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Acidité des océans : quel sera l’impact de variations saisonnières plus marquées ?


​Selon une collaboration internationale impliquant le LSCE, les variations saisonnières de l'acidité des océans seront plus marquées à la fin du siècle qu'aujourd'hui et pourraient être multipliées par deux. La saisonnalité du pH, considérée jusqu'à présent comme plutôt favorable à l'adaptation des organismes marins au réchauffement global, pourrait alors se révéler délétère. Elle doit désormais être prise en compte dans les modèles climatiques.

Publié le 2 février 2018
​Neuf modèles climatiques globaux, dont deux modèles français cités dans le dernier rapport du Giec, établissent que les variations d'acidité entre été et hiver devraient augmenter dans toutes les régions océaniques au cours du siècle à venir.

Dans les régions tropicales et subtropicales, les organismes marins sont exposés pendant l'été à un surcroît d'acidité associé à la hausse estivale des températures. Dans les régions océaniques plus froides, les variations sont inversées, les mécanismes dominants étant la photosynthèse l'été (puits de CO2) et la dégradation de la matière organique l'hiver (source de CO2).

Jusqu'à présent, les scientifiques estimaient que la variabilité saisonnière du pH stimulait plutôt la capacité d'adaptation des organismes marins au réchauffement global, en particulier à l'acidité croissante (due au CO2 atmosphérique dissous). Ils montrent aujourd'hui que des fluctuations saisonnières de plus grande amplitude mettront à mal leur capacité d'adaptation et auront cette fois un effet délétère.

Les chercheurs ont voulu confronter leurs simulations aux mesures des fluctuations jour-nuit de pH de l'eau de mer. Pour cela, ils ont exploité des mesures de pH effectuées en continu sur deux sites marins voisins de la baie de Naples, l'un représentant l'océan actuel et l'autre celui de 2100. Ce dernier contient un excédent de CO2 d'origine volcanique, qui bouillonne naturellement depuis le fond. Résultat : la différence jour-nuit de l'acidité du site perturbé est environ le double de celle du site de référence, en accord avec les simulations saisonnières.

Interrogé sur la fiabilité de ces projections, le coauteur du LSCE, James Orr, détaille : « les neuf modèles sont assez différents mais donnent des résultats cohérents. Les amplifications saisonnières et quotidiennes sont similaires. Tout pointe dans le même sens. »  Lester Kwiatkowski, auteur principal, ajoute : « le défi à long terme sera de déterminer l'impact cumulé sur les communautés marines de la saisonnalité de la chimie de l'eau de mer. »

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