Le projet TRIGLITEP pour Développement de ligands TEP ciblant les cellules gliales : approche par tri cellulaire immunomagnétique, s'attache à lever un verrou majeur de l'imagerie cérébrale : la validation biologique des biomarqueurs de la neuroinflammation.
La neuroinflammation, commune à de nombreuses pathologies du système nerveux, implique un dialogue complexe entre cellules microgliales et astrocytes. L'imagerie par tomographie à émission de positons (TEP) permet de visualiser ces phénomènes à l'aide de radiotraceurs, mais les marqueurs disponibles jusqu'ici – tels que ceux ciblant la protéine TSPO – ne distinguent pas les différents types de cellules gliales ni leurs états d'activation.
Le projet TRIGLITEP vise en parallèle du développement et de la validation standard de nouveaux radioligands TEP capables de cibler sélectivement les microglies ou les astrocytes, à développer des approches qui permettent de mieux comprendre la biologie sous-jacente de la cible. Une de ces approches vise à identifier la spécificité cellulaire de ces nouvelles cibles. Pour cela, les équipes du CEA explorent plusieurs approches originales, comme la corrélation entre la fixation du radioligand et l'expression cellulaire de la cible (par RNAscope), ou la mesure de la fixation du marqueur au niveau cellulaire par tri cellulaire du cerveau basé sur l'immunomagnétisme. Cette méthode permet de relier directement les signaux observés en imagerie TEP à la réalité biologique des cellules cibles, mais elle nécessite des radioligands qui passent la barrière hématoencéphalique, marqués au fluor-18, dont la demi-vie plus longue rend possible ces analyses ex vivo. Les premiers composés développés par BioMaps ciblent le récepteur purinergique P2RY12, spécifique des microglies. En parallèle, le LMN met en œuvre ses modèles animaux dans lesquels la cible est surexprimée à l'aide d'un vecteur viral pour évaluer la spécificité et la pertinence biologique de ces nouveaux biomarqueurs.
En combinant radiochimie, neurobiologie et imagerie, TRIGLITEP illustre la dynamique interdisciplinaire soutenue par la labellisation PRIME du CNRS. Cette collaboration entre BioMaps et le LMN du Département MIRCen contribue à l'émergence d'une nouvelle génération de marqueurs TEP plus précis, ouvrant la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de la neuroinflammation qui sont fortement impliqués dans les maladies neurodégénératives et d'autres affections neurologiques.
Contact : Nadja Van Camp