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Clefs CEA n°64 - Les voix de la recherche - Voyage au coeur du big data

Big Data et intelligence économique : entre prudence et opportunité

Du point de vue de l'intelligence économique (IE), les techniques de traitement avancé appliquées à de vastes ensembles de données recèlent autant de risques que d'opportunités. Comment trouver un équilibre entre le volet défensif et le volet concurrentiel de l'IE ? 

Version détaillée de l'article paru dans le numéro de Clefs CEA n°64 - Voyage au coeur du big data. 

Publié le 13 juin 2017

Les enjeux économiques et sécuritaires liés à l'exploitation des données sont considérables. De la sécurité économique à l'influence en passant par la collecte et l'analyse de l'information stratégique, le Big Data fait entrer la maîtrise de l'information stratégique dans une nouvelle dimension. 


Trois aspects à prendre en considération

Sur le plan défensif, les technologies de traitement rendent désormais possible le profilage détaillé de l'activité d'une entreprise ou d'un organisme à travers les données ouvertes. A ce titre, les démarches liées à l'Open Science ou à l'Open Data en général, telles que celles engagées par certains, sont à suivre avec circonspection.

Sur le plan concurrentiel, il faut savoir mettre en œuvre des outils de collecte, d'analyse et de visualisation orientés vers l'écosystème dans lequel on évolue. La maîtrise et la bonne intégration de grandes masses de données, structurées ou non, peuvent permettre aux décideurs d'extraire de la connaissance décisionnelle et de se doter d'un avantage compétitif.

Sur le plan juridique, du traitement des données découlent deux préoccupations : la protection juridique des données traitées et l'usage qui est fait des traitements. D'une part, les données peuvent être personnelles et soumises à règlementation, d'autre part, l'interconnexion de plusieurs fichiers, dont la finalité est différente, doit être étroitement encadrée et ne peut se faire sans réflexion préalable.


Partager ou protéger les informations ?

Aujourd'hui, les données sont omniprésentes au CEA. Au-delà de les stocker et les traiter, il faut donc être capable de les cataloguer, les sécuriser et de prévoir leur évolution dans le temps. En parallèle de la mise en œuvre technique du Big Data, améliorer l'approche méthodologique et renforcer les outils de gouvernance et de gestion de la sécurité est donc nécessaire.

Alors faut-il partager ou protéger les informations ? Ce débat ne peut être tranché de façon simple à l'ère du numérique et de l'intelligence collaborative. L'information prend sa valeur uniquement dans la réactivité de son exploitation et sa diffusion. Le comportement « propriétaire » (conserver l'information pour soi et privilégier son intérêt propre) va généralement à l'encontre de l'intérêt collectif de l'organisation. Il s'agit d'ailleurs d'un des principaux freins qui entrave la démarche de l'IE. La « confidentialité » ne doit pas être un prétexte pour thésauriser l'information.

Néanmoins, les progrès du traitement des données imposent de passer d'une logique séquentielle à une vision globale de la sécurité. C'est moins la sensibilité individuelle de l'information scientifique ou technologique que la connaissance qui peut être déduite de l'analyse d'une somme d'informations, en apparence anodines, qui doit être pris en considération.

​Les contributeurs de l'article

Frédéric Mariotte, Jean-Pierre Chican et Jean-François Profichel (Direction centrale de la sécurité du CEA).



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