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Bloquer deux freins de l’immunité pour renforcer la réponse antivirale contre le VIH


​​​​​​​​Dans l'infection par le VIH, certains mécanismes inhibiteurs limitent l'efficacité de la réponse immunitaire. Des chercheurs du département IDMIT et leurs partenaires ont développé un anticorps capable de bloquer simultanément deux récepteurs inhibiteurs, LILRB1 et LILRB2. Évaluée dans un modèle préclinique d'infection par le SIV, cette stratégie favorise l'activation des cellules de l'immunité innée et renforce la réponse mémoire des lymphocytes T CD8+ spécifiques du virus. 

Publié le 25 septembre 2026

​Lever les freins de l'immunité myéloïde

Les stratégies ciblant les checkpoints immunitaires cherchent à lever certains mécanismes qui freinent naturellement l'activation du système immunitaire. Dans le contexte du VIH, elles se sont jusqu'à présent principalement intéressées aux lymphocytes T. Les chercheurs ont choisi d'explorer une autre voie en ciblant LILRB1 et LILRB2, deux récepteurs inhibiteurs notamment présents à la surface des cellules myéloïdes, comme les monocytes, macrophages et cellules dendritiques.

Ces récepteurs transmettent des signaux susceptibles de limiter l'activation de ces cellules et, par conséquent, leur capacité à soutenir efficacement la réponse immunitaire antivirale.

Un double blocage pour stimuler la réponse imm​​unitaire

Les chercheurs ont développé mac20G10, un anticorps monoclonal capable de bloquer simultanément LILRB1 et LILRB2 chez le macaque cynomolgus. Ils l'ont évalué dans un modèle préclinique d'infection par le SIV, virus apparenté au VIH.

Le traitement entraîne rapidement une activation accrue de plusieurs populations de cellules myéloïdes, notamment caractérisée par une augmentation de l'expression de CD80, une molécule importante dans l'activation des lymphocytes T. Cette modification précoce de l'immunité innée est associée, au cours de la phase chronique de l'infection, à une réponse mémoire plus importante des lymphocytes T CD8+ spécifiques du SIV.

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​Ces résultats montrent ainsi qu'en agissant sur les cellules myéloïdes dès les premières étapes de l'infection, il est possible d'influencer durablement la réponse immunitaire adaptative dirigée contre le virus.

Une nouvelle piste d'immunothérapie à explorer

Malgré l'amélioration des réponses immunitaires observée, le blocage de LILRB1 et LILRB2 n'a pas permis de réduire la réplication virale dans les conditions de cette étude. Cette stratégie n'est donc pas suffisante, à elle seule, pour contrôler l'infection.

Elle apporte néanmoins une preuve de concept montrant que les checkpoints des cellules myéloïdes constituent des cibles potentielles pour moduler la réponse antivirale. Les auteurs proposent notamment d'explorer cette approche en association avec d'autres stratégies immunothérapeutiques et dans le contexte d'une infection contrôlée par traitement antirétroviral.

Contact : Benoît Favier

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