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Changement climatique et pratiques locales : double peine pour un récif corallien


A Arrêt Upolu, île de l’océan Pacifique, la couverture corallienne est inférieure à 10 % pour plus de 80 % des sites analysés par Tara Pacific. Autre observation : les poissons sont également en souffrance.

Publié le 3 mai 2018
L’expédition Tara Pacific étudie des récifs coralliens parmi les plus isolés de l’océan Pacifique. Compte tenu de leur éloignement, peu de ces récifs sont documentés. C’est le cas des îles Samoa, en Polynésie. Les scientifiques ont jeté l’ancre en novembre 2016 à Upolu, une des îles de cet État indépendant. Sa situation géographique laissait a priori espérer un récif bien préservé. 
Or, une fois sur place, les chercheurs ont découvert des coraux en très mauvaise santé. C’est pourquoi ils ont décidé de réaliser une étude plus poussée que prévu sur l’état des coraux et le comportement des poissons : au lieu de considérer trois sites, ils en ont sélectionné 124 autour d’Upolu. Ils ont constaté que la couverture corallienne était inférieure à 1 % dans la moitié des sites visités et de 10 % dans près de 80 % d’entre eux. Autre résultat, dans la plupart des sites, la mort des coraux est récente. Selon les scientifiques, la couverture corallienne pouvait, il y a encore deux ans, y être de 60 à 80 %. 

Par ailleurs, en s’intéressant à deux espèces de poissons également rencontrées lors de précédentes escales de la goélette (Moorea, Aitutaki et Niue), les scientifiques ont constaté que les poissons d’Upolu sont plus petits et que le nombre d’individus par banc est en moyenne 4 à 8 fois plus faible que dans les trois autres îles. Ils ont observé de plus un comportement de fuite des poissons, ce qui traduirait une activité de pêche intense. 
La cause de cette détérioration massive ? D’une part, le réchauffement climatique qui a augmenté un phénomène météorologique classique (El Niño) en 2015-2016 entrainant un blanchissement accru des coraux. D’autre part, les activités humaines locales qui exacerberaient les effets du changement climatique. 

Après ces premières analyses, viendra le temps d’investigations plus poussées des échantillons prélevés à Upolu. Ces prélèvements alimenteront une base de données qui permettra à terme de comparer les récifs, de distinguer et de comprendre leurs capacités de résistance aux bouleversements environnementaux.

Ce résultat a fait l'objet d'un communiqué de presse.

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