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Article dossier jeunes | Les déchets radioactifs | Le cycle du combustible

Les déchets nucléaires (4/4)

Mis à jour le novembre 2007

« Au bout de 300 ans, 90 % des déchets ont perdu leur radioactivité »
Schéma des trois catégories de déchets radioactifs.
Conditionnement des déchets dans une matrice en béton. © CEA
Conditionnement des déchets dans une matrice en béton. © CEA
Période radioactive
Période radioactive d’un radioélément : temps au bout duquel la moitié des atomes de ce radioélément initialement présents
a disparu par désintégration.
Conditionnement des déchets dans une matrice en béton. © CEA
Conditionnement des déchets dans une matrice en béton. © CEA
« En 2006, le parlement français se prononcera sur le mode de gestion définitif des déchets nucléaires à vie longue. »

LA PRODUCTION DE DÉCHETS NUCLÉAIRES EN FRANCE

Toute activité humaine génère des déchets. La croissance démographique et industrielle s’accompagne d’un accroissement du volume de déchets à traiter, conditionner, recycler ou stocker lorsque le recyclage n’est pas possible.
L’industrie nucléaire n’échappe pas à la règle. Cependant, ces déchets ne constituent qu’une part minime des déchets produits par la société. À titre de comparaison, la quantité annuelle de déchets industriels produits en France, par habitant, est de 2 500 kg (dont 100 kg de déchets toxiques) contre 1 kg environ de déchets nucléaires. Dans ce kilo, seuls 10 g sont des déchets de haute activité. La quantité n’est cependant pas le seul aspect à prendre en compte ; la toxicité est aussi très importante. C’est pourquoi les recherches sur le traitement et le stockage de ces déchets font l’objet de nombreuses études.
Les déchets nucléaires sont produits à toutes les étapes du cycle du combustible nucléaire : extraction minière, enrichissement de l’uranium, fabrication des assemblages, exploitation des réacteurs, retraitement. Ils sont aussi engendrés lors du démantèlement des installations nucléaires. S’y ajoutent les déchets radioactifs produits par les centres de recherche (CEA…), ainsi que les industries et hôpitaux utilisant des éléments radioactifs.

LE TRI ET LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFS

Tous les déchets radioactifs n’étant pas identiques, ils sont classés selon deux critères en vue de leur stockage :

• leur niveau d’activité, c’est-à-dire l’intensité du rayonnement, qui conditionne l’importance des protections à utiliser contre la radioactivité ;
• leur période radioactive, qui permet de définir la durée de leur nuisance potentielle.
On distingue ainsi les déchets selon leur durée de vie et leur activité.
Les déchets à vie courte, de faible et moyenne activité. Ils représentent 90 % des déchets radioactifs produits en France. Au bout de 300 ans, ces déchets ont perdu presque toute leur activité (Voir dossier pédagogique La radioactivité). Ils sont compactés dans des fûts en acier ou en béton qui sont stockés dans des centres de stockage de surface. Il en existe deux en France, à La Hague (Manche) et à Soulaines (Aube). Leur gestion est assurée par l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).
Les déchets à vie longue et/ou de haute activité (10 % du volume total). Leur décroissance radioactive s’étend sur plusieurs milliers voire centaines de milliers d’années. Ils sont coulés dans du bitume ou du verre. En France, leur devenir fait l’objet d’une loi votée en 1991. L’une des options envisagées est le stockage en formation géologique profonde. Elle sera étudiée grâce à la réalisation de deux laboratoires souterrains. Les autres options sont leur transformation, en réacteur nucléaire, en déchets radioactifs à vie plus courte (cette opération s’appelle la transmutation), mais également l’étude des procédés de conditionnement et l’entreposage de longue durée en surface ou en subsurface (à quelques dizaines de mètres sous terre). En attendant une décision finale, ils sont entreposés en surface à La Hague et à Marcoule.

LA RECHERCHE SUR LES DÉCHETS À VIE LONGUE

La réduction du volume et de l’activité des déchets solides et liquides est au premier rang des objectifs de recherche et développement qui comprennent :

la recherche, effectuée au CEA, de solutions permettant la séparation et la transmutation des éléments radioactifs à vie longue présents dans ces déchets ;
l’étude, au CEA, de procédés de conditionnement et d’entreposage de longue durée en surface ou en subsurface ;
l’étude des possibilités de stockage réversible ou irréversible dans les formations géologiques profondes, notamment grâce à la réalisation de laboratoires souterrains, effectuée par l’Andra. La protection de l’homme et de son environnement est une composante majeure des travaux des chercheurs et ingénieurs du CEA, qui apportent un soin particulier à la mise au point de procédés et technologies visant à diminuer sans cesse les risques liés à la radioactivité. Au quotidien, une même attention vise la gestion des déchets liés à leurs propres activités de recherche.