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Nanotechnologies et nanosciences :

Des nanotechnologies pour l’énergie, la santé, et les technologies de l’information

, Chapitre 3

Matériaux innovants pour le solaire, laboratoires sur puce, ou nouvelles mémoires électroniques... exemples de projets menés au CEA.




Salle blanche de micro-sources d'énergie. © PF.Grosjean/CEA
Etudes de nanomatériaux pour le solaire. © PF.Grosjean/CEA
Les connaissances acquises en nanosciences permettent aux chercheurs du CEA d’envisager de nouveaux développements technologiques pour les secteurs de l’énergie, de la santé et des technologies de l’information. Exemples de recherches en cours au CEA.
Des nanomatériaux pour optimiser les technologies de l'énergie

A l'heure du réchauffement climatique, de l'épuisement des réserves de matières premières et du boom des besoins énergétiques, la maitrise et la production de l'énergie sont un enjeu planétaire. Les nanomatériaux pourraient apporter de véritables avancées technologiques dans ce secteur en permettant d’atteindre des niveaux de performances inenvisageables avec les matériaux classiques, qu'il s'agisse de rendement ou de coût.

Au CEA, les recherches sur les nanomatériaux pour l'énergie sont au cœur des activités de l’Institut Liten, Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et des nanomatériaux. Elles visent à optimiser la récupération, le stockage et/ou la conversion de l'énergie pour le solaire photovoltaïque, les batteries électriques ou encore les piles à combustibles.

Reportage
« Nanos pour l’énergie »

Les nanomatériaux ouvrent de grandes perspectives d’innovation dans les domaines de l’énergie. Point sur les enjeux de la recherche avec Medhi Moussavi de l’Institut Liten du CEA. Exemples d’applications avec les travaux de Sébastien Launois sur les nanomatériaux pour les batteries, et Olivier Renard pour les recherches sur les nanoluminophores.



Les équipes du Liten s'attachent à identifier les nanomatériaux les plus prometteurs en fonction de la technologie énergétique étudiée et des verrous technologiques à lever. Dans le domaine de l'énergie solaire, il s'agit par exemple d'intégrer des nanofils de silicium dans les cellules photovoltaïques. Ces modes de fabrication permettront d'augmenter le rendement (taux de conversion de la lumière en électricité) pour atteindre des niveaux supérieurs à 30%, contre 20% au mieux, actuellement.
Parmi les autres thèmes sur lesquels les chercheurs du CEA Liten poursuivent des études on peut citer l'utilisation de nanoparticules en tant que catalyseurs pour les piles à combustible ou les batteries électriques, la mise au point de revêtements par nanocouches pour combiner plusieurs effets dans un même matériau, ou encore la nanostructuration pour renforcer des matériaux métalliques ou céramiques.

POUR EN SAVOIR PLUS
Le site internet de l'institut Liten du CEA L'institut Liten du CEA,
Site internet - http://www-liten.cea.fr

Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux. Le Liten consacre ses recherches au développement de l'énergie solaire et à son intégration dans le bâtiment, au stockage de l'énergie électrique pour le transport, et plus globalement aux nanomatériaux pour l'énergie.

« Photovoltaïque : accélérer l'innovation fichier », Dossier de Presse, Avril 2009 (pdf 1093 ko) Photovoltaïque : accélérer l'innovation fichier 
Dossier de Presse, Avril 2009 (Fichier pdf : 1093 ko)

Pour que l'énergie solaire photovoltaïque puisse pénétrer massivement dans nos foyers et contribuer à alimenter nos réseaux, il lui faut devenir plus compétitive de manière à franchir la barre fatidique de l’euro par watt consommé. Point sur les recherches du CEA et zoom sur les concepts d'avenir.

Santé : de nouveaux outils pour le diagnostic et les soins

Chaque année, une fraction croissante de la population des pays développés est touchée par des affections hépatiques (ex. diabète), cardiaques, neurologiques (ex. maladie d'Alzheimer) ou des cancers. Avec le vieillissement de la population, ces maladies constituent de réels problèmes de santé publique nécessitant une réaction rapide. Malheureusement, une grande majorité de ces affections sont encore dénuées de tout traitement efficace.

Dans le domaine de la santé, les chercheurs du CEA travaillent principalement au développement de nouveaux outils miniaturisés pour améliorer l’analyse, le diagnostic et la thérapie de ces maladies.

Laboratoires sur puces. © CEA
Laboratoires sur puces. © CEA

Concernant le diagnostic, parmi les technologies développées, les chercheurs de l'Institut Léti du CEA travaillent à la mise au point de laboratoires sur puce ou labopuces. Destinés au diagnostic in vitro, ces labopuces sont des systèmes intégrant toutes les étapes d’une analyse biologique, du traitement de l’échantillon au rendu du résultat. Ces systèmes constituent le concept ultime d’outils d’analyse miniaturisés que les chercheurs du CEA visent à développer. Rassemblent à la fois des composants microélectroniques, optiques et logiciels, ils sont fabriqués avec des techniques souvent issues de la microélectronique, qui permettent une production massive et à bas coût, conditions essentielles pour leur généralisation dans le domaine de la santé. Les labopuces pourraient permettre un diagnostic bien en amont du développement de certains cancers et ainsi accélérer la prise en charge des patients. Dans ce cadre, l'Intitut Léti du CEA travaille d'ailleurs sur le projet « Loccandia® » de laboratoire sur puce pour le diagnostic du cancer du pancréas. A partir de prélèvements sanguins, l’objectif est d’analyser la présence de marqueurs tumoraux spécifiques du cancer du pancréas qu’on ne peut détecter avec les moyens de diagnostics classiques.

 

Reportage
« Les Nems »

Au CEA Léti, les chercheurs travaillent à la mise au point de « Nems », des systèmes électromécaniques nanométriques. Ces dispositifs pourraient permettre un dépistage extrêmement précoce de certaines maladies comme le cancer du poumon : un enjeu crucial pour la santé publique. Point sur les verrous technologiques à lever pour la mise au point des Nems.

Concernant l'analyse médicale, le CEA étudie un concept novateur : les Nems. Il s'agit de systèmes électromécaniques de taille nanométrique, pouvant détecter une quantité infime de matière comme, par exemple, quelques molécules de gaz. De tels capteurs fonctionnent tels des "nez ultrasensibles", capables de détecter de manière précoce les biomarqueurs spécifiques de certaines maladies, comme le cancer du poumon. Les études conduites par le CEA dans le domaine visent à définir et concevoir l'architecture des Nems, ainsi qu'à établir des modes de production et de caractérisation de ces systèmes.

Projet de délivrance in vivo de médicaments. © CEA
Projet de délivrance in vivo de médicaments. © CEA


Parallèlement à la mise au point de nouveaux outils de diagnostic, le CEA met ses capacités technologiques au service de la recherche médicale pour le traitement de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou les handicaps dus aux lésions du système nerveux central. L’expérience de plusieurs années de collaboration entre des équipes de médecins, de biologistes et de technologues a initié le projet Clinatec monté conjointement par le CEA et le CHU de Grenoble, en partenariat avec l’Inserm et l’Université dans le but d’ouvrir en 2011 un centre de recherche biomédicale réunissant les compétences et les moyens nécessaires à des preuves de concepts sur l’homme de dispositifs implantables dédiés aux traitements de ces pathologies.

Vue générale d'une zone blanche du CEA Léti. © T.Foulon/CEA
Vue générale d'une zone blanche du CEA Léti.
© T.Foulon/CEA
L'Institut Léti du CEA au service du transfert technologique

Avec 1000 employés et 11 000 m² de salles blanches, l'Institut Léti du CEA, Laboratoire d’électronique et des technologies de l’information, est l'un des principaux centres européens de recherche appliquée en électronique. Au sein du CEA, le Léti travaille avec les entreprises pour améliorer leur compétitivité à travers l’innovation et le transfert de technologies. L’activité du CEA Léti est focalisée sur les micro et nanotechnologies et leurs applications, depuis les systèmes et composants pour les communications, jusqu’à la biologie et la santé, ou la photonique. La nanoélectronique et les microsystèmes sont au cœur de ses activités. En 2009, le Léti est devenu le partenaire de recherche du programme Nano 2012, programme public/privé regroupant des industriels et des instituts de recherche, dont le chef de file est la société STMicroelectronics (ST).

POUR EN SAVOIR PLUS
« Les nanobiotechnologies pour la santé », dossier de presse, juin 2009 Les nanobiotechnologies pour la santé
Dossier de presse, Juin 2009 ( Fichier pdf : 997 ko)

Ce document fait le point sur les principaux programmes de recherche du CEA Grenoble dans le domaine des nanobiotechnologies. Parmi les thèmes traités : l'imagerie moléculaire in vivo utilisant des marqueurs nanométriques, le développement d'outils miniaturisés pour le diagnostic et la recherche de nouveaux traitements.

Une microélectronique toujours plus performante
La nanoélectronique

Le terme "nanoélectronique " désigne des structures électroniques inférieures à 100 nanomètres (nm) et englobe la fabrication de circuits intégrés existants de plus en plus petits et de plus en plus performants...

Les semi-conducteurs ou CMOS

Les semi-conducteurs sont depuis longtemps reconnus comme le principal moteur de l’évolution pour toutes les applications électroniques...

Depuis 40 ans, le monde de la microélectronique ne cesse d'évoluer. Ses progrès, tant sur le plan technique qu'économique, ont permis de rendre accessible à un grand nombre de foyers le téléphone mobile, l'ordinateur et Internet. Par ailleurs, les innovations de la microélectronique ont pu aussi bénéficier à des domaines d'intérêt public comme la santé et les transports.

Au CEA, depuis presque 40 ans, les chercheurs et ingénieurs travaillent à la miniaturisation des composants électroniques de base (transistors) permettant de fabriquer les circuits intégrés qui équipent un grand nombre d’appareils liés à notre quotidien (téléphone mobile, micro-ordinateurs, appareils photos numériques, …). Ils conçoivent et mettent en œuvre des solutions permettant de fabriquer des transistors aux tailles de plus en plus réduites et capables d'intégrer de plus en plus de capacités de traitement. Les progrés obtenus par les équipes du CEA sont conformes à " la loi de MooreDu nom de Gordon Moore, co-créateur d’Intel, qui énonça cette théorie en 1965 et qui devint rapidement « la loi de Moore », et qui s'est toujours vérifiée exacte jusqu'à aujourd'hui. ", selon laquelle le nombre de transistors présents sur une puce double tous les 18 mois environ.

Dans une démarche top down (Voir chapitre «  Nanosciences, nanotechnologies : quelques repères »), la réduction de la taille des transistors passe principalement par l'optimisation des procédés technologiques permettant de les concevoir. Les chercheurs du CEA travaillent donc sur toute la chaîne : dépôt de matière, lithographie, gravure, implantation ionique et traitement thermique.

Parmi les activités stratégiques de recherche et développement, on peut notamment citer la lithographie, qui permet de réaliser les motifs de gravure. Thème majeur de l'Intitut Léti du CEA pour la micro et la nanoélectronqiue, cette "méthode" dispose d’ailleurs d’un centre d’expertise dédié. Les équipes du CEA y étudient et développent plusieurs techniques pour de la lithographie nanométrique : lithographie 193 nm en immersion, lithographie extrême UV à 13,5 nm, nano-impression… Le CEA a par ailleurs initié depuis quelques années le programme "Extrême UV", qui prépare une véritable rupture technologique permettant d'atteindre des tailles de motif de 22 nanomètres.

Côté développement industriel, en partenariat avec les grands industriels du secteur, comme STMicroelectronics et IBM, les équipes du CEA Léti ont réussi à franchir un cap décisif dans la production des transistors en mettant au point des chaînes de production de 300 mm, 200 mm étant la taille standard des substrats de silicium sur lesquels sont gravés les transistors.

Veille technologique : l’observatoire des micro et nanotechnologies

En 2005, le CEA et le CNRS ont créé l'Observatoire des micro et nanotechnologies, une structure commune dédiée à la veille stratégique dans ces domaines. La mission de l'Observatoire consiste à identifier les premiers signes annonciateurs des futures ruptures technologiques et de fournir à la communauté française des micro et nanotechnologies les informations pertinentes pour le pilotage des projets de recherche ou industriels. L'Observatoire est une structure sans équivalent en Europe qui propose des analyses et des synthèses réalisées grâce à un réseau réunissant près de 200 experts scientifiques et techniques. Pour répondre à la complexité et à la multidisciplinarité inhérente aux micro et nanotechnologies, le réseau de l'OMNT couvre une large gamme de compétences (biologie, physique, chimie …) et accueille également des experts marketing et du capital-risque afin de faire le lien entre les évolutions scientifiques et le monde économique.

POUR EN SAVOIR PLUS
Le site internet de l'institut Léti du CEA. L'institut Léti du CEA,
Site internet - http://www.leti.fr

Laboratoire d'électronique et de technologies de l'Information. L’activité du CEA Léti est focalisée sur les micro et nanotechnologies et leurs applications. La nanoélectronique et les microsystèmes sont au cœur de ses activités.

Le site internet du Minatec CEA. Minatec,
Site internet - http://www.minatec.com

Initié par le CEA et l’Institut national polytechnique de Grenoble (INPG), soutenu par les collectivités locales et territoriales, Minatec est le premier pôle européen et l’un des premiers mondiaux dédié aux micro et nanotechnologies.

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