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Pourquoi l’été 2026 est-il le plus chaud jamais enregistré ?


​Des vagues de chaleur intenses, une sécheresse sans précédent et des incendies spectaculaires… L’été 2026 est aujourd’hui le plus atypique que nous ayons vécu. Décryptage de ce phénomène hors norme avec les équipes du Laboratoire des sciences du climat et d’environnement (CEA/CNRS/UVSQ).

Publié le 6 novembre 2026

​Quelles sont les principales caractéristiques de l’été que nous venons de vivre ?

Graphique1.png 

Sur ce schéma, la température est montrée en anomalie positive (zone rouge) ou négative (zone bleue) de la normale (la médiane à 50 %). On y voit que, du 1er mai à la fin septembre 2026, nous avons connu au moins quatre vagues de chaleurs distinctes identifiées (les périodes avec des températures > 𝜅𝑥 1), avec 88 % des journées avec une température supérieure à la normale (contre 50 % attendues). 

Pour les seuls mois de juin, juillet et août (la définition climatologique de l’été), ce nombre atteint même 93 % !

Sur l’ensemble de la période, 23 % des journées montrent des températures extrêmes (au-delà de 𝜅𝑥) ; ce nombre passe même à 27 % si on considère uniquement les trois mois d’été.

Précisons que les normales sont calculées à partir de la période 1961-1990 pour étudier l’anomalie par rapport à un climat peu modifié par l’influence humaine, et non pas l’anomalie dans le système actuel. Et sur la période 1961 – 1990, on constate déjà une augmentation de + 0.3°C en Europe centrale et de l’Ouest par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).

Quel bilan en dresser ? 

La température moyenne2 durant l’été 2026 s’est établie à 22,3 °C, plus de 5,0 °C au-dessus des 17,3 °C de la période 1961-1990. Lors des deux précédents records estivaux, en 2003 et en 2022, elle avait respectivement atteint 21,3 °C et 20,9 °C, soit 4,0 °C et 3,6 °C au-dessus de la période 1961-1990.

Graphique2.pngDans un futur à +2 °C (en moyenne globale), la durée de retour (qui est l’inverse de la probabilité que de tels événements se reproduisent) serait de 65 ans. Elle passe à quatre ans dans un futur à +3 °C (là aussi en moyenne globale, conduisant à +4° en France, qui est le niveau de réchauffement retenu pour le plan d’adaptation de la France à l’horizon 2100 ), ce qui correspond à un événement quasi normal.

Si on considère les valeurs des vagues de chaleur les plus fortes ayant eu lieu chaque année en France entre 1959 et 2026 (le maximum annuel de la température moyenne calculée sur 12 jours), celle de 2026 est de 26,5 °C, soit plus de 5,8 °C au-dessus de la période 1961-1990 (20,7 °C) contre 26,6 °C et 24,3 °C en 2003 et 2022.

Comment explique-t-on alors la situation de cet été 2026 ?

Nous avons vécu un démarrage précoce : l’été climatique a commencé, en réalité, avec les records de température atteints dès la fin mai qui ont asséché les sols et préparé le terrain aux chaleurs intenses de l’été et aux grands incendies. C’est le résultat d’un phénomène assez inattendu : d’un côté, un anticyclone stationné au-dessus de la France et de l’autre, une succession de mini-dépressions qui se déplacent depuis l’Écosse jusqu’en Espagne en juin et en juillet. C’est leur combinaison qui, associée à la sécheresse et à la dynamique de la circulation atmosphérique, a produit les températures constatées en juin et juillet, bien supérieures à celles ensuite mesurées au cœur du mois août.

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A quoi doit-on se préparer ? Le changement climatique sera-t-il finalement pire qu’anticipé ?

La canicule de 2026 comme celle de 2003 ne sont que des « early warnings » du basculement climatique vers des températures plus chaudes. Si 2026 est comparable à 2003, l’été que nous venons de vivre, d’un degré plus chaud qu’en 2003, bat d’autres records : plus sec que celui de 1976 et le moins arrosé depuis 1959. Même si les modèles climatiques actuels montrent leurs limites dans la représentation de certains phénomènes atmosphériques assez subtils, il est certain que ces phénomènes sont appelés à se reproduire. Ils sont, en tout cas, trois fois plus probables qu’à la fin du 20e siècle.

La méthodologie

Pour étudier les événements de l’été 2026, les équipes du LSCE ont utilisé l’ensemble des modèles de climat disponibles pour construire une première approximation de la réalité incluant la partie historique (1850-2014) et les projections futures pour plusieurs scénarios d’émission (2015-2100). Ils ont ensuite confronté leurs résultats aux observations pour ne conserver que les trajectoires compatibles avec la réalité. 
1 Ce seuil correspond à 2 fois la différence entre le Q. 90% et la médiane, ce qui correspond aux évènements les plus extrêmes
2 Moyenne de la température moyenne quotidienne, tenant également compte des températures de la nuit.

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