le dispositif aux adolescents. « Il nous reste encore tellement de choses à étudier et à faire, c’est vraiment passionnant », conclut, enthousiaste, Erik Huneker.

La mission de Diabeloop : alléger la charge mentale liée au diabète

Vérifier sa glycémie plusieurs fois par jour, calculer et ajuster la dose d’insuline à injecter, compter la part de glucides dans ses repas… Être atteint d’un diabète de type 1 exige une attention de tous les instants. « Le diabète ne prend pas de vacances », comme le résume Erik Huneker. Mais cette gestion quotidienne est source de stress et a de fortes répercussions sur la qualité de vie des personnes vivant avec le diabète.

C’est pour alléger cette charge mentale que Diabeloop a mis au point son dispositif. Ce dernier consiste à calculer les besoins en insuline en temps réel et à administrer la bonne dose et au bon moment de façon automatisée. Concrètement, le patient porte sur lui un capteur de glucose qui mesure en continu son taux de glucose et une pompe à insuline qui délivre l’hormone. Ces deux appareils, sous forme de patch, sont associés à un terminal contenant l’algorithme DBLG1 conçu par Diabeloop. Cette intelligence artificielle analyse alors les données en temps réel et calcule la dose d’insuline à administrer.

Un système qui a fait ses preuves lors d’essais cliniques, et a convaincu les autorités sanitaires françaises. Depuis septembre 2021, le dispositif est remboursé par la Sécurité Sociale. Environ 7 500 malades pourraient en bénéficier, d’après la Haute Autorité de Santé (HAS).
Propos recueillis par Anne-Laure Lebrun

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