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Vaccination maternelle et immunité néonatale : mécanismes et enjeux pour la protection du nouveau-né


​Une revue, coordonnée au sein du programme d'immunologie pédiatrique (PIP) du Département IDMIT, fait le point sur les mécanismes de transfert de l'immunité maternelle vers le nouveau-né et sur l'impact de la vaccination pendant la grossesse. Elle met en lumière les déterminants biologiques, les bénéfices cliniques et les limites de cette stratégie pour protéger les nourrissons durant les premiers mois de vie. Cette revue a été publiée dans Vaccine en février 2026.

Publié le 21 mai 2026

Les nouveau-nés présentent une immunité immature, caractérisée par une réponse orientée vers la tolérance et une capacité limitée à générer des réponses effectrices robustes, les rendant particulièrement vulnérables aux infectio​ns. Dans ce contexte, l'immunité maternelle joue un rôle central en assurant une protection précoce, notamment via le transfert transplacentaire d'anticorps IgG et l'apport de facteurs immunitaires par le lait maternel.

Cette revue décrit en détail les mécanismes qui régissent ce transfert, en particulier le rôle clé du récepteur FcRn dans le passage des IgG à travers le placenta. L'efficacité de ce transfert dépend de nombreux facteurs maternels, placentaires et fœtaux, tels que la structure placentaire, les sous-classes d'IgG, leur glycosylation ou encore certaines pathologies maternelles.



Au-delà des anticorps, d'autres composantes de l'immunité maternelle participent à la protection du nouveau-né, notamment le microchimérisme maternel et le transfert de cellules et de médiateurs immunitaires via le lait maternel, contribuant au développement du système immunitaire du nourrisson.​

La vaccination pendant la grossesse apparaît comme une stratégie efficace pour renforcer cette protection. Elle permet d'augmenter le transfert d'anticorps spécifiques vers le fœtus et de protéger à la fois la mère et l'enfant durant les premiers mois de vie. Les anticorps maternels exercent leurs effets via des mécanismes multiples, incluant la neutralisation des pathogènes mais aussi des fonctions effectrices dépendantes du fragment Fc.


Cependant, cette stratégie présente certaines limites : les anticorps maternels peuvent interférer transitoirement avec la réponse vaccinale du nourrisson, un phénomène appelé « blunting effect », sans pour autant remettre en cause le bénéfice global de la vaccination maternelle.

Ainsi, la vaccination maternelle constitue aujourd'hui un levier majeur de santé publique pour réduire la morbidité et la mortalité néonatales. Son plein potentiel dépend toutefois d'une meilleure compréhension des mécanismes de transfert de l'immunité maternelle, de leurs effets à long terme sur l'immunité de l'enfant, mais aussi d'une optimisation coordonnée des calendriers vaccinaux maternels et néonataux. 

Contact : Vincent Portet Sulla, Nabila Seddiki, Christelle Vauloup-Fellous

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