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De l'ADN non codant au secours des maladies des globules rouges


Des régions non codantes du génome semblent diminuer la sévérité de deux maladies des globules rouges : la bêta thalassémie et la drépanocytose. Des chercheurs du CEA-IRCM en collaboration avec des laboratoires anglais et néerlandaise sont parvenus à élucider les mécanismes expliquant comment des séquences d'ADN non codant exercent leur action pour améliorer les symptômes des bêta thalassémies et des drépanocytoses. 

Publié le 10 mars 2014

​Les bêta thalassémies et la drépanocytose font partie des troubles héréditaires les plus fréquents touchant les globules rouges. Leurs troubles sont causés par des mutations du gène de la β globine, conduisant à des altérations de l’hémoglobine adulte. De nombreux facteurs peuvent en modifier la gravité, en particulier la capacité de certains patients à produire de l’hémoglobine fœtale normalement maintenue ‘silencieuse’ chez l’adulte. Chez certains individus elle ‘échappe’ à cette répression naturelle sans aucune conséquence sur leur santé. Mais, spécifiquement chez les patients thalassémiques et drépanocytaire, elle produit un effet bénéfique en compensant les défauts d’hémoglobine adulte.

Les régions non codantes du génome, autrefois appelées "ADN poubelle", ont un rôle aujourd'hui reconnu dans la régulation des gènes. Leurs mutations ou variations peuvent ainsi être impliquées dans la survenue ou la sévérité de nombreuses pathologies (diabètes, maladies cardiovasculaires, cancers). Il y a plus de 10 ans, des variants génétiques liés à la production d’hémoglobine fœtale avaient été identifiés chez l’adulte, localisés dans un ‘désert génétique’ non codant du chromosome 6q23, à des dizaines de milliers de paires de bases des gènes les plus proches.

A partir de prélèvements effectués chez des patients thalassémiques, les chercheurs ont combiné l’utilisation de techniques d’analyse de repliement des chromosomes, à des analyses d’ADN à haut débit pour élucider les mécanismes moléculaires expliquant comment les variants non codants exercent leur action et améliorent les symptômes des thalassémies et drépanocytoses.

Les chercheurs ont montré que ces variants, dans un contexte normal, interagissent physiquement avec le gène MYB, distant de plus de 80 000 paires de bases, grâce au repliement des chromosomes.

Or, chez les patients atteints de bêta-thalassémie ou de drépanocytoses et porteurs de ces variants, on constate une diminution des repliements des chromosomes. Les variants accèdent plus difficilement au gène MYB et l'activent moins efficacement. Cette baisse d'expression chez les patients thalassémiques et porteurs de ces variants, conduit à une réactivation des globines foetales saines permettant de reconstituer une hémoglobine fonctionnelle.

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