Créée en 1986, l'entreprise Lynred figure parmi les leaders mondiaux du développement et de la production de détecteurs infrarouges. Ses dispositifs, qui constituent le cœur des caméras thermiques, sont aujourd'hui employés pour des applications très variées.
« Nous avons progressivement assisté à une diffusion des usages de l'infrarouge », note David Billon Lanfrey, directeur de Stratégie, l'Innovation et la Communication de Lynred. « Il y a quarante ans, notre activité se concentrait essentiellement sur le secteur de la défense. Désormais, nos clients utilisent nos détecteurs pour du contrôle industriel, des systèmes d'aide à la conduite automobile, des équipements de surveillance, des missions d'observation de la Terre, du loisir… »
Une collaboration stratégique portée par trois laboratoires communs
Créé dans le cadre d'un transfert technologique du CEA-Leti, Lynred a toujours entretenu des liens étroits avec l'institut de recherche, qui contribue fortement à sa stratégie d'innovation.
« La détection infrarouge constitue une filière stratégique pour de nombreux pays, comme la Chine ou les États-Unis. Nous sommes donc sur un marché très concurrentiel », affirme David Billon Lanfrey. « Si nous parvenons, face à de tels acteurs, à nous maintenir dans le top 3 mondial, c'est à la faveur de nos collaborations avec l'écosystème de recherche grenoblois, au sein duquel le CEA-Leti joue un rôle prépondérant. »
Ce partenariat au long cours se décline notamment sous la forme de trois laboratoires communs. Le premier, s'intéresse aux détecteurs infrarouges hybridés, ou refroidis. Ceux-ci affichent une longue portée et des performances très élevées, grâce à leurs composants semi-conducteurs – les photodiodes – fonctionnant à basse température – environ -150 °C. Les partenaires R&D cherchent toutefois à réduire les contraintes de refroidissement, notamment à travers les travaux d'un deuxième laboratoire commun. Réunissant également le GIE III-V Lab, cette initiative vise à développer des détecteurs infrarouges à base de semi-conducteurs III-V, dans le but d'augmenter la température de fonctionnement du composant.
Par ailleurs, Lynred et le CEA-Leti travaillent sur la technologie bolomètre, dans le cadre d'un autre laboratoire commun. Ce type de détecteurs, à la portée et aux performances moindres, présente cependant l'avantage d'être moins coûteux à produire, donc plus adapté à des marchés de volume tels que l'industrie automobile ou les drones.
Des salles blanches étendues et plus avancées
Cette collaboration, déjà riche, pourrait s'intensifier dans les prochaines années. En effet, Lynred inaugure ce jour son nouveau site Campus , fruit d'un investissement de 100 millions d'euros. Les locaux pourront accueillir de nouveaux équipements de production grâce au doublement de la surface des salles blanches de l'entreprise. « Un de nos objectifs est de réduire le pas des pixels de nos détecteurs », explique David Billon Lanfrey.
« Or, une telle finesse induit une plus grande sensibilité aux particules. Il nous fallait donc des salles blanches à l'état de l'art, ce que va nous offrir Campus. »
Ainsi, Lynred entend doubler sa capacité de production d'ici à 2030. Et souhaite profiter de cette extension pour consolider ses liens avec le CEA-Leti. « Campus va nous aider à générer davantage d'opportunités de collaboration », prévoit David Billon Lanfrey.
« Grâce aux nouveaux équipements et à l'espace supplémentaire disponible, nous allons pouvoir approfondir notre coopération avec le CEA-Leti..» Une volonté de continuer à travailler ensemble matérialisée par le renouvellement déjà acté de deux laboratoires communs.
* (anciennement Sofradir et Ulis)