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Gliomes : repenser le rôle des cellules immunitaires du cerveau pour mieux traiter les tumeurs


Longtemps considérées comme de simples cellules de défense du cerveau, les microglies et les macrophages jouent en réalité un rôle beaucoup plus complexe dans les gliomes. Dans la revue publiée dans Acta Neuropathologica en avril 2026, des experts, dont Marc-André Mouthon du DRCM, synthétisent les avancées récentes sur ces cellules capables de soutenir ou de freiner la progression tumorale. L'ensemble de ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à reprogrammer le microenvironnement tumoral pour améliorer la prise en charge des patients atteints de glioblastome.

Publié le 16 avril 2026

Les gliomes, et en particulier les glioblastomes, figurent parmi les tumeurs cérébrales les plus agressives. Malgré les progrès thérapeutiques récents, leur prise en charge reste difficile en raison de leur forte capacité d'invasion et de leur résistance aux traitements.

Cette revue rassemble les connaissances les plus récentes sur les cellules immunitaires présentes dans l'environnement tumoral des gliomes : les microglies, qui jouent un rôle majeur dans la maturation du système nerveux central et présentent également des fonctions immunitaires, et les macrophages recrutés depuis la circulation sanguine. Ces populations, regroupées sous le terme de macrophages et microglies associés aux tumeurs (TAMs), représentent une part importante du microenvironnement tumoral et influencent directement l'évolution de la maladie.

Des cellules immunitaires aux fonctions multiples

Les travaux synthétisés dans cette revue montrent que ces cellules ne peuvent plus être considérées comme une population homogène. Leur identité et leurs fonctions varient selon leur origine, leur localisation dans la tumeur et les signaux qu'elles reçoivent du microenvironnement.


Les auteurs soulignent notamment que les cellules tumorales sont capables de détourner ces mécanismes immunitaires à leur avantage. Sous l'influence de la tumeur, les microglies et macrophages peuvent adopter des fonctions favorisant la croissance tumorale, l'invasion des tissus voisins, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins ou encore la résistance aux traitements.

Dépasser les modèles simplifiés

L'un des messages forts de cette revue est la remise en question de la classification classique des macrophages en états « M1 » ou « M2 », jugée désormais trop simpliste pour décrire la diversité des populations observées dans les gliomes. Les analyses récentes à l'échelle de la cellule unique révèlent au contraire une grande diversité d'états fonctionnels et une forte plasticité de ces cellules.

Les auteurs appellent également à utiliser une terminologie plus précise pour décrire les phénomènes immunitaires observés dans les tumeurs cérébrales, afin d'accélérer les progrès de la recherche et de faciliter le développement de nouvelles approches thérapeutiques.

Vers des immunothérapies plus ciblées

Les connaissances acquises ces dernières années ouvrent des perspectives prometteuses. Les chercheurs envisagent désormais des stratégies visant à cibler spécifiquement certaines sous-populations de microglies et de macrophages, ou à modifier leurs fonctions afin de restaurer une réponse antitumorale efficace. Le consensus souligne également le potentiel thérapeutique des vésicules extracellulaires, impliquées dans le dialogue entre cellules tumorales et cellules immunitaires.

À terme, cette meilleure compréhension du microenvironnement tumoral pourrait permettre de transformer un environnement immunosuppresseur favorable à la tumeur en un environnement capable de soutenir la réponse immunitaire contre le cancer. Un changement de paradigme qui pourrait contribuer au développement de traitements plus efficaces pour les patients atteints de glioblastome et d'autres formes de gliomes. 

Contact : Marc-André Mouthon

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