Avec plus de 7000 maladies recensées à ce jour, touchant un total de 3 millions de personnes en France, le diagnostic des maladies rares est un enjeu de santé publique majeur. La maladie de Rendu-Osler est une maladie génétique rare dont les symptômes s'aggravent avec l'âge. Les patients souffrent notamment de saignements de nez fréquents et abondants, pouvant nécessiter des transfusions sanguines. La maladie peut également provoquer des malformations entre les veines et les artères dans des organes vitaux (comme le foie, les poumons et le cerveau), qui peuvent se rompre et provoquer des hémorragies. Toutes les mutations génétiques responsables de la maladie ne sont pas encore correctement identifiées, retardant de plusieurs mois le diagnostic et, par conséquent, la prise en charge des patients. Notre étude a pour objectif d'aider les médecins et les laboratoires hospitaliers à poser plus rapidement un diagnostic.
Les chercheurs du
CEA-Irig/Biosanté travaillent en étroite collaboration avec les Hospices Civils de Lyon, centre national de référence pour la maladie de Rendu-Osler. À partir de prélèvements sanguins de patients dont le diagnostic était incertain, des mutations sur un gène (GDF2) ont été détectées, sans que leur lien avec la maladie ne soit clairement établi. Au laboratoire, nous avons reproduit ces mutations, et mis au point un test cellulaire
in vitro dans lequel nous avons testé l'activité biologique des protéines portant ces mutations. Si l'activité est normale alors la mutation est considérée comme bénigne. En revanche, si l'activité est diminuée, cela signifie que la mutation empêche la protéine de fonctionner normalement. La mutation est alors considérée comme pathologique et contribue au développement de la maladie.
© Image générée par BioRender
Figure : Un patient présente une mutation sur un gène dont le lien avec la maladie de Rendu-Osler est incertain. En laboratoire, un test est développé pour analyser cette mutation. Le résultat permet au médecin de poser un diagnostic et de mettre en place le suivi du patient.
Ce test a été transféré aux laboratoires cliniques, qui peuvent désormais déterminer si une mutation est bénigne ou si, lorsqu'elle ne permet pas d'expliquer la maladie, il faut rechercher d'autres mutations (sur d'autres gènes) qui n'auraient pas encore été identifiées.
Tests fonctionnels précédemment développés par l'équipe et transférés aux laboratoires cliniques :
Despas L, Vialet L, Tusseau M, Azemard V, Beurier-Soulat L, Al Tabosh T, Auboiroux C, Parrot A, Blivet S, Le Guillou Horn XM, Lesca G, Dufernez F, Coulet F, Richardot C, Macias M, Giraud S, Guilhem A, Dupuis-Girod S, Bailly S, Desroches-Castan A. Development of a functional assay for the characterisation of SMAD4 variants from the French haemorrhagic hereditary telangiectasia cohort. J Med Genet. 2025 Nov 21;62(12):741-749. doi: 10.1136/jmg-2025-110797. PMID: 40835297; PMCID: PMC12703305. Mallet C, Lamribet K, Giraud S, Dupuis-Girod S, Feige JJ, Bailly S, Tillet E. Functional analysis of endoglin mutations from hereditary hemorrhagic telangiectasia type 1 patients reveals different mechanisms for endoglin loss of function. Hum Mol Genet. 2015 Feb 15;24(4):1142-54. doi: 10.1093/hmg/ddu531. Epub 2014 Oct 13. PMID: 25312062. Ricard N, Bidart M, Mallet C, Lesca G, Giraud S, Prudent R, Feige JJ, Bailly S. Functional analysis of the BMP9 response of ALK1 mutants from HHT2 patients: a diagnostic tool for novel ACVRL1 mutations. Blood. 2010 Sep 2;116(9):1604-12. doi: 10.1182/blood-2010-03-276881. Epub 2010 May 25. PMID: 20501893.
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UMR : Biosanté (CEA-INSERM-UGA).
Financements : Ces travaux ont été financés par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), l'Université de Grenoble-Alpes, le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, DRF/IRIG/DS), la Fondation pour la Recherche médicale (EQU202003010188), l'ANR-21-PMRB-00075 (PAMPERO), ainsi que par le plan national sur les maladies rares du ministère français de la Santé (DGOS) via FAVAMulti (BRAVO).
Collaborations : Hospices Civils de Lyon; . Sorbonne Université, AP-HP Pitié-Salpêtrière; Université Paris Cité, CNRS, Inserm; CHU Lille; CHU Clermont-Ferrand, Hôpital Bicêtre ; Université Paris-Saclay, Hôpital Marie Lannelongue Hospital, Le Plessis-Robin.
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