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Nicaragua : un cratère géant, témoin de l’impact d'un astéroïde


​La dépression circulaire Pantasma (« tête plate ») ne doit rien à un volcan ancien mais tout à la chute d'un astéroïde, il y a « seulement » 800.000 ans. Cette découverte à laquelle a participé le LSCE a été possible grâce notamment à des analyses isotopiques d'argon et de chrome.
Publié le 18 mars 2019

Inscrit dans les roches volcaniques des montagnes du nord du Nicaragua, le cratère de quatorze kilomètres de diamètre semblait naturellement résulter d'un effondrement volcanique.

Or en 2016, une équipe de chercheurs réalise une étude de terrain et prélève des échantillons rocheux pour analyses. Certains d'entre eux ont une très faible teneur en eau et contiennent des phases de quartz et de zircon, connues pour ne se former qu'à haute pression : ce sont des « verres ». Les conditions qui prévalaient au moment de leur formation peuvent ainsi être estimées : une température supérieure à 2000°C et une pression supérieure à 30 gigapascals. Des analyses isotopiques d'argon (39Ar/40Ar) révèlent l'âge de ces verres, incompatible avec le volcanisme régional.

Au centre du cratère, les scientifiques trouvent une roche contenant des traces de matière extraterrestre, trahie par la composition isotopique anormale du chrome. Cette roche silicatée est une « chondrite ordinaire » qui provient de la « ceinture » d'astéroïdes, située entre les orbites de Mars et de Jupiter. De plus, les scientifiques modélisent l'évolution de la forme du cratère sous l'effet de l'érosion, très active dans la région, et en déduisent qu'elle est cohérente avec la datation de l'impact.

Pantasma est le premier cratère d'impact découvert en Amérique centrale. Il rejoint le cercle très confidentiel des cratères terrestres de plus de dix kilomètres de diamètre et de moins de trois millions d'années : Bosumtwi au Ghana, Zhamanshin au Kazakhstan et Hiawatha au Groenland. Cette découverte suggère que de nombreux cratères géants pourraient encore être identifiés, en particulier dans des régions reculées (Groenland) ou peu étudiées (Afrique, Amérique latine, Asie), qui comptent seulement quatorze cratères de plus de dix kilomètres de diamètre.

Les partenaires du LSCE dans cette collaboration sont le Centre européen de recherche et d'enseignement de géosciences de l'environnement, l'Institut de planétologie et astrophysique de Grenoble, l'Institut de physique du globe de Paris et le Laboratoire de géologie de Lyon.

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