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France Biolead, accélérateur de la bioproduction française


L’association France Biolead, fondée par 15 acteurs de la chaine de valeur de la bioproduction en France, dont fait partie le CEA, vient d’être lancée ce mercredi 7 décembre, à Paris. Objectif : faire de la France un leader européen de la production de biomédicaments.


Publié le 7 décembre 2022

L’association France Biolead a été créée dans la continuité du Contrat Stratégique de Filière des Industries et Technologies de Santé, du Grand Défi Biomédicaments et du Plan Innovation en Santé 2030. 

Sa mission : structurer, accompagner, animer et faire rayonner la filière française de bioproduction et la pluralité des acteurs qui la composent afin de :

  • garantir l’accès des biothérapies aux patients et aux professionnels de santé en doublant le nombre de biomédicaments produits en France tout en maitrisant leur coût de production. Comment : en attirant des investisseurs sur un marché en pleine croissance et en développant les implantations de sites de production sur le territoire ; 
  •  faire émerger de futurs acteurs de l’innovation en bioproduction et développer des technologies de rupture visant à lever les verrous technologiques pour gagner en productivité ; 
  •  créer de l’emploi, attirer et former les talents de demain.
Les 15 membres fondateurs de France Biolead, lors de la matinée de lancement de l'association.
Les fondateurs de France Biolead, lors de la matinée de lancement de l'association, mercredi 7 décembre 2022, au Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à Bercy. © France Biolead

Cette mobilisation inédite de toute la filière française de bioproduction, alliant institutions, industries, chercheurs, innovateurs, investisseurs, intégrateurs, équipementiers, va permettre de développer l’excellence du savoir-faire français en bioproduction par des synergies renforcées et le partage d’expériences. L’association France Biolead facilitera ainsi les connexions entre les différents acteurs de la filière, aidera à construire les politiques publiques et les cadres réglementaires efficients, et accompagnera le développement des compétences de la filière sur le long terme.


France Biolead a vocation à devenir un acteur clé, fédérateur et catalyseur des actions menées au plan national en bioproduction afin de renforcer notre souveraineté dans ce domaine stratégique et sécuriser l’accès aux biomédicaments et vaccins pour notre système de santé, les professionnels de santé et les patients. France Biolead devrait jouer un rôle important dans cette chaine de valeur en contribuant à sécuriser l’accès aux derniers traitements aux patients tout en maitrisant leur qualité et leur coût. Ces points sont particulièrement importants aujourd’hui, dans un contexte de crises multiples à la fois sanitaire, énergétique, économique et environnementale. Parmi les actions de France Biolead attendues, figurent la structuration, le pilotage, l’animation de la filière, notamment pour innover mieux et plus vite, accélérer le développement concomitant des biomédicaments et de leurs technologies de fabrication et de contrôle. Le CEA est fier d’être membre fondateur de France Biolead et de s’impliquer dans ses actions. » Nadège Nief, directrice adjointe du département des microtechnologies pour la santé au CEA et membre du conseil d’administration de France Biolead.
France Biolead a une mission claire et structurante : faire de la France un leader européen de la bioproduction de médicaments innovants à horizon 2030. Comment ? En accélérant le développement de l’outil industriel et des innovations technologiques, pour garantir chaque jour aux patients un meilleur accès aux innovations thérapeutiques de demain ». Laurent Lafferrère, Directeur Général de France Biolead.

A quoi servent les biothérapies ?

L’arrivée des biothérapies a, depuis 20 ans, révolutionné les industries de santé et le quotidien des patients. Désormais incontournables, les biomédicaments viennent à la fois compléter l’arsenal des solutions thérapeutiques chimiques mais ouvrent aussi à de nouveaux espoirs : les anticorps monoclonaux soignent désormais des cancers encore incurables il y a quelques années, et les thérapies géniques permettent de réparer nos gènes ou renforcer nos cellules immunitaires avec des actions ciblées et personnalisées.

En 2017, 4 nouveaux médicaments sur 10 étaient des biomédicaments, et d’ici 2024, la part des médicaments biologiques dans le marché global des produits pharmaceutiques devrait passer de 17 à 32 %.1

Caractérisation de cultures cellulaires

Caractérisation de cultures cellulaires. © L. Godart / CEA

Pourquoi faut-il accélérer le développement de la bioproduction française ?

Si la France bénéficie d’une image d’excellence en matière de santé, grâce à ses fleurons de l’industrie et de la recherche, elle accuse d’un retard important en matière de bioproduction. La France importe aujourd’hui plus de 90 % des biomédicaments vendus sur son territoire et la crise sanitaire a mis à jour sa dépendance à la fois industrielle et thérapeutique. Accélérer la bioproduction française est donc un enjeu majeur de souveraineté. A la fois en matière de santé, pour que la France puisse garantir un accès équitable de ces biothérapies à tous les patients. Et dans le domaine industriel, pour gagner en compétitivité.

C’est pourquoi la France investit massivement dans cette filière industrielle de bioproduction, comme annoncé dans le cadre du plan France 2030. Avec notamment un programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR), annoncé le 7 janvier 2022 et co-piloté par l’INSERM et le CEA. La bioproduction nécessite en effet d’intégrer un grand nombre d’actifs et de savoir-faire issus de la recherche fondamentale et appliquée pour produire plus efficacement, en plus grande quantité et à moindre coût des candidats médicaments.

Comment le CEA s’implique-t-il dans France Biolead ?

Acteur majeur de la R&D en santé depuis une trentaine d’années, le CEA maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche fondamentale au transfert industriel. Cet apport académique d’excellence et sa proximité avec les industriels offre au CEA un large panel d’expertises dont il pourra faire bénéficier aux acteurs de la filière française de bioproduction, de la modernisation de l’outil de production à la capacité à faire émerger des solutions de rupture.

Le CEA dispose d’expertises internationalement reconnues en bio-ingénierie et en micro et nanotechnologies et plus largement en technologies innovantes pour la santé, mises à profit depuis plusieurs années dans le domaine de l’optimisation de la production de biomédicaments. Le CEA possède également un savoir-faire reconnu en numérique (microélectronique, intelligence artificielle, cybersécurité, cloud, supercalculateurs…), en chimie et sur les matériaux innovants ou les nouveaux procédés.

Bioimpression en 3D d’une bioencre (mélange d’hydrogel et de cellules) pancréatique.

Bioimpression en 3D d’une bioencre (mélange d’hydrogel et de cellules) pancréatique. © A. Aubert / CEA

Sur quels projets en bioproduction travaille le CEA ?

Le CEA a noué plus de 10 partenariats stratégiques d’envergure en bioproduction ces 5 dernières années. Parmi eux, on trouve notamment :

  • Le projet PSPC CALIPSO, en partenariat avec SANOFI, Capgemini, Centrale Supélec, GPC et Ypso facto. L’objectif du projet CALIPSO est de développer une nouvelle génération d’outils permettant à terme, de révolutionner les méthodes de développement et pilotage de procédés industriels de bioproduction. Ces outils devraient contribuer à augmenter la productivité de certaines étapes de façon significative ;
  • Le projet grand défi SELPhi, avec Servier, Sanofi, Iprasense et l’intégrateur MTInov, dont le but est de développer un outil optique permettant de suivre la viabilité de la cellule à haute densité et même de détecter précocement sa mort cellulaire programmée ; 
  • Le projet Leda (lauréat France 2030 stratégie accélération) avec l’industriel CEVA, visant à développer une nouvelle génération de vaccin vétérinaire à base d’ARN ; 
  • Le projet Grand défi PhaeoMabs combinant les expertises de l'Université de Rouen Normandie, de l'intégrateur du Grand Défi "Biomédicaments" TIBH (INRAE), de l'IFREMER et du CEA, et dont le but est de développer des approches innovantes permettant d'augmenter le rendement de production des anticorps en microalgues.

S’appuyant sur ses compétences en ingénierie cellulaire et tissulaire, le CEA mène des travaux dans le domaine de la thérapie cellulaire ainsi que pour le développement des organoïdes et organes sur puces, technologie de rupture qui trouve ses applications tant dans l’amélioration de la connaissance et de la modélisation des maladies que pour l’optimisation du développement préclinique des médicaments. Ce sont aussi des outils de bioproduction pour la medecine régénératrice du futur (tissulaire/ organes).

Dans le domaine de la thérapie génique, le CEA propose de nouvelles stratégies de traitement des troubles hématopoïétiques et des maladies neurodégénératives en élaborant de nouveaux vecteurs viraux et en améliorant leur efficacité de transduction ou d’accès aux cellules ciblées. C’est ainsi qu’il a notamment contribué au succès de deux essais cliniques visant la correction de la drépanocytose et de la β-thalassémie.

Ces différents travaux sont menés selon une approche translationnelle et bénéficient largement des infrastructures et équipements de pointe dont dispose le CEA, et de sa capacité à associer des expertises pluridisciplinaires et complémentaires selon des approches intégrées. En particulier, à travers la production, le traitement, l’intégration et l’analyse croisée de données massives multi-omiques et d’imagerie, le CEA est en mesure de proposer des solutions innovantes pour la découverte de nouvelles molécules et approches thérapeutiques.

1Extrait du Rapport : travaux de préfiguration de l’Alliance France Bioproduction - 10 juillet 2021.

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