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L'ISEC lève le voile sur les mystères d'un coeur en fusion


​​​​ ​​​Ce cœur-là ne bat pas… et pourtant il a bel et bien fondu lors de la catastrophe de Fukushima. Le corium est le nom donné à l'amas de combustible nucléaire et de matériaux du réacteur qui se forme lors de la fusion accidentelle du cœur. Un matériau complexe, encore mal connu, mais aujourd'hui étudié de près à l'ISEC. 


Publié le 6 février 2026

​Pourquoi s'y intéresser ? À la demande du gouvernement japonais, les équipes travaillent à trouver des solutions sûres pour l'entreposage des 880 tonnes de corium issues de l'accident de Fukushima.

Un prototype pour s'entraîner en toute sécurité

Faute de pouvoir disposer d'échantillons réels, les chercheurs ont collaboré avec le LEAG de Cadarache (institut IRESNE), qui a fabriqué des prototypes de débris de combustible. Cet « entraînement grandeur nature » permet de mener des investigations approfondies dans des conditions maîtrisées.

L'objectif principal ? Identifier les outils de découpe les plus adaptés pour la récupération du corium. Mais les enjeux ne s'arrêtent pas là.


Protéger les intervenants et l'environnement​

La découpe du corium génère des aérosols et des poussières dont il est indispensable de connaître la nature. Leur composition chimique, radiologique et leur taille conditionnent directement les mesures de protection à mettre en place pour les futurs intervenants, ainsi que les impacts environnementaux potentiels.

La caractérisation des coriums et des aérosols produits lors des essais de découpe est un challenge vis-à-vis de la complexité de ces matériaux hétérogènes et multiphasiques constitués de plus de 25 éléments 

différents, parfois présents en très faibles quantités. Le LMAT de Marcoule a pu les identifier et les quantifier grâce à des protocoles de mise en solution performants et à des analyses de pointe (ICP-MS et AES), réalisées à la fois sur le corium et sur les aérosols.


​Ces aérosols ont également été examinés par microscopie électronique à balayage couplée à la spectrométrie EDS, afin de caractériser leur morphologie et la nature chimique des phases présentes pour adapter les procédés de découpe et les précautions de manipulation.


Prochaine étape : le corium réel

Les équipes attendent l'arrivée à Marcoule d'échantillons de corium réel, prélevés au Japon, à horizon 2040. Leur étude permettra de confronter les résultats obtenus sur prototype à la réalité du terrain, et de franchir une nouvelle étape dans la compréhension et la gestion de ce matériau hors norme.


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