CEA



Propulsion nucléaire :

Opération maintenance

, Chapitre 4

Lors du grand carénage, les sous-marins nucléaires sont inspectés de pied en cap afin de veiller à leur bon fonctionnement




Lors du grand carénage les sous-marins nucléaires sont inspectés de pied en cap afin de veiller à leur bon fonctionnement
Mi-2004, le Triomphant devrait regagner la mer après un peu plus d'un an et demi d'Indisponibilité périodique pour entretien et réparation (Iper). Pour lui redonner cette seconde jeunesse, DCN à Brest inspecte le sous-marin sous toutes les coutures, des pales de l'hélice à la pointe du sonar, en passant par la chaufferie nucléaire. Une révision complète, également appelée grand carénage, qui a lieu tous les six à huit ans à l'Île-Longue, près de Brest, pour les SNLE et à Toulon pour les SNA et le porte-avions Charles-de-Gaulle ; et dont le bâtiment ressort comme neuf.

Sonder par des robots

« Lors de l'Iper, la première opération, après le retrait de l'armement, consiste à enlever le coeur du réacteur pour éviter tout risque nucléaire », explique Patrick Michaille, chef de projet Soutien Chaufferies en Service au CEA. Pour cela, une structure de confinement amovible, l'Atelier mobile d'intervention (Ami), vient surmonter la chaufferie. Le coeur est alors déchargé, puis mis en piscine de décroissance radioactive. Dès lors, la cuve peut être sondée par des robots. L'état et le fonctionnement de tous les éléments périphériques actifs, par exemple des pompes primaires ou des mécanismes qui commandent les croix de contrôle de la réaction nucléaire, sont passés de la même façon au peigne fin.

Traiter les coeurs usés

Une fois le moindre boulon du sous-marin vérifié, ce dernier peut retrouver un cour. Si celui qui a été enlevé au début du grand carénage n'est pas totalement usé, il est rechargé en l'état dans Le réacteur et repart pour un tour. S'il est arrivé en bout de course, un nouveau coeur est installé et L'ancien reste en piscine pour au moins trois ans, le temps que la radioactivité diminue. Par la suite, tous les coeurs usés ne sont pas logés à la même enseigne. « Le combustible métallique des premiers SNLE est stocké à sec dans l'entreposage Cascad, au centre du CEA de Cadarache, explique Patrick Michaille. Les cours oxydes plus récents sont, quant à eux, retraitables. Des discussions sont en cours pour leur prise en charge par l'usine de retraitement de la Cogema, à La Hague. » En attendant d'être fixés sur leur sort, ils sont gardés en piscine afin de servir d'éventuelles roues de secours aux bâtiments qui naviguent. Aujourd'hui, cinq coeurs sont stockés à sec et quatorze autres sont répartis dans les trois piscnes dont dispose la France.


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