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Résultat scientifique | Santé & sciences du vivant

Une protéine clé dans le développement du réseau lymphatique


Une équipe du CEA-iRTSV, en collaboration avec le CEA-Leti, a mis en évidence une nouvelle protéine impliquée dans la formation des valves des vaisseaux lymphatiques. Ces résultats pourraient présenter des retombées thérapeutiques dans les cancers métastatiques ainsi que les lymphoedèmes. ​

Publié le 20 août 2013

Le réseau lymphatique draine les déchets tissulaires et transporte les cellules du système immunitaire des sites d’infection aux ganglions. Son mauvais fonctionnement peut causer un lymphoedème, à savoir une accumulation de fluides entraînant un gonflement d’une partie du corps. Cet engorgement est souvent accompagné d’une augmentation du risque d’infection, de dépôts fibreux et graisseux. Pour les patients atteints de cancer, les vaisseaux lymphatiques peuvent au contraire s’avérer de mauvais alliés en disséminant les cellules tumorales à travers l’organisme.

A l’aide d’un modèle de souris génétiquement modifié, les chercheurs du CEA-iRTSV, à Grenoble, ont révélé l’importance de la protéine BMP9* dans la formation du réseau vasculaire lymphatique. BMP9 s’avère en effet cruciale dans le développement des valves des vaisseaux lymphatiques, qui assurent le flux unidirectionnel de la lymphe dans l’organisme. Comment ? En régulant un ensemble de gènes connus pour agir sur la formation et la maturation des valves.

En parallèle, l’impact de la déficience en BMP9 sur l’efficacité du drainage lymphatique a été observé par imagerie, en collaboration avec le CEA-Leti. Les scientifiques ont comparé l’évolution de marqueurs fluorescents injectés dans des modèles de souris saines, d’une part, et dans des modèles de souris dépourvues de la protéine BMP9 d’autre part. Dans le premier cas, les marqueurs injectés dans les pattes s’accumulent rapidement dans le ganglion poplité, au niveau de l’aine, ce qui atteste d’un drainage satisfaisant. Dans l’autre, les marqueurs diffusent dans le mollet et n’atteignent pas le ganglion.

Ces résultats ouvrent la voie à deux types de travaux : pour définir le rôle potentiel de BMP9 dans le développement des lymphoedèmes et son rôle dans la dissémination métastatique des cellules tumorales. Quels sont les taux circulants de BMP9 chez les personnes souffrant de lymphoedèmes ? La question mérite d’être posée. Aussi, diminuer l’action de  BMP9 permettrait-il de limiter la dissémination des métastases chez les patients atteints de cancer ?

*Bone Morphogenetic Protein 9

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