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À quoi ressemblait la végétation européenne avant l’empreinte massive de l’Homme ?


En comparant trois modèles de végétation dynamique à des données polliniques fossiles, une équipe de recherche menée par le LSCE (CEA, CNRS, UVSQ) apporte un nouvel éclairage sur l'évolution des écosystèmes européens au cours de l'Holocène et sur l'impact croissant des activités humaines sur les paysages.

Publié le 24 juillet 2026

Si l'influence de l'Homme sur le climat depuis la révolution industrielle fait consensus, il existe un débat quant à savoir si l'Homme a commencé à avoir un effet sur le climat plus tôt, via la modification des paysages naturels.  En effet, l'émergence de l'agriculture et de l'élevage durant l'Holocène (époque géologique actuelle qui a débuté il y a environ 11 700 ans) a profondément modifié les paysages. Cependant, cette période est aussi marquée par des changements climatiques majeurs causés entre autres par des variations des paramètres orbitaux de la Terre.  Dans ce contexte, il devient alors difficile de distinguer les effets respectifs du climat et de l'Homme sur l'évolution de la végétation.

Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé trois modèles de végétation dynamique — SEIB-DGVM, ORCHIDEE-DGVM et CARAIB. Ces programmes informatiques simulent l'évolution des écosystèmes en fonction du climat et des conditions environnementales, permettant ainsi de reconstituer la végétation naturelle potentielle en Europe entre 8 500 ans avant notre ère et 1900.
L'utilisation de plusieurs modèles permet de diminuer l'incertitude épistémique et de donner du poids aux résultats obtenus. En comparant cette végétation naturelle avec des données polliniques qui permettent de reconstituer la végétation réelle, on peut évaluer l'influence respective du climat et des activités humaines sur leur évolution.

Les trois modèles utilisés ont été alimentés par les mêmes données climatiques, produites par le modèle climatique iLOVECLIM. Les résultats obtenus ont ensuite été comparés à des reconstructions de la végétation, issues de la base de données TERRANOVA qui s'appuie sur l'analyse de pollens fossiles conservés dans les sédiments.

Les résultats montrent que les trois modèles reproduisent globalement les grands types de végétation observés dans les données polliniques à l'échelle européenne. Cependant, leurs résultats diffèrent largement à l'échelle régionale, particulièrement dans les régions montagneuses et boréales, révélant l'importance de confronter les résultats du plusieurs modèles.

Malgré ces écarts, ils convergent vers un même constat : la correspondance entre les simulations et les données polliniques diminue progressivement avec le temps, indiquant (comme attendu) une augmentation de la pression humaine sur les paysages.




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