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World Energy Outlook 2023 : Ce que prévoit l’Agence internationale de l’énergie


Chaque année, le rapport World Energy Outlook de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) fournit des analyses approfondies et des perspectives stratégiques sur le système énergétique mondial. En cette période de tensions géopolitiques et de fragilité des marchés de l'énergie, l’édition 2023 explore comment les changements structurels des économies et des usages de l'énergie influent sur le monde et sur la manière de répondre à la demande croissante en énergie, et ce dans le contexte d’urgence environnementale. Décryptage des messages clés du rapport notamment sur la place des énergies renouvelables et le rôle du solaire, avec Thibaud Fleury, Responsable marché et valorisation, Solaire PV et Smart Grids.




Publié le 7 décembre 2023
​Le World Energy Outlook est une source d'analyses et de projections qui fait autorité dans le monde de l'énergie. Chaque année depuis 1998, ses données objectives et son analyse impartiale donnent un aperçu critique de l'offre et de la demande mondiale d'énergie dans différents scénarios et des implications pour la sécurité énergétique, les objectifs en matière de changement climatique et le développement économique.

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De ce rapport 2023, nous retenons que :​

​​« La transition énergétique est engagée partout dans le monde et elle est inarrêtable. La question n‘est pas de savoir si elle aura bien lieu, mais ​plutôt à quel horizon ».

  • ​​​​​Des changements majeurs sont en cours : ils devraient considérablement refaçonner le système énergétique mondial d'ici la fin de cette décennie.
  • Malgré cette dynamique, la demande en énergies fossiles reste encore trop importante pour respecter les accords de Paris et limiter la hausse des températures à 1,5°C. Mais les pistes pour y parvenir sont identifiées et les solutions existent. De plus, il est vraisemblable que les trois sources d’énergie fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz vont atteindre leur pic de production d’ici à 2030, ce qui montre que le point d’inflexion tant attendu est en train de se produire.​ 
  • L'électrification de l’énergie est un des piliers de la transition énergétique.

A cet égard, le photovoltaïque à lui seul ne peut pas mettre le monde sur la voie de la réalisation de ses objectifs climatiques car c’est bien un ensemble de technologies qui nous permettront d’y parvenir, mais, plus que toute autre technologie propre, le photovoltaïque va jouer un rôle majeur comme source d’électricité renouvelable et bas carbone dans le mix énergétique mondial. Pour ce qui concerne la production d’électricité renouvelable, l’éolien jouera également un rôle important et complémentaire.
Enfin, le rapport insiste sur l’essor déterminant des véhicules électriques, des pompes à chaleur et des solutions d’efficacité énergétique ainsi que des carburants de synthèse comme technologies propres structurantes pour atteindre les objectifs de décarbonation.


Plusieurs scénarios, les énergies renouvelables en commun


  •  L’AIE propose trois scénarios, le moins ambitieux d’un point de vue environnemental étant le scénario de référence STEP dont la trajectoire nous amènerait à l’horizon 2100 à une hausse de 2,4°C par rapport aux niveaux avant l’industrialisation de notre économie. Leur scénario le plus ambitieux est le NZE (pour Net Zero Emission), seul capable de limiter cette hausse des températures à 1,5°C moyennant une neutralité carbone de l’énergie atteinte d’ici 2050.

  • Même dans le scenario STEP, les énergies renouvelables devraient continuer de représenter au moins 80 % des nouvelles capacités de production d’électricité installées chaque année jusqu’en 2030. Le solaire photovoltaïque représenterait à lui seul plus de 50 % de ces nouvelles capacités, poussé par une multiplication à court-terme des capacités de production à l’échelle mondiale et une compétitivité croissante de ce mode de production électrique. 

  • L’AIE prévoit une capacité de production industrielle photovoltaïque de 1 262GW au niveau mondial à l’horizon 2030 dont plus de 80 % en Chine, pour un marché en 2030 estimé entre 500GW (STEP) et 820GW (NZE). Ceci induirait une surcapacité de production importante, ou autrement dit un taux d’utilisation de ces moyens de production situé entre 40 % et 70 %. C’est une réelle opportunité de croissance du marché solaire photovoltaïque, encore plus élevée si ces capacités étaient d’avantage exploitées.

  • La forte concentration asiatique des moyens de production suppose un besoin d’importation important à court et moyen terme, notamment pour le marché Européen. Les nouveaux projets de production visent à réduire cette dépendance à l’import et constituent un enjeu important de souveraineté. Rien qu’en Europe, l’AIE prévoit que 70 % des nouvelles capacités PV installées en 2030 proviendraient d’importation.

  • Dans tous les scenarios, le marché photovoltaïque poursuit une croissance massive et nécessitera d’importants moyens d’intégration et de pilotage au niveau des réseaux électriques (Energy Management Systems, stockage, Demand Side Management), surtout dans les économies émergentes disposant de réseaux électriques moins robustes. 

Ce sont autant de technologies sur lesquelles nous travaillons au CEA-Liten. Notre mission consiste à améliorer leur maturité et leur compétitivité, et à faciliter leur transfert industriel.

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