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Article dossier jeunes | L'énergie | La production d'énergie

Energie et environnement (4/5)

Mis à jour le septembre 2007

LA QUESTION DES RÉSERVES

 

Toutes les énergies s'épuisent, mis à part les énergies dites "renouvelables". La question des réserves se pose en priorité pour les énergies fossiles, compte tenu des quantités importantes consommées par les hommes. Cependant les estimations des réserves mondiales d'énergie varient en fonction des découvertes, de l'évolution des techniques et de l'économie qui rend plus ou moins rentable l'exploitation des gisements.



Ainsi concernant le pétrole, les réserves sont estimées à près de 140 milliards de tonnes ce qui représente, au rythme actuel de production, plus de 40 années de réserves. Ces données, relatives aux réserves prouvées, représentent la quantité d'hydrocarburesComposés organiques constitués de carbone et d'hydrogène. Les hydrocarbures sont utilisés notamment comme carburant ou combustible (ex. pétrole, gaz). que l'on estime pouvoir récupérer avec une certitude raisonnable dans les conditions économiques et technologiques existantes. Cette estimation est donc continuellement réévaluée en fonction des nouvelles découvertes et de l'amélioration des techniques d'extraction.



Pour le gaz naturel, 70 ans de consommation mondiale au rythme actuel sont d'ores et déjà comptabilisés. Et 200 ans de consommation sont prévus grâce à des gisements aujourd'hui identifiés, mais qui ne pourront être exploités que si les coûts sont rendus économiquement admissibles par les progrès technologiques. De 1970 à 2000, les réserves mondiales de gaz ont été multipliées par 4 pour atteindre 158 000 milliards de m3 au 1er janvier 2001. Actuellement, les réserves totales prouvées de gaz naturel dans le monde sont situées pour 34% au Moyen-Orient et pour 36% en Europe Orientale et en Russie (chiffres 1999).



Le charbon, quant à lui, est le combustible fossile qui a les réserves les plus importantes. On estime qu'elles sont de l'ordre de 509,5 milliards de tonnes. Ces réserves concernent le charbon qualifié d'anthracite et le bitumeux. La majeure partie de ces réserves est localisée aux Etats-Unis (21,9%), en Inde (14,3%), en Chine, (12,2%) et en Australie (9,3%). Au rythme actuel d'extraction et sans nouvelles découvertes, l'industrie charbonnière a encore 230 ans d'activité en perspective.



Enfin, les ressources conventionnelles en uranium connues aujourd'hui, incluant celles raisonnablement accessibles, sont supérieures à 4 millions de tonnes d'uranium. Si l'on considère les besoins actuels pour le parc électronucléaire mondial - qui consomme annuellement environ 50 000 tonnes d'uranium naturel - les ressources conventionnelles représentent environ 50 ans d'approvisionnement. L'ajout des ressources additionnelles estimées conduit à un total supérieur à 6,3 millions de tonnes ce qui repousse encore la perspective d'épuisement, même dans l'hypothèse d'une demande en continuelle croissance et sans tenir compte de la mise au point de nouveaux combustibles encore plus performants ainsi que de nouveaux réacteurs.

L'analyse détaillée des ressources en uranium montre une bonne répartition entre pays producteurs et zones géographiques avec en particulier un risque géopolitique faible pour deux des trois pays recelant les ressources les plus importantes (Australie et Canada). L'estimation des ressources - dites spéculées - repose principalement sur les relevés géologiques effectués avec les techniques d'exploration actuelles, et leurs extrapolations. Elle chiffre à plus de 10,5 millions de tonnes ces réserves.

 

 
cliquez pour agrandir Les réserves d'énergie
dans le temps
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Réserves mondiales
d'énergies fossiles
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Réserves mondiales d'uranium

LA QUESTION DE L'IMPACT

 

Toutes les énergies ont un impact environnemental. Ainsi, pétrole, gaz, charbon, nucléaire, génèrent des pollutions tout comme les énergies renouvelables, même si leur impact est limité.



Les combustibles fossiles

Le principal inconvénient de l'utilisation des énergies fossiles est qu'elles produisent du dioxyde de carbone (CO²). Gaz à effet de serreGaz présent dans l'atmosphère, empêchant une partie de l'énergie solaire reçue par la Terre de repartir dans l'espace, ce qui permet de maintenir une température moyenne de 15°C autour de la planète. Depuis le début de l'ère industrielle, l'émission de ces gaz a augmenté dans l'atmosphère et pourrait, selon les experts internationaux, conduire à un réchauffement planétaire de 1,4°C à 5,8°C d'ici 2100., le CO² est en effet un des principaux éléments responsable des pollutions acidesFormes de pollutions atmosphériques (pluie, neige, brouillard) dues à la combustion des énergies fossiles qui provoquent l'augmentation de dioxyde de soufre et de dioxyde d'azote. Les précipitations, naturellement acides en raison du dioxyde de carbone, provoquent des pollutions néfastes à l'environnement et à la santé quand l'acidité devient trop importante.. A lui seul, le dioxyde de carbone a entraîné plus de 50% de l'augmentation de l'ensemble des gaz à effet de serre. Son impact environnemental s'inscrit dans le long terme, sa durée de vie dans l'atmosphère étant de plusieurs siècles. Par ailleurs, le CO² n'est pas le seul gaz à effet de serre généré par les énergies fossiles. On peut citer le méthane, produit lors de l'exploitation des gisements de gaz naturel et des mines de charbon.

Enfin, les énergies fossiles émettent aussi du dioxyde de soufre et de l'oxyde d'azote, éléments responsables notamment des pollutions acides.



L'énergie nucléaire


Le principal inconvénient, pour l'environnement, de l'énergie nucléaire est la production de déchets radioactifsOn appelle déchet radioactif toute matière radioactive qui ne peut plus être ni recyclé ni réutilisée. Les déchets nucléaires n'ont pas tous la même origine, ni la même nature. Il peut s'agir d'éléments radioactifs provenant du milieu médical ou de matériaux mis au contact d'éléments radioactifs..

Or, bien que la quantité de déchets nucléaires soit nettement moins importante que celle des autres types de déchets (moins de 1kg par habitant et par an, contre 800kg de déchets industriels et 2200kg de déchets ménagers par habitant et par an), leur dangerosité a fait que l'industrie nucléaire française s'est très tôt souciée de leur devenir selon des critères techniques, économiques et environnementaux, et des décisions politiques ont été prises. Ainsi, aujourd'hui, en France, les déchets de différentes natures sont séparés des matières énergétiquesMatières pouvant produire de l'énergie. Dans le cas du traitement, il s'agit de l'uranium et du plutonium. par retraitement et font l'objet d'un confinementDispositif de protection qui consiste à contenir les produits radioactifs à l'intérieur d'un périmètre déterminé fermé. et d'un entreposage qui garantissent l'absence de tout impact sur l'environnement.

La stratégie de traitementOpération qui s'applique aux combustibles nucléaires usés issus des centrales nucléaires. Le traitement permet de récupérer les matières énergétiques non consommées (uranium et plutonium) de manière à les réutiliser.-recyclage choisie par la France permet d'extraire des combustibles usés environ 96% de matières énergétiques réutilisables, dont 95% d'uranium et 1% de plutonium (soit un potentiel énergétique important), les 4% de déchets ultimesSe dit des déchets radioactifs pour lesquels on ne peut pratiquer de traitement (les solutions techniques n'existant pas). Ils s'agit principalement d'actinides mineurs et de produits de fission. étant composés de produits de fissionProduits issus de la fission des atomes d'uranium et de plutonium (ex. césium, strontium, iode, xénon...). Radioactifs pour la plupart, ils se transforment eux-mêmes en d'autres éléments. Ceux qui ne se désintègrent pas rapidement constituent une part des déchets radioactifs. et d'actinides mineursNoyaux lourds formés dans un réacteur par capture successive de neutrons à partir des noyaux du combustible. Ces isotopes à vie longue sont principalement le neptunium (237), l'américium (241, 243) et le curium (243, 244, 245)..

Par ailleurs, 90% des déchets radioactifs sont peu ou moyennement radioactifs et deviennent inoffensifs en moins de 300 ans. Le choix de leur mode de gestion a été fait il y a déjà plusieurs années par la mise en place, à l'échelle industrielle, de centres de stockage de surface gérés par l'AndraAgence national pour la gestion des déchets radioactifs.
Organisme public de recherche.
. Pour les 10% restants, responsables de 95% de la radiotoxicitéToxicité due aux rayonnements émis par un élément radioactif. totale, et constitués notamment des déchets issus du traitement du combustible usé, le choix d'un mode de gestion industriel n'a pas encore été arrêté.

La situation actuelle qui consiste à les entreposer dans des conditions de sûreté et de contrôle très strictes s'avère tout à fait satisfaisante sur plusieurs décennies. Mais compte tenu de leur radioactivitéPropriété que possèdent certains éléments naturels ou artificiels d'émettre spontanément des rayonnements alpha, bêta et/ou un rayonnement gamma. Est plus généralement désignée sous ce terme l'émission de rayonnements accompagnant la désintégration d'un noyau instable ou le phénomène de fission. importante qui peut perdurer sur des milliers d'années, il convient de trouver un mode de gestion à long terme qui leur soit adapté.

Les possibilités dans ce domaine ne manquent pas mais afin que le meilleur choix soit retenu, une loi promulguée en 1991 a demandé aux acteurs du nucléaire d'examiner et d'approfondir les solutions déjà existantes et d'explorer d'autres voies. L'objectif étant de proposer en 2006 de solutions viables à la fois sur le plan technique, économique et environnemental.

 

 
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