Tuberculose
D'autres laboratoires au CEA sont engagés dans la lutte contre l'antibiorésistance.
Découvrez quelques-uns de leurs travaux :
(Chaîne YouTube CEA Sciences)
Conférence : Quand les antibiotiques ne soignent plus par les chercheurs qui ont mis au point le test bandelette (chaîne YouTube CEA Paris-Saclay)
- Une nouvelle arme pour contrer la résistance aux antibiotiques
- La voie est ouverte pour le développement d'un candidat médicament large spectre contre plusieurs toxines, virus et bactéries pathogènes
- Microbiote intestinal : fonctionnement d'une bactérie vampire
- Un laboratoire commun CEA/NG Biotech engagé dans la lutte contre l'antibiorésistance
- Diagnostiquer la résistance aux antibiotiques grâce à l'intelligence artificielle
Les modèles dans la recherche en biologie santé
Dans le domaine de la biologie-santé, un modèle représente un objet (cellule, organe, organisme) ou un processus (fonctions physiologiques [digestion, respiration, …], évolution d’une maladie, réactions d’un organisme, …) qui remplace l’objet ou le processus original pour l’étudier de façon contrôlée et sans risques pour l’être humain.
Le fonctionnement des êtres vivants est très complexe. Comprendre les pathologies humaines et développer de nouvelles thérapies nécessitent de les explorer à différents niveaux d’organisation : molécule, cellule, organe, individu.
Les études sur les premiers niveaux d’organisation (cellules ou des assemblages de cellules) peuvent être réalisées en dehors de l'organisme, dans des éprouvettes par exemple. C'est la recherche in vitro.
Une partie du fonctionnement d'une cellule ou d'un organe peut être étudiée sur ordinateur (modélisation informatique). On parle alors de recherche in silico.
Pour étudier les processus les plus complexes et reproduire les interactions multiples au sein d'un organisme vivant, l'utilisation des animaux est une pratique scientifique indispensable. Il s'agit alors de la recherche in vivo. Dans le cas des maladies infectieuses par exemple, la complexité d'une infection virale ou de la réponse immunitaire ne peut pas être reproduite par un modèle in vitro ne représentant que partiellement un organisme.
Qu’est-ce qu’un modèle animal ?
C’est une représentation chez l’animal d’un processus biologique normal ou pathologique chez l'humain. La caractérisation de cette représentation, sa capacité à "mimer" le processus chez l'humain et sa pertinence pour le développement de traitements ou de vaccins font l’objet de travaux scientifiques approfondis.
Cette pertinence est fondée, comme pour tout modèle expérimental, sur la similitude chez le modèle et chez l'humain, des mécanismes impliqués dans le processus étudié, depuis la cause jusqu’à l’expression des effets. Les programmes faisant appels aux modèles in vivo font l’objet d’une double validation : celle de comités d’experts scientifiques, et celle des comités d’éthique et du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Il permet de mieux comprendre certaines pathologies humaines difficiles à étudier autrement.
C’est souvent un animal présentant une pathologie comparable à celle observée chez l'humain et apparue de façon naturelle (modèle spontané) ou induite (infection par un virus, intervention chirurgicale, modification d’un gène, utilisation d’un produit chimique).
Il permet aussi de mieux comprendre le fonctionnement des organes sains, en dehors de toute pathologie, préalable nécessaire à une meilleure compréhension des maladies.
Un modèle préclinique fiable pour un diagnostic précoce
Chez les patients atteints de tuberculose, la période d'incubation peut être longue. Le diagnostic est souvent posé tardivement. Un modèle préclinique animal doit permettre d’étudier l'infection, en contrôlant un maximum de paramètres biologiques pour décrypter la réponse précoce de l’organisme et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Les chercheurs d’IDMIT développent un modèle d’étude animal d'infection par le pathogène responsable de la tuberculose, destiné à reproduire fidèlement la pathologie humaine. La maladie, la réponse immunitaire et les mécanismes mis en jeu sont caractérisés par l’analyse approfondie de différents échantillons et suivis par imagerie in vivo dans l'organisme entier.
D'importants efforts, au plan international, cherchent à développer de nouvelles générations de traitements et vaccins. Au niveau européen, le projet ERA4TB (European Regimen Accelerator for Tuberculosis), auquel participe IDMIT, regroupe plus de 50 partenaires académiques et industriels.
Vers de nouvelles générations de traitements
L’objectif du consortium ERA4TB est de concevoir, développer et tester de nouvelles molécules thérapeutiques. Les molécules les plus prometteuses seront évaluées par IDMIT pour sélectionner celles qui auront les meilleures chances d'être efficaces en clinique.
De nombreux paramètres sont étudiés :
- les modes et voies d'infection, pour comprendre pourquoi et comment certaines personnes éliminent spontanément le pathogène et ne développent pas la maladie
- les différentes formes de la maladie, aigües et latentes, pour comprendre pourquoi certaines personnes développent plutôt l'une que l'autre
- les liens éventuels entre la composition du microbiote et la forme de la maladie
- les facteurs de prédisposition génétiques à l'une ou l'autre forme de la maladie, à son développement ou au contraire qui en protègeraient.