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Rapport spécial du Giec : un zoom sur les écosystèmes terrestres


​Plusieurs chercheurs du LSCE ont contribué au rapport spécial du Giec publié le 8 août 2019, consacré aux interactions entre terres émergées et climat. Cette somme recense les pressions exercées sur les écosystèmes terrestres, qu'elles soient liées à l'usage des sols ou au changement climatique, et propose des solutions pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et pour la sécurité alimentaire.
Publié le 11 septembre 2019

Quelques ordres de grandeur permettent de saisir les enjeux. Les écosystèmes terrestres absorbent environ 29% des émissions anthropiques de CO2 mais les activités humaines liées à l'usage des terres, notamment la déforestation, contribuent à hauteur de 23% de ces mêmes émissions – l'alimentation, de la production à la consommation, représentant entre 25 et 30%.

Près des trois quarts des terres émergées sont exploités ou occupés par les hommes. Deux tiers des forêts sont gérés ou aménagés pour les loisirs. Depuis 1961, le volume de fertilisants a été multiplié par huit, les quantités d'eau pour l'irrigation ont presque doublé, la quantité de bois récoltée a augmenté de 50%. En définitive, moins d'un quart des terres émergées seulement est libre d'influence humaine directe.

L'état des lieux 

Quelles sont les menaces sur les puits de carbone terrestres ? Le réchauffement depuis l'époque préindustrielle atteint +1,53°C sur les terres émergées alors qu'il est de +0,87°C à l'échelle globale, et la fréquence, l'intensité et la durée d'événements climatiques extrêmes ont augmenté en de nombreuses régions du monde.

Les vagues de chaleur, sécheresses et fortes précipitations ont d'ores et déjà de multiples impacts très visibles.

  • Les rendements de plusieurs cultures ont déjà diminué dans des régions tropicales.
  • La désertification gagne du terrain dans des zones semi-arides de l'Afrique sub-saharienne, de l'Asie centrale et de l'Est, et en Australie. Entre 1961 et 2013, la surface des régions arides en voie de désertification a augmenté d'environ 1% par an.
  • Plusieurs zones bioclimatiques se sont déplacées vers le nord et en altitude, perturbant de nombreuses espèces végétales et animales.
  • L'érosion a augmenté du fait de fortes précipitations et, dans certaines zones côtières, de l'augmentation du niveau des mers. Elle est aujourd'hui pour ces zones 10 à 20 fois plus importante que la capacité de restauration des sols dans les zones non labourées et 100 fois plus, dans les zones labourées.

Pourquoi est-il important d'agir dès maintenant ?

Plus nous tardons à agir, plus nous prenons le risque de franchir des points de non-retour. Ainsi, plus le niveau de la mer monte, plus les zones côtières s'érodent, entraînant la perte de zones agricoles et d'habitats, plus le climat se réchauffe et plus le pergélisol se dégrade.

De plus, la mise en œuvre de solutions deviendra de plus en plus inefficace car on estime que dans un climat plus chaud, les émissions de la végétation et des sols augmenteront bien davantage que l'absorption du CO2 par photosynthèse.

De nombreuses solutions identifiées

Certaines mauvaises pratiques bien connues pourraient être combattues.

  • La déforestation, la destruction de zones humides et de tourbières constituent aujourd'hui 10 à 15% des émissions de carbone anthropique.
  • Les pertes agricoles et déchets alimentaires à l'échelle mondiale s'élèvent à plus de 25% de la production, contribuant à un relargage de CO2 dans l'atmosphère qui, entre 2010 et 2016, représentait 8 à 10% des émissions du secteur de l'alimentation.

L'amélioration de la gestion des systèmes agricoles, pastoraux et des parcs forestiers, le déploiement de l'agroforesterie, une meilleure gestion des feux, permettraient non seulement de réduire les émissions de CO2 mais également de stocker du carbone durablement dans les sols.

Nos choix de consommation peuvent également avoir un impact positif. Les régimes alimentaires comportant une forte proportion de céréales, de noix, de légumes et de fruits de saison ont une empreinte carbone inférieure à celle de la viande. Près de la moitié des émissions de méthane proviennent des ruminants (bovins, bœufs, moutons et chèvres) et des rizières.

Quelles limitations à la mise en œuvre de ces solutions ?

Les terres arables doivent continuer d'être réservées à la production alimentaire, ce qui limite les surfaces disponibles pour le déploiement de bioénergie et pour l'afforestation (plantation d'arbres sur des sols non boisés depuis longtemps).

Plusieurs décennies sont nécessaires aux arbres et aux sols pour qu'ils deviennent des réserves de carbone efficaces.

Sans une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs d'activité, il ne sera pas possible de maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C. 

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