Accélérer le diagnostic du trouble bipolaire
Le trouble bipolaire alterne épisodes dépressifs et phases maniaques. Son diagnostic repose aujourd'hui principalement sur l'évaluation clinique réalisée par un psychiatre.
Pour compléter cette approche, les chercheurs du CEA et leurs partenaires développent une méthode combinant électroencéphalographie (EEG), spectroscopie proche infrarouge fonctionnelle (fNIRS) et intelligence artificielle.
En analysant l'activité cérébrale du patient face à différents stimuli émotionnels, cette approche permet d'identifier le trouble bipolaire avec une excellente précision, y compris ses différents sous-types.
Portable, non invasive et peu coûteuse, elle pourrait à terme devenir un outil d'aide au diagnostic en pratique clinique.
La kétamine soulage les symptômes de la dépression. Oui, mais comment ? Réponse par l’imagerie
Utilisée à faibles doses, la kétamine peut soulager les symptômes de la dépression en quelques heures. Mais les mécanismes de cet effet rapide restent encore mal compris.
Pour les explorer, des chercheurs du CEA et leurs partenaires utilisent la TEP avec un radiotraceur ciblant la protéine SV2A, un marqueur de la densité des synapses, ces connexions entre neurones.
Chez des modèles murins de dépression, ils ont observé qu’un traitement répété par kétamine augmente, trois semaines plus tard, la densité synaptique, parallèlement à une amélioration des comportements associés à la dépression.
Cette méthode permet ainsi de suivre les effets de la kétamine sur la plasticité synaptique et ouvre la voie à une meilleure compréhension de la réponse aux traitements antidépresseurs.
Un gène impliqué dans l’anxiété et la mémoire
Certains gènes, ou leurs modifications subtiles, agiraient comme des « facteurs de risque » d’apparition de pathologies psychiatriques telles que la dépression, les troubles anxieux, les désordres compulsifs obsessionnels ou encore la schizophrénie.
Zoom sur le gène codant la protéine DCLK3, une enzyme appartenant à la grande famille des kinases : des chercheurs du CEA ont révélé son rôle déterminant dans l'adaptation du cerveau à de nouvelles situations stressantes, ainsi que dans les processus liés à la mémoire, grâce à des études dans un modèle murin.
C’est un pas important dans la compréhension de maladies psychiatriques, auxquelles étaient associées jusqu'alors de nombreuses mutations de gènes, dont DCLK3, sans qu'un rôle précis puisse pour autant leur être attribué.
Ce que l’IA révèle des plis de notre cerveau
Notre cerveau est modelé selon des sillons et des circonvolutions uniques, qui sont la signature de chaque individu.
L’analyse très fine de ces formes, grâce à l’IA, est une piste prometteuse pour prédire des troubles psychiatriques tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire et les troubles du spectre autistique. Ceux-ci résulteraient d'interactions complexes entre des perturbations précoces du développement cérébral et des influences environnementales ultérieures.
Ce travail a été construit en pré-entraînant des algorithmes d’IA sur de larges cohortes de patients.