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L'énergie nucléaire en France (1/2)

Grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d'indépendance énergétique proche de 50%, lui garantissant une grande stabilité d'approvisionnement. Le nucléaire est une énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre.
Retrouvez dans ce dossier un point sur "l'énergie nucléaire en France", qui synthétise les éléments sur cette énergie, et notre questions/réponses, reprenant des questions souvent posées à nos chercheurs.

Mis à jour le août 2011

Questions sur le nucléaire

"En France, 78% de l'électricité est d'origine nucléaire. C'est l'une des plus compétitives d'Europe."
 
 

Grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d'indépendance énergétique proche de 50%, lui garantissant une grande stabilité d'approvisionnement.

Le nucléaire est une énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre. Dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, phénomène désormais bien compris des scientifiques, et défini comme inéluctable, il apparaît indispensable d'utiliser des modes de production d'énergie qui n'agissent pas sur ce réchauffement, afin de ne pas l'aggraver encore. Le nucléaire a sans aucun doute, aux côtés d'autres énergies, comme les énergies renouvelables, un rôle important à jouer pour contribuer à préserver l'environnement.

Si l'industrie nucléaire produit des déchets, dangereux en raison des rayonnements qu'ils émettent, ce problème, qu'il faut gérer, ne constitue pas pour autant une difficulté insurmontable et un danger inéluctable, à la différence du changement climatique. Les déchets produits occupent un faible volume et peuvent être gérés de manière sûre. 90% des déchets radioactifs produits en France disposent d'ores et déjà d'un mode de gestion industriel. Les recherches en cours ont pour objectif d'éclairer les choix sur le mode de gestion futur des déchets à vie longue, qui représentent 10% de la production annuelle des déchets radioactifs..

crédit : Photodisc
78% de l'électricité est d'origine nucléaire
en France
"Du point de vue de la sécurité d'approvisionnement et de l'indépendance énergétique"
 
  Grâce à son parc de réacteurs nucléaires d'une puissance installée de 63200 mégawatts, la France assure 78% de sa production d'électricité, ce qui lui permet d'atteindre un taux d'indépendance énergétique voisin de 50%.
La France n'est donc plus obligée d'importer des quantités massives de combustibles fossiles pour produire son électricité.
Le nucléaire ne connaît pas les mêmes contraintes que le pétrole ou le gaz.
      • Ses réserves sont plus importantes (250 années de consommation en réserve avec les systèmes utilisés actuellement et plusieurs milliers d'années avec les réacteurs de quatrième génération, surgénérateurs), et leur disponibilité n'est pas soumise aux mêmes aléas géopolitiques.
      • L'uranium se situe en effet dans des régions du monde très diversifiées : Canada, Afrique, Australie, Asie centrale. En outre, le groupe français Areva est associé à la propriété et à l'exploitation d'importants gisements d'uranium dans ces régions.
      • Le prix de l'uranium, peu élevé, n'intervient que pour environ 5% dans le coût total de production du KWH électrique (contrairement aux combustibles fossiles qui représentent de 50 à 70% de coût). Le coût de production de l'électricité nucléaire est donc très stable.
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"Du point de vue de l'environnement"
 
 

Depuis 1970, en France, 50% des émissions de CO2 ont été évitées grâce au recours à l'énergie nucléaire.
Le nucléaire permet d'éviter chaque année l'émission de 700 millions de tonnes de CO2 ( émissions égales à celles que produiraient 200 millions de voitures) en Europe de l'ouest, dont 360 millions en France.
Un Français émet en en moyenne 1,8 fois moins de CO2 qu'un Allemand et 2,9 moins qu'un Américain. En France, la production d'électricité, à 78% nucléaire et à 14% d'origine renouvelable (essentiellement hydraulique), n'est ainsi à l'origine que de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre, contre 40% au niveau mondial.
L'arrêt du nucléaire entraînerait une augmentation de 12% de la production de CO2.
Concernant la question des déchets nucléaires, près de 90% de ceux produits en France disposent d'ores et déjà d'une solution industrielle fiable et sûre. Ils sont stockés en surface dans deux centres de stockage gérés par l'Andra, dans la Manche et dans l'Aube. Pour les 10% restants, le CEA, aux côtés d'autres organismes et institutions, est pleinement engagé dans un processus de recherche, encadré par la loi du 30 décembre 1991 : il étudie et développe des solutions techniques, efficaces et sûres pour la gestion des déchets radioactifs : réduire leur quantité et leur nocivité, les conditionner, les entreposer ou les stocker en profondeur. Ces solutions existent, mais il importe de les amener à un niveau de maturité scientifique et technique suffisant, tout en intégrant le volet économique, pour offrir le choix de modes de gestion des déchets le plus complet. En 2006, un débat aura lieu au parlement pour décider, au vu des résultats de recherche obtenus, quelle solution définitive doit être adoptée.

Andra : Crédit : Films R.Leenhardt/Andra
Vue aérienne du centre Andra de l'Aube
"Du point de vue économique"

 

 

L'électricité produite en France est actuellement l'une des plus compétitives d'Europe. Pour un fonctionnement en base, le nucléaire, avec un coût de production de 28,4 euros par mégawattheure TTC, apparaît plus compétitif que le gaz (35 euros/MWh TTC) et le charbon (32 à 33,7 euros/MWh TTC). (source : étude publiée fin 2003 par la DGEMP)
Ces résultats intègrent la totalité des coûts présents et futurs pour la filière nucléaire, c'est-à-dire la recherche-développement, le traitement des combustibles usés, le démantèlement des installations et la gestion des déchets.
Cette compétitivité s'accroît si l'on tient compte des coûts induits par la limitation des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient représenter entre 1,5 et 15 euros/MWh pour le gaz et la charbon (selon les hypothèses faites sur le coût de la tonne de CO2).
En outre, le coût du nucléaire est stable, car peu dépendant des cours de l'uranium, tandis que le coût du kWh d'origine gazière est fortement lié au prix du gaz dont l'augmentation, à terme, est à craindre, en raison de la forte croissance attendue de la demande.

DGEMP :
Direction Générale de l'Énergie et des Matières Premières.
>> Site Web
"Le contexte énergétique"

 

 

Le contexte énergétique requiert aujourd'hui des adaptations indispensables aux nouvelles réalités socio-économiques internationales. La croissance de la population mondiale qui doit passer de 6 milliards, en ce début de siècle, à près de 8 milliards d'individus dans les années 2020, pèsera fortement sur la demande mondiale en énergie et en électricité. Cette croissance sera surtout marquée dans les pays émergents (Chine, Inde...) dans lesquels la population se regroupe dans des grandes villes. Il faudra donc recourir à des moyens de production d'électricité très concentrés.

Au cours du XXIème siècle devrait s'opérer un rééquilibrage des énergies dans le monde sous l'effet combiné de la baisse attendue des réserves en hydrocarbures, du besoin de tous à pouvoir accéder à une énergie économique - garantie du développement - et de l'attention croissante portée à la protection de l'environnement. L'énergie nucléaire devrait trouver sa place dans ce rééquilibrage: son combustible (l'uranium) ne connaît pas les mêmes contraintes que le pétrole ou le gaz. Ses réserves sont plus importantes et leur disponibilité n'est pas soumise aux mêmes aléas géopolitiques. Elle ne contribue pas au réchauffement climatique comme le charbon, le pétrole et le gaz, qui sont les principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Les déchets qu'elle produit sont gérés avec les meilleures technologies disponibles aujourd'hui et des solutions techniques existent pour compléter le dispositif actuel, dont la mise en oeuvre pourra être décidée dans les toutes prochaines années.

Les recherches menées au CEA sur de nouveaux concepts de réacteurs devraient permettre de proposer une énergie nucléaire encore plus compétitive économiquement, plus sûre, produisant moins de déchets radioactifs et répondant à d'autres besoins que la fourniture d'électricité.


crédit : CEA-Talents n°54
Le contexte énergétique
© CEA - Talents n°54