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Communiqué de presse | Culture scientifique

Il était une fois Ramsès II : comment la science permet de préserver le patrimoine ?


​​​Il y a 50 ans, le CEA accueillait la momie de Ramsès II, datant de plus de 3 000 ans, arrivée depuis Le Caire en Egypte. Menacée par une importante contamination fongique, la momie a bénéficié d'une solution scientifique alors inédite pour la conservation : un traitement par irradiation gamma. Aujourd’hui, le CEA poursuit son engagement au service du patrimoine avec des laboratoires aux expertises de pointe, à Grenoble et à Saclay.

Publié le 15 octobre 2026

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  • U​​n traitement pionnier pour sauver un Pharaon

Menacée par une importante contamination fongique, la momie de Ramsès II a bénéficié d'une solution scientifique alors inédite pour la conservation d'une momie : un traitement par irradiation gamma. Aujourd'hui, le CEA poursuit son engagement au service du patrimoine avec des laboratoires aux expertises de pointe, à Grenoble et à Saclay.

  • Une opération d'exception entre Grenoble et Saclay

Après plusieurs mois d'essais et d'études réalisés en collaboration par les plus grandes institutions scientifiques et culturelles françaises, la momie de l'illustre monarque a été irradiée au centre CEA de Saclay par les équipes grenobloises du programme Nucléart. Les recherches menées dans le cadre de ce programme ont permis de définir les conditions du traitement et de garantir son efficacité, tandis que celui-ci a été réalisé à Saclay dans l'irradiateur Poséidon installé dans ce qui est aujourd'hui le Laboratoire d'applications des rayonnements (LABRA). Cette opération hors du commun a marqué l'histoire du CEA et de la conservation du patrimoine. Cinquante ans plus tard, c'est l'occasion de revenir sur une aventure scientifique qui se poursuit aujourd'hui, entre recherche, conservation et restauration du patrimoine.

  • Ramsès II : quand la science nucléaire rencontre l'Histoire

Lorsque la momie de Ramsès II arrive en France depuis Le Caire, en septembre 1976, son état de conservation préoccupe les spécialistes. Les équipes réunies autour de cette opération – parmi lesquelles le CEA – recherchent un traitement capable d'éliminer les micro-organismes responsables de sa dégradation sans compromettre l'intégrité de la momie. Les équipes du programme Nucléart proposent alors de recourir au rayonnement gamma. Après plusieurs mois d'expérimentations menées sur des échantillons à Grenoble, le traitement retenu est réalisé le 9 mai 1977 au CEA de Saclay. Cette histoire constitue l'un des épisodes fondateurs de l'expertise développée depuis plus de cinq décennies par ARC-Nucléart, installé sur le site du CEA Grenoble.

  • ARC-Nucléart : l'alliance des sciences et de la restauration

Créé en 1970 dans le cadre du programme Nucléart, ARC-Nucléart est aujourd'hui à la fois un atelier de conservation-restauration et un laboratoire de recherche, spécialisé dans les matériaux organiques : bois, cuir, fibres végétales ... Sa spécificité repose sur la capacité de son équipe pluridisciplinaire, à allier l'apport des sciences aux besoins de la conservation du patrimoine : restaurateurs, conservateurs, chimistes, physiciens, biologistes, ingénieurs et techniciens travaillent ensemble à l'étude, au traitement et à la conservation des œuvres et objets patrimoniaux. ARC-Nucléart dispose notamment du seul irradiateur gamma au monde dédié à la conservation du patrimoine. Les traitements par irradiation permettent notamment de lutter contre les insectes, champignons et bactéries qui peuvent dégrader les biens culturels.

Au fil des décennies, l'expertise d'ARC-Nucléart a été mobilisée sur des collections aussi variées que les vestiges archéologiques du lac de Paladru, le chaland gallo-romain Arles-Rhône 3, des sculptures, des archives ou encore des objets provenant de l'épave du Titanic.

 

  • Analyses et datations : des savoir-faire scientifiques au service des chantiers de l'Histoire

L'anniversaire de l'irradiation de Ramsès II est aussi l'occasion de montrer comment les connaissances et avancées scientifiques du CEA contribuent aujourd'hui à préserver et à mieux comprendre notre patrimoine. À Saclay, le Laboratoire de mesure du carbone 14 (LMC14) met en œuvre la spectrométrie de masse par accélérateur pour dater avec une grande précision des objets du patrimoine, y compris des métaux (quelques exemples : instruments de musique de l'Égypte ancienne exposés au Louvre-Lens, peintures des grottes ornées préhistoriques...). Tout proche, le Laboratoire Archéomatériaux et Prévision de l'Altération (LAPA) étudie la composition, les procédés de fabrication et la corrosion des matériaux anciens, pour retracer leur histoire et anticiper leur vieillissement.

Ces expertises ont notamment été mises à profit lors du chantier scientifique de Notre-Dame de Paris en collaboration avec d'autres acteurs scientifiques et culturels. Les équipes du CEA contribuent ainsi à la préservation du patrimoine en mettant à contribution des compétences et un savoir-faire uniques au monde.  ​

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