CABRI est un réacteur de recherche de type piscine qui permet d'étudier le comportement des crayons de combustible et de leur gainage en cas d’accident d’insertion de réactivité suite à une éjection de barres de commande dans un réacteur à eau sous pression (REP). D’une puissance maximale de 25 MW en régime établi, le cœur nourricier de CABRI constitué de 1487 crayons UO2 gainés inox (enrichis à 6 %), est traversé en son centre par la cellule expérimentale de la boucle à eau pressurisée dans laquelle est implanté le dispositif qui contient le crayon d’essai soumis au transitoire de puissance pouvant aller jusqu’à 20 GW (Gigawatt) en quelques millisecondes. Cette injection de réactivité est rendue possible par la dépressurisation rapide de tubes (appelés barres transitoires) remplis d’hélium-3, un gaz qui absorbe les neutrons.
Le programme expérimental CIP (Cabri International Program), piloté par l’ASNR sous l’égide de l’OCDE a été réalisé de 2000 à 2025 et a comporté huit essais dont six essais avec la boucle à eau pressurisée. CABRI est également doté d'une instrumentation permettant de mesurer l’ensemble des paramètres d’intérêt tels que débit, pression, température, etc. L’hodoscope, constitué de 306 voies de comptage de neutrons rapides, fournit en temps réel le profil de puissance du crayon d’essai. Il permet ainsi de mesurer son élongation et de détecter les relocalisations éventuelles du combustible. La caractérisation de l’état du crayon avant et après le pic de puissance se fait par spectrométrie gamma et tomographie X sur le banc IRIS. Le crayon est ensuite expédié au LECA pour des examens destructifs.
Le réacteur CABRI permet également de tester des composants technologiques afin d'étudier leur comportement sous irradiation. Depuis 2026, CABRI se réinvente pour continuer à fournir à la science des résultats d'intrérêt dans le domaine de la sûreté nucléaire.