Vous êtes ici : Accueil > Energie – Politique énergétique – Programmation pluriannuelle de l'énergie

Base de données

Energie – Politique énergétique – Programmation pluriannuelle de l'énergie


Décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie

Publié le 8 avril 2026

Ce décret fixe la PPE 3 qui définit les priorités d’action des pouvoirs publics pour la gestion des formes d’énergie sur le territoire hexagonal continental sur la période 2026-2035 afin d’atteindre les objectifs de la politique énergétique nationale. La PPE repose sur un triptyque indissociable :

  • la sécurité d’approvisionnement et l’indépendance énergétiques ;
  • la maîtrise des prix de l’énergie ;
  • la lutte contre le changement climatique.

A cet effet, la PPE prévoit notamment une accélération de la sortie des énergies fossiles conduisant à un niveau de production d’électricité décarbonée révisé à la hausse pour s’établir à au moins 650 TWh en 2035, comprenant 43 % de la production d’électricité d’origine renouvelable et 57 % de la production d’électricité d’origine nucléaire. Cet objectif se décline par secteur :

  • nucléaire : relance de la filière avec plusieurs actions
    - l’optimisation du parc existant avec une production de 380 à 420 TWh dès 2030 (contre 320 TWh en 2023) et la poursuite du fonctionnement des réacteurs électronucléaires existants après cinquante puis soixante ans d’exploitation voire au-delà, si toutes les exigences applicables en matière de sûreté nucléaire sont respectées ;
    - la continuité du programme de construction de six réacteurs nucléaires de type EPR2, porté par EDF, dans la perspective d’une décision finale d’investissement par le conseil d’administration d’EDF, en vue de son lancement au plus tard durant l’année 2026. La mise en service du premier des six réacteurs est attendue à l’horizon 2038 ;
    - l’approfondissement de l’étude d’un éventuel second palier d’au moins 13 GWe, correspondant à la capacité de huit EPR2 dans leur conception actuelle, dans la perspective d’engager leur construction au plus tard en 2030 ;
    - le développement des « Small Modular Reactor » (SMR) et des petits réacteurs innovants notamment en visant l’atteinte d’un premier béton d’un petit réacteur modulaire à eau pressurisée et le lancement d’au moins un prototype de petit réacteur nucléaire innovant de technologie différente à l’horizon du début de la décennie 2030, l’objectif pouvant être actualisé ;
    - la confirmation de la stratégie française de traitement et de valorisation des combustibles nucléaires usés et, dans cette perspective, la poursuite des travaux en vue de renouveler les installations industrielles qui permettent sa mise en œuvre, en vue d’une prise de décision d’ici à fin 2026 ;
    - l’engagement des travaux relatifs à la fermeture du cycle et à la mise en place d’un parc de réacteurs à neutrons rapides (RNR) en France. La PPE 3 prévoit que la filière poursuive ses travaux relatifs au multi-recyclage en REP et les inclut dans une feuille de route à définir au plus tard d’ici à 2026, en lien avec le CEA, en vue d’identifier les jalons technologiques et décisionnels, notamment s’agissant de la construction d’un démonstrateur, permettant la mise en place d’un parc de RNR et des installations du cycle du combustible associé en France à l’horizon de la fin du siècle au plus tard. De façon complémentaire, la filière doit engager, en lien avec le CEA, des travaux visant à qualifier les besoins en combustibles associés aux concepts de réacteurs nucléaires innovants et les adaptations du cycle du combustible à envisager, en visant à dégager les horizons de temps pertinents. Le CEA et la filière nucléaire doivent s’assurer de la cohérence de leurs travaux visant la fermeture du cycle du combustible avec les travaux menés par la filière nucléaire sur l’avenir des installations industrielles de l’aval du cycle du combustible nucléaire.
    - la conduite par le CEA, en lien avec la filière nucléaire française, d’un programme d’investissements dans les infrastructures de recherche nucléaire pour maintenir une capacité de recherche à la pointe dans le secteur nucléaire sur l’ensemble des priorités de la politique nucléaire menée par l’Etat.
  • photovoltaïque : ralentissement du développement malgré l’accélération des obligations
    Un objectif de 48 GW est prévu s’agissant de l’électricité photovoltaïque en 2030, en retrait par rapport aux 54 GW initialement envisagés dans la PPE 2, puis de 55 à 80 GW d’ici 2035, avec une priorité donnée au développement sur des espaces déjà artificialisés : au sol, sur bâtiment, etc.
    Par ailleurs, l’Etat s’engage également à valoriser l’agrivoltaïsme ainsi que la filière de l’autoconsommation notamment en soutenant cette dernière dans les appels d’offres.
  • éolien terrestre : « repowering » privilégié
    Il est prévu de produire 35 à 40 GW en 2035 pour l’éolien terrestre, la trajectoire envisagée reposant notamment sur l’organisation de deux appels d’offres par an d’environ 800 MW chacun à compter du premier semestre 2026. Le renouvellement des parcs existants (« repowering ») est cependant privilégié, sans qu’un volume spécifique ne lui soit dédié.
  • éolien en mer : soutien réaffirmé
    La PPE prévoit d’atteindre au moins 15 GW installés en 2035. La trajectoire prévoit également qu’une puissance cumulée de 26 GW soit attribuée d’ici 2030-2031, notamment via les appels d’offre 11 et suivants.
  • hydrogène : revue à la baisse des ambitions
    La PPE vise 4,5GW en 2030 et 8 GW en 2035 d’électrolyse installée soit des objectifs de développement revus à la baisse par rapport à la précédente PPE. L’Etat continue néanmoins de soutenir l’émergence de la filière et met particulièrement l’accent sur l’hydrogène décarboné.
  • biométhane : évolution du soutien
    La PPE fixe un objectif de 44 TWh PCS injectés en 2030, puis entre 47 et 82 TWh PCS en 2035. Afin d’encourager les producteurs à gagner en compétitivité et permettre l’émergence d’installations de taille importante, la PPE 3 met l’accent sur les dispositifs de soutien extra-budgétaires tels que les certificats de production de biométhane.
  • biocarburants : développement accru
    Une augmentation de l’usage de 45 % par rapport à 2023 pour atteindre 55 TWh en 2030 est prévue.

La PPE 3 prévoit la possibilité d’une révision simplifiée de ces objectifs dès 2027 pour tenir compte, à compter du 1er janvier 2029, de l’évolution de la consommation d’électricité, du développement des moyens de production d’électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées.

Haut de page