OBJECTIF 1 : Positionner HLA-G comme nouvelle cible thérapeutique dans l'immunothérapie des tumeurs
Pour rétablir une réponse antitumorale efficace, le blocage des checkpoints par des anticorps monoclonaux (mAb) est actuellement la stratégie immunothérapeutique privilégiée. La molécule de point de contrôle immunitaire HLA-G n'est pas exprimée dans la plupart des tissus adultes normaux, mais elle l'est dans la plupart des cancers. Des modèles animaux ont montré que l'échappement immunitaire tumoral médié par HLA-G peut être abrogé par l'utilisation d'anticorps monoclonaux, et que la réponse immune antitumorale peut être rétablie. L'objectif du SRHI est de démontrer, dans le cas des cancers urologiques, que HLA-G constitue une cible thérapeutique de choix, en monothérapie, ou en thérapie combinée avec les traitements actuels. Pour mener à bien ce programme, le SRHI a réuni des scientifiques et des cliniciens oncologues, urologues et pathologistes de l'hôpital Saint-Louis (Paris) afin de : (i) développer les outils les plus pertinents pour étudier l'effet d'HLA-G et de son ciblage thérapeutique sur la réponse antitumorale ; (ii) caractériser précisément les cellules immunitaires exprimant ILT2 et sensibles à l'action immunorégulatrice d'HLA-G (CD4+, CD8+, cellules NK) ; (iii) comprendre l'effet du microenvironnement tumoral sur ces cellules et (iv) étudier la pertinence clinique du point de contrôle HLA-G/ILT comme marqueur pronostic et/ou cible thérapeutique dans des cohortes de patients atteints de cancer. Pour cela, des tests moléculaires et cellulaires sont réalisés (transcriptomique, cytométrie, prolifération cellulaire, cytotoxicité, sécrétion de cytokines) à la fois in vitro (lignées cellulaires KO pour nos molécules d'intérêt) et ex vivo à partir d'échantillons de patients (sang et tumeur).
Développement de nouvelles approches méthodologiques
L'équipe a développé un modèle 3D d'études des interactions cellules tumorales/microenvironnement immunitaire (sphéroïdes) en puce microfluidique. Ce modèle permet de générer des avatars de tumeurs à partir de lignées ou de cellules primaires de patients et de tester leur réponse à de nouvelles stratégies thérapeutiques (monothérapie, combinées ou successives) adaptées à chaque patient ouvrant la voie à la médecine personnalisée.

Etude de la fonction antitumorale des cellules ILT2+ intratumorales et leur inhibition par les tumeurs HLA-G+
Grâce à des études de cytométrie spectrale (>35 marqueurs) sur des cohortes de patients, combinées avec des analyses de séquençage ARN, l'équipe a pu décrire plusieurs sous-populations de cellules lymphocytaires T CD8+ ILT2+ qui (i) constituent un réservoir de cellules cytotoxiques non exploitées à l'heure actuelle ; et (ii) corrèlent avec la réponse aux immunothérapies.
Comprendre l'effet du microenvironnement tumoral sur l'efficacité de la réponse immune antitumorale
Grâce au modèle de sphéroïdes en puce microfluidique, nous utilisons du milieu conditionné (milieu contenant les facteurs solubles sécrétés par les tumeurs primaires) pour étudier l'effet des facteurs solubles sur les cellules immunitaires.
Définition de nouvelles stratégies thérapeutiques
L'équipe développe de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant HLA-G. Elle évalue notamment la possibilité d'utiliser des anticorps bi-spécifiques, des anticorps monoclonaux ou des peptides ciblant les cellules tumorales HLA-G+ et/ou les cellules immunitaires exprimant ILT2+.

Pour en savoir plus :
Jules Russick vous présente, lors d'une conférence FOCUS, les travaux en immuno-oncologie menés au sein du SRHI, en collaboration étroite avec plusieurs services hospitaliers, dont l'urologie, l'oncologie médicale, la radiologie et l'anatomopathologie. Des technologies innovantes sont au cœur de cette recherche, notamment les modèles de tumeurs 3D sur puces microfluidiques qui permettent de reproduire au plus près les interactions entre cellules cancéreuses et système immunitaire. Objectif : tester de nouvelles stratégies, notamment le blocage de HLA-G, et accélérer le développement de traitements plus ciblés. A termes, la compréhension fine des mécanismes d'échappement des cancers au système immunitaire conduira à une prise en charge personnalisée des patients, adaptés à chacun, selon son profil immunitaire.